Pendant que la France taxe, l’IA encaisse !

L’Assemblée s’invente un monde fiscal

Pendant que les députés s’écharpent sur les 3 ou 6 % de la taxe GAFAM, on pourrait presque entendre le rire de Jeff Bezos au-dessus de l’Atlantique. L’Assemblée a voté un doublement du taux sur les géants du numérique, assorti d’un impôt universel inspiré par Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne) : taxer les bénéfices mondiaux en fonction de l’activité en France. Objectif : 26 milliards d’euros, ou “20 milliards d’ennuis”, selon Roland Lescure. L’économie numérique n’a pas attendu le vote pour délocaliser l’innovation. Mais rassurez-vous : la fiscalité, elle, reste bien nationale.

Le monde code, la France décode

Le contraste est saisissant. Alors que Paris s’invente de nouvelles règles, les États-Unis réécrivent la matrice économique. Microsoft, Nvidia et OpenAI ont transformé l’intelligence artificielle en un moteur macroéconomique. L’IA ne crée pas que des images : elle façonne désormais la productivité, l’emploi et même les décisions de la Réserve Fédérale Américaine. En France, on discute de qui doit payer ; aux États-Unis, on se demande jusqu’où l’IA peut faire croître le PIB.

La Fed baisse les taux, pas la garde

La Réserve fédérale se prépare à une deuxième baisse de ses taux directeurs d’un quart de point aujourd’hui, profitant de la manne de productivité offerte par l’IA. Jerome Powell a beau se vouloir prudent, le message est clair : l’intelligence artificielle, c’est le nouveau pétrole. Pendant que l’emploi ralentit et que les géants automatisent, la Fed joue la musique douce du crédit bon marché. La croissance américaine est artificielle, mais bien réelle. L’économie française, elle, reste naturelle — donc atone.

OpenAI, la start-up devenue un empire

OpenAI, l’ancienne fondation à but non lucratif, a officiellement changé de dimension : la voilà société à but lucratif. Et pas un petit but. Microsoft, son actionnaire à 27 %, voit sa mise fondre en or. Résultat : un club des 4 000 milliards de dollars de valorisation boursière que seuls trois membres fréquentent — Microsoft, Apple et Nvidia. Chaque partenariat d’OpenAI crée une ruée sur le titre du jour. Hier, c’était PayPal. Aujourd’hui, ce sera peut-être vous, si vous codez bien.

Nvidia ressuscite Nokia

On croyait le Finlandais enterré avec les téléphones à antenne. Nvidia vient d’en racheter 2,9 % du capital, et le titre s’est envolé de 21 %. En une journée, Espoo est redevenue sexy (ville de Finlande, juste à côté d’Helsinki, siège historique de Nokia). L’IA ruisselle : après les puces, les data centers, c’est désormais le tour des réseaux télécoms. Nokia en profite, presque par accident. À ce rythme, si Nvidia investissait dans le tricot, la laine monterait de 10 %. La France, elle, investit dans… la créativité fiscale et les taxes.

Stellantis prend le virage robotique

Pendant que Bercy calcule le rendement d’une taxe numérique, Stellantis prépare le taxi du futur. Le groupe va produire 5 000 robotaxis pour Uber avec les technologies de Nvidia et Foxconn. Livraison prévue pour 2028. Objectif : une flotte de 100 000 véhicules autonomes dans le monde. L’Europe fait encore partie du jeu, mais surtout comme partenaire d’exécution. Le centre de gravité technologique est désormais californien. Chez nous, l’autonomie reste surtout fiscale.

La France, championne du plafond

À défaut de produire de la croissance, la France invente des plafonds. L’Assemblée a voté la fusion des crédits d’impôt “services à la personne” : bricolage, jardinage, soutien scolaire, culture, assistance informatique… tout dans le même panier fiscal, désormais limité à 2 000 euros. Officiellement, c’est pour “rationaliser” et “simplifier”. En pratique, c’est surtout pour économiser 200 millions d’euros — et donner un peu d’air au budget de l’État. Un pays majoritairement à droite qui adopte des mesures de nivellement par le bas, c’est tout un art : ici, on revendique l’effort individuel, mais on plafonne la récompense. En France, même le tournevis finit par devenir un outil de redistribution.

Trump, le VRP mondial de l’optimisme

En tournée asiatique, Donald Trump serre des mains, promet des deals et proclame le retour du “Made in America”. Nvidia fabrique désormais ses puces en Arizona, ses serveurs au Texas et ses réseaux en Californie. L’Amérique produit, la France prélève. Et quand Trump annonce qu’il taxe Nvidia à 15 % sur ses ventes chinoises, Wall Street applaudit : chez eux, l’impôt est une arme de négociation, pas une fin en soi.

L’Europe traîne, l’Amérique file

Les indices américains battent des records chaque soir, comme si le Dow Jones voulait entrer au Guinness Book. En Europe, l’élan reste timide. Peu de champions IA, peu de capital-risque, beaucoup de régulation. L’Union discute de “souveraineté numérique” pendant que la Silicon Valley imprime les plans du futur. Et la France, fidèle à son rôle, rédige la notice fiscale du monde de demain.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce que l’argent va toujours là où l’avenir s’écrit — pas là où on le taxe. La double imposition des géants du numérique peut sembler juste sur le papier, mais elle risque surtout d’accélérer la fuite des investissements vers les zones où l’innovation est récompensée, pas régulée. Pendant que la Fed baisse ses taux et que l’IA booste la productivité, la France complexifie sa fiscalité au nom de la justice. Résultat : des entreprises prudentes, des investisseurs frileux et une croissance bridée. Le monde se divise désormais entre ceux qui programment et ceux qui contrôlent. Devinez où les capitaux iront dormir.

QuickFi, c’

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