
Mercredi 12 août 2026
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Marchés en apnée avant l’inflation américaine
Wall Street a terminé mardi en léger repli — S&P 500 à −0,3 %, Nasdaq à −0,6 % — et le CAC 40 a raté la passe de neuf d’un souffle (−0,10 % à 8 717,70 points) : toute la planète finance retient sa respiration avant le chiffre d’inflation américaine de cet après-midi.
Pendant ce temps, l’or plane au-dessus de 4 400 dollars l’once, au plus haut depuis deux mois, et le pétrole poursuit sa remontée vers 89 dollars le baril, Téhéran ayant encore durci ses conditions pour rouvrir Ormuz.
Bref, tout le monde retient son souffle aujourd’hui : les marchés jusqu’à 14 h 30… et le soleil ce soir, qui s’offre une éclipse partielle visible dans toute la France à partir de 19 h 23. L’or, lui, n’a pas attendu pour prendre de la hauteur.

Inflation américaine : le juge de paix, c’est aujourd’hui
Nous l’annoncions dans l’édition du 11 août : le grand rendez-vous de la semaine, c’est ce mercredi. À 14 h 30 heure de Paris, Washington publie l’inflation de juillet. Le consensus attend 3,4 % sur un an, après 3,5 % en juin, et une inflation sous-jacente autour de 2,5 %.
L’enjeu est de taille : entre un marché de l’emploi qui cale et des prix relancés par le pétrole, la Fed marche sur un fil. Les marchés évaluent autour d’une chance sur trois la probabilité d’un tour de vis en septembre — une proportion qui peut changer du tout au tout cet après-midi. Un dixième de point d’écart, et des milliers de milliards changent de poche : la finance appelle cela un « juge de paix », le calendrier un simple mercredi.
Wall Street allège avant l’oral
Le S&P 500 a cédé 0,3 % à 7 728,20 points, le Dow Jones a lâché 184 points (−0,3 %) à 53 791,85 points et le Nasdaq 0,6 % à 26 445,45 points. Rien de dramatique : les investisseurs ont simplement pris quelques bénéfices avant l’inflation, sur fond d’impasse persistante entre Washington et Téhéran.
Signe encourageant, les obligations d’État américaines ont légèrement progressé : le marché de la dette, lui, parie plutôt sur des prix en modération. Verdict à 14 h 30.
CAC 40 : la passe de neuf attendra
Après huit séances de hausse consécutives, l’indice parisien a raté la neuvième d’un souffle : −0,10 % à 8 717,70 points mardi, toujours à portée de main de ses records. L’Europe a terminé en ordre dispersé, sans catalyseur majeur.
En tête du palmarès parisien : TotalEnergies, dopé par la remontée du baril. Quand le pétrole s’échauffe, il y a toujours quelqu’un pour vendre les pioches — ou, en l’occurrence, les barils.
Ormuz : Téhéran fait monter les enchères
Le pétrole poursuit son ascension : le Brent a terminé mardi à 88,91 dollars le baril (+1,4 % au règlement), après avoir frôlé les 90 dollars en séance, et le WTI autour de 84 dollars. En cause : Téhéran répète que le détroit restera verrouillé tant que Washington n’aura pas accepté « toutes » ses conditions.
Parmi elles, l’instauration de frais de service pour franchir Ormuz — inacceptable pour les États-Unis, qui espéraient conclure rapidement via la médiation d’Oman. En attendant, près de 20 % du pétrole mondial reste suspendu à un communiqué.
IA : Alphabet toussote, CoreWeave carbure
Curieuse séance pour l’intelligence artificielle. Alphabet a perdu 3,6 % : la maison mère de Google a relevé ses investissements 2026 à 195 à 205 milliards de dollars, avec 44,9 milliards dépensés au dernier trimestre (le double d’il y a un an), un flux de trésorerie disponible passé en négatif et un emprunt de 25 milliards de dollars pour financer ses data centers.
Après la clôture, l’histoire s’est inversée : CoreWeave a plus que doublé son chiffre d’affaires trimestriel à 2,58 milliards de dollars, avec un carnet de commandes de 104 milliards de dollars, et son titre a bondi de 14 % ; Super Micro a gagné plus de 9 % après ses résultats. Le marché sanctionne ceux qui paient les usines d’IA et récompense ceux qui les remplissent — l’industrialisation a ses caprices, comme le détaille l’analyse LinkedIn à lire plus bas.
L’or en apesanteur au-dessus de 4 400 dollars
L’once a franchi 4 400 dollars mardi, au plus haut depuis deux mois, soit environ 3 780 euros. Les moteurs : la crainte d’une inflation relancée par le pétrole, les tensions autour d’Ormuz et une demande d’investissement qui repart.
Nous l’annoncions dans l’édition du 7 août (« Le CAC au sommet, l’or en embuscade ») : l’embuscade a fait mouche. Le record de janvier — 5 102 dollars l’once — reste toutefois loin : le métal jaune garde de la marge avant de retrouver ses sommets. Ce soir, pendant l’éclipse partielle, le seul actif autorisé à éclipser le soleil restera la Lune.
Assurance vie : la grande gagnante de l’été
Pendant que le Livret A digère son passage à 1,70 %, l’assurance vie aligne les records : 36,5 milliards d’euros collectés au premier semestre 2026, un plus haut historique porté par les unités de compte, pour un encours de 2 162 milliards d’euros fin mai, en hausse de 5,7 % sur un an.
À l’inverse, les livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) affichent une collecte nette négative de 5,1 milliards d’euros entre janvier et mai. Les Français ne désépargnent pas : ils déménagent leur épargne.
Immobilier : l’OAT à 4 %, les taux sous surveillance
Les taux de crédit immobilier restent stables en août : 3,33 % sur 15 ans, 3,44 % sur 20 ans et 3,52 % sur 25 ans en moyenne, des barèmes quasi inchangés pour le deuxième mois consécutif.
Mais l’OAT 10 ans, la référence des banques, évolue désormais au-dessus de 4 %, contre 3,6 % début juillet. Si elle s’y installe, une remontée des barèmes dès septembre devient un scénario crédible : les candidats à l’achat ont un été pour verrouiller leur taux.
Ce que ça annonce : nos anticipations
Selon Christophe Barraud, l’économie américaine devrait éviter la récession en 2026, avec une croissance attendue vers 2,2 % — mais une reprise « en K », où les indices battent des records pendant que les ménages modestes accumulent les impayés. Tant que l’inflation campe autour de 3,4 %, la Fed gardera les mains liées : peu de marge pour de vraies baisses de taux d’ici la fin de l’année.
En Europe, le risque est inverse : avec une croissance anémique attendue vers 1,2 % et une BCE arc-boutée sur ses 2 %, plusieurs stratégistes redoutent désormais la déflation à horizon 2027 — un environnement qui plaide pour la diversification, de l’or aux actions européennes. Des scénarios prudents, pas des certitudes : nous y reviendrons quand les faits auront voté.
Parce que le chiffre de 14 h 30 peut redessiner en quelques minutes les taux, le dollar et la trajectoire de vos placements d’ici la fin de l’année.
Parce que l’or à 4 400 dollars et le pétrole à 89 dollars racontent la même histoire : les investisseurs achètent de la protection, pas de l’euphorie.
Parce qu’entre un Livret A à 1,70 % et une inflation qui résiste, une épargne bien diversifiée reste votre meilleure bouteille d’oxygène.
QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… et levez les yeux ce soir, avec des lunettes adaptées : la seule éclipse à craindre est celle du soleil, pas celle de vos placements.
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