Jeudi 13 août 2026

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L’inflation se calme, le Nasdaq s’enflamme

L’inflation américaine a fait exactement ce qu’on attendait d’elle : 3,4 % sur un an en juillet, après 3,5 % en juin. Soulagement général — le Nasdaq en a profité pour revenir flirter avec ses records, à 26 588 points (+0,5 %).

À Paris, pas de champagne pour autant : le CAC 40 a cédé 0,46 % à 8 675 points, plombé par un secteur du luxe rappelé à l’ordre par Deutsche Bank. LVMH, Kering, Hermès : personne n’a été épargné.

Bref, les marchés respirent enfin… mais entre un pétrole qui chauffe et une Fed qui ne dit toujours rien, personne ne range les gilets de sauvetage.


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Inflation américaine : le Nasdaq au record — QuickFi du 13 août 2026

Inflation américaine : 3,4 %, le chiffre qui apaise (presque) tout le monde

Nous l’annoncions dans l’édition d’hier : le chiffre de 14 h 30 était le juge de paix de la semaine. Verdict : les prix ont progressé de 3,4 % sur un an en juillet, après 3,5 % en juin, et l’inflation sous-jacente — les prix hors alimentation et énergie, la mesure que la Fed regarde de plus près — ralentit à 2,5 %. Exactement dans les clous des attentes — un scénario sans mauvaise surprise, comme les marchés les aiment.

Résultat : le marché évalue désormais à 55 % la probabilité que la Fed laisse ses taux entre 3,50 % et 3,75 % en septembre. Mais à 3,4 %, l’inflation reste très au-dessus de l’objectif de 2 % : la Fed gagne du temps, elle ne crie pas victoire. Nuance de banquier central.


Wall Street : le Nasdaq rebranche le courant

Le Nasdaq — l’indice américain des grandes valeurs technologiques, d’Apple à Nvidia — a gagné 0,54 % à 26 588 points, de retour au contact de ses records historiques, et le S&P 500 a pris 0,26 % à 7 749 points. Le Dow Jones, lui, a fini quasiment à l’équilibre à 53 770 points : la fête était clairement du côté de la tech.

Les stars de la séance ? Les spécialistes des infrastructures d’IA : CoreWeave a bondi de 18 %, Nebius de 23 % et Super Micro Computer de 12 % après de solides résultats. Quand l’IA distribue, tout le monde tend la main.


CAC 40 : le luxe porte le chapeau

Le CAC 40 a reculé de 0,46 % à 8 675 points. En cause : une note prudente de Deutsche Bank sur le luxe. LVMH a cédé 2,89 % à 464,95 euros, Kering 3,79 %, et l’objectif de cours d’Hermès a été fortement abaissé, de 2 320 à 1 920 euros.

Le point faible reste le même : la Chine, où la demande peine à redémarrer. Depuis le début de l’année, LVMH abandonne 28 %, Hermès 25 % et Kering 9,5 %. Les frémissements ne suffisent plus : les investisseurs veulent une vraie reprise, pas des promesses en maroquin.


TKMS : les sous-marins font surface

À Francfort, le fabricant allemand de sous-marins TKMS s’est envolé de 9,1 % à 94,70 euros. Le groupe vise désormais 10 à 12 % de croissance sur l’exercice, contre 2 à 5 % auparavant, et son carnet de commandes atteint un record de 20,1 milliards d’euros — dont quatre frégates à 5 milliards pour la marine allemande.

Le réarmement européen continue de porter tout le secteur : l’action gagne 43 % depuis janvier. Dans la défense, ce sont les carnets de commandes qui plongent le moins.


Pétrole : Ormuz maintient la pression

Le Brent a terminé à 88,98 dollars le baril et le WTI à 83,27 dollars, en légère hausse malgré des stocks américains en augmentation. Les négociations entre Washington et Téhéran restent dans l’impasse, et Donald Trump a ajouté une exigence d’indemnités pour les victimes des conflits.

Tant que le détroit d’Ormuz reste au centre du jeu, la prime de risque géopolitique soutient les cours — et la facture énergétique mondiale avec. À la pompe comme à la Bourse, c’est toujours le même péage.


Chine : les robots font la queue à la Bourse

Unitree, champion chinois des robots humanoïdes, a levé près de 900 millions de dollars avant son introduction à la Bourse de Shanghai. La demande des particuliers aurait dépassé de 5 500 fois le nombre d’actions disponibles — un emballement rarement vu.

Derrière le spectacle des robots qui dansent et boxent, les investisseurs parient sur leur arrivée dans l’économie réelle : usines, entrepôts, sécurité. Après les puces et l’IA générative, la robotique devient le nouveau terrain d’affrontement entre Pékin et Washington.


Anthropic : 2 000 milliards, le prix de la perfection

Le créateur de l’IA Claude prépare une introduction en Bourse — sa première cotation, qui ouvre son capital à tous les investisseurs — possiblement dès octobre. Selon le Financial Times, ses actionnaires visent une valorisation supérieure à 2 000 milliards de dollars, soit plus du double des 965 milliards de sa dernière levée de fonds en mai. Ce serait la plus grosse introduction de l’histoire, devant SpaceX.

Le rythme de croissance est réel — les investisseurs tablent sur 100 à 120 milliards de dollars de revenus annualisés fin 2026 — mais le prix payé le serait tout autant : environ 17 à 20 fois les revenus annuels de l’entreprise, et non ses bénéfices. À ce tarif, la trajectoire parfaite est déjà dans le cours.

L’avertissement est tout frais : introduit en juin à 1 770 milliards, SpaceX a bondi de près de 20 % le premier jour… avant de repasser sous son prix d’introduction. Notre scénario prudent : cette cotation d’octobre sera le vrai test grandeur nature de la « bulle IA », et la volatilité des premières semaines risque d’être spectaculaire dans les deux sens. Une demande énorme ne protège jamais une action quand les attentes sont, elles aussi, énormes.


Aujourd’hui : les prix à la production en embuscade

La séance du jour reste sous le signe des taux : à 14 h 30, Washington publie les prix à la production de juillet — le thermomètre des coûts des usines, souvent annonciateur de l’inflation de demain — et les inscriptions hebdomadaires au chômage, très surveillées après la faiblesse récente de l’emploi américain. Le Royaume-Uni a ouvert le bal avec sa croissance du deuxième trimestre.

Après la clôture de Wall Street, Applied Materials donnera le pouls des investissements dans les puces. Un chiffre trop chaud sur les prix à la production, et le soulagement d’hier pourrait ne durer que 24 heures.


Ce que ça annonce : nos anticipations

Selon Christophe Barraud, l’économie américaine devrait éviter la récession en 2026, avec une croissance proche de 2,2 % — mais une inflation attendue autour de 3,4 % qui laisse à la Fed très peu de marge. Notre scénario prudent : un statu quo en septembre, et au mieux une seule baisse de taux d’ici la fin de l’année.

Côté luxe, plusieurs stratégistes estiment que le vrai rebond attendra le réveil du consommateur chinois — pas avant plusieurs trimestres. D’ici là, les rebonds resteront fragiles. Un scénario que nous suivrons édition après édition.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce qu’une inflation à 3,4 % rassure les marchés mais ne libère pas la Fed : les taux qui rémunèrent votre épargne et renchérissent vos crédits se jouent dans ces réunions-là.

Parce que les records du Nasdaq reposent sur une poignée de valeurs d’infrastructure IA : la diversification reste votre meilleure protection contre les enthousiasmes trop concentrés.

Parce qu’entre un pétrole sous tension, un luxe convalescent et des robots en Bourse, votre allocation a besoin d’un cap — pas d’un coup de tête.


QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… et respirez un grand coup : la Fed, elle, retient encore son souffle.

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L’analyse approfondie de Cyrille Restier — à ne pas manquer

IA : la bataille des données

L’efficacité d’une intelligence artificielle en entreprise dépend directement des données qu’on lui ouvre : documents, procédures, contrats, savoir-faire deviennent une matière première stratégique. Selon une étude CoreView de juillet, 66 % des entreprises interrogées ont retardé ou annulé le déploiement de Microsoft Copilot par crainte d’exposer des informations confidentielles, et 73 % redoutent des fuites en interne. Pour Cyrille Restier, l’IA ne crée pas toujours la faille : elle révèle une gouvernance déjà défaillante. En gestion de patrimoine, où les données familiales, fiscales et financières comptent parmi les plus sensibles, la donnée devient un actif à protéger avant d’être optimisé.

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