Assurance-vie

 

La question des abonnés :

 

Pourquoi et comment transformer une SARL en SAS ?

 

A la question pourquoi transformer sa société en SAS, les raisons sont multiples. Par exemple, ce projet peut-être lié à une augmentation du nombre d’associés. Egalement à la création d’actions avec un droit de vote double. Par ailleurs, cette stratégie peut permettre d’émettre des obligations à bons de souscription d’actions ou des obligation à bons de souscription en actions remboursables.

D’autre part, le dirigeant d’une SAS peut-être une personne morale ce qui peut être intéressant selon les montages à plusieurs sociétés. Fiscalement, la taxation des cessions d’actions est plus faible que la taxation des cessions de parts sociales.

Enfin, en cas de changement du statut social du dirigeant (de TNS à assimilé salarié), la transformation de la SARL en SAS permet d’éviter l’assujettissement aux charges sociales des dividendes.

Remarque​

La prise en charge des cotisations TNS par la SARL, dues lors d’une distribution de dividendes, pourrait permettre de diminuer l’IS, ce qui ne serait plus possible en cas de transformation de la SARL en SAS. Néanmoins, il convient de noter que si le montant des cotisations prises en charge par la société s’avère excessif (notamment lorsque le montant des dividendes versés est très important), la prise en charge du montant des cotisations peut avoir :

  • des conséquences fiscales :
    • la prise en charge n’est pas déductible fiscalement pour la société car elle est considérée comme un acte anormal de gestion (CGI art. 39, 1, 1° ; BOI-BIC-CHG-40-60-30 § 20) ;
    • étant non déductible pour la société, la prise en charge devient un revenu distribué imposable en tant que dividendes (CGI art. 109 et 111, d ; BOI-RPPM-RCM-10-20-10 § 190) ;
  • des conséquences (éventuelles) pénales : la prise en charge peut constituer un abus de bien social et entraîner, pour le gérant bénéficiaire, une amende de 375 000 € et peine de prison de 5 ans (C. com. art. L. 241-3).

 

 

Transformer une SARL en SAS : Conditions de la transformation

 

La transformation de la SARL doit être précédée du rapport sur la situation de la société réalisé par un commissaire aux comptes (ou un commissaire à la transformation si la SARL n’a pas de commissaire aux comptes). Ainsi, ce rapport permet d’évaluer les actifs sociaux ainsi que les avantages particuliers octroyés par la société.

La transformation doit être approuvée à l’unanimité des associés (pas seulement des associés présents ou représentés), en AGE. L’assemblée des obligataires, si elle existe, doit approuver la transformation. Et si elle refuse, la société doit proposer aux obligataires de les rembourser.
Enfin, lorsque la SARL comporte au moins 50 salariés, il est également nécessaire de consulter au préalable le comité d’entreprise ou des délégués du personnel.

 

Transformer une SARL en SAS : Coût de la transformation

 

Modification des statuts

 

La transformation d’une SARL devra faire l’objet d’une inscription modificative au RCS pour pouvoir être opposable aux tiers. Le coût sera de 216,50 € pour 2019. Par ailleurs, si la SARL est à l’IS, l’enregistrement de la transformation sera de 125 €.

 

Coût du rapport du commissaire

 

Le coût du rapport du commissaire à la transformation est variable. En conséquence, le rapport peut coûter entre 1 000 et 2 000 € HT, voire plus.

 

Mutation des apports

 

Si la SARL est à l’IR, la transformation en SAS est soumise aux droits de mutation (application d’un taux de 5 % pour les immeubles ; application du barème progressif de l’article 719 du CGI, après abattement de 23 000 €, pour les  fonds de commerce et la clientèle). Cependant, si tous les associés s’engagent à conserver pendant 3 ans les titres détenus à la date du changement de régime fiscal, la transformation ne sera pas taxée.

 

Imposition des résultats et plus-values latentes

 

Si la SARL est à l’IR, la transformation en SAS est considérée comme une cessation d’entreprise car elle provoque un changement de régime fiscal. Et si les éléments de l’actif sont réévalués les bénéfices en cours sont imposés immédiatement et les déficits reportables seront perdus.

Les plus-values latentes sont également imposées au moment de la transformation (les éléments de l’actif sont réévalués au bilan) sauf si la SAS conserve les valeurs comptables historiques des éléments d’actif.

Si la SARL est à l’IS, l’opération est neutre fiscalement.

 

Transformer une SARL en SAS : Risques de la transformation

 

Quid de l’abus de droit fiscal ?

 

La transformation d’une SARL en SAS suivie d’une cession des actions soulève la question de l’abus de droit fiscal puisqu’on pourrait considérer que le changement de forme sociale a pour but de diminuer le montant des droits d’enregistrement.

Il a toutefois été jugé que la transformation d’une SARL en une nouvelle forme sociale présentait de multiples effets (juridiques, financiers, etc.) et que la complexité des conséquences de l’opération faisait donc obstacle à l’existence d’un abus de droit. Ainsi, pour être qualifiée d’abus de droit, il faudrait que la transformation litigieuse soit suivie d’une autre transformation en sens inverse après l’opération réalisée (Cass. com., 10 déc. 1996, n° 94-20070).

 

Quid de l’abus de droit social ?

 

La transformation d’une SARL en SAS suivie d’une distribution importante de dividendes soulève la question de l’abus de droit social puisqu’on pourrait considérer que le changement de forme sociale a pour but d’éluder le paiement des cotisations sociales.

Toutefois, la procédure d’abus de droit social n’a jamais été mise en œuvre dans de tels cas. Par ailleurs, un rapprochement pourrait être fait avec la procédure d’abus de droit fiscal en cas de transformation d’une SARL en SAS.

 

Références

C. com. art. L. 223-43
C.com. art. L. 224-3
CGI art. 809, II
CGI art. 810, III

Nos articles les plus consultés

IA et spatial : comment investir

IA et spatial connaissent une accélération économique majeure. En 2025, les capitaux investis dans les sociétés d’intelligence artificielle ont atteint 581,7 milliards de dollars, plus du double de l’année précédente. Dans le même temps, l’économie spatiale s’est...

Épargner pour ses enfants

Choisir un placement pour enfant ne consiste pas à trouver le support qui rapporte le plus. Il faut d’abord fixer l’horizon, le risque acceptable et l’âge auquel l’enfant disposera réellement du capital. Le Livret A privilégie la sécurité, le PEAC le long terme,...

Fiscalité : l’alerte du Sénat

La fiscalité des entreprises françaises reste parmi les plus lourdes des économies développées. Une mission d’information du Sénat, dont le rapport a été déposé le 2 septembre 2026, identifie pourtant un problème plus profond que le niveau des taux : l’instabilité et...

Investissement locatif sous pression

L’investissement locatif traverse une crise qui dépasse la seule question de l’encadrement des loyers. Fiscalité, coût du crédit, contraintes énergétiques et charges ont réduit l’intérêt économique de nombreux projets. Dans le même temps, la construction neuve...
M