« Should I Stay or Should I Go? » chantait The Clash. Et ce matin, on se demande tous si les États-Unis vont “y aller” ou non, en Iran. Après les appels de Donald Trump à la capitulation de Téhéran, Wall Street flippe, les cours du pétrole s’agitent, et la Fed…

Entre coups de menton diplomatiques, Fed paralysée et rêves industriels à la française, les marchés naviguent à vue. Et si vos placements faisaient les frais de ces va-et-vient géopolitiques et économiques ? Ne clignez pas trop des yeux, ça bouge vite.

La chronique du jour

« Should I Stay or Should I Go ? » chantait The Clash. Mais là, ce n’est plus une chanson : c’est la question que tout le monde se pose à Washington. Et à Wall Street.

Vendredi, Israël tape. Les États-Unis regardent ailleurs, l’air de rien. Jusqu’à lundi. Puis mardi, bim : Donald Trump dégaine un tweet musclé, exigeant la reddition pure et simple de Téhéran. Une manière subtile de dire « on arrive ». En réaction, les marchés, déjà fébriles, perdent leur sang-froid. Le pétrole, qui s’était calmé, repart à la hausse. Les actions américaines baissent. Le S&P 500 perd 0,84 % en une journée. Pas de panique, ça reste du très classique stress pré-Fed.

Et justement, parlons Fed.

Ce soir, c’est le grand moment : la Réserve fédérale va parler. Et quand Powell parle, les marchés écoutent. Pas forcément pour entendre quelque chose de nouveau, mais pour guetter le moindre clignement d’œil. On attend un statu quo sur les taux. Rien ne devrait bouger officiellement. Mais tout se jouera dans les non-dits, les « dot plots », et les projections macroéconomiques à la mode oracle de Delphes.

Car la Fed est aujourd’hui dans une impasse très 2025 : une croissance molle, une consommation américaine qui tousse (en mai, les ménages ont serré la vis après avoir surconsommé en avril), et une inflation qui s’obstine comme un moustique dans une chambre noire. Résultat : le marché commence à miser sur une première baisse de taux en septembre (probabilité : 63,2 % selon l’outil FedWatch du CME).

La question à 1 000 milliards de dollars ?

Combien de baisses la Fed peut-elle encore promettre… sans déclencher une nouvelle poussée d’inflation ou une perte de crédibilité ? Une ? Deux ? Zéro ? Chaque petit point sur le « dot plot » va compter ce soir. Comme chaque mot du discours de Powell à 20h30.

Pendant ce temps, en Europe…

Le Stoxx Europe 600 perd aussi du terrain, dans des proportions similaires à son cousin américain. Rien d’étonnant : dans un monde où tout est connecté (surtout les crises), les marchés européens suivent le mouvement, un peu comme un cousin timide en soirée. L’indice européen progresse encore de 6,8 % en 2025, contre +1,7 % pour le S&P 500. Mais la nervosité revient. Le VIX (indice de la peur) grimpe. Les investisseurs se remettent à respirer dans un sac en papier.

En Asie, c’est mitigé. Le Japon s’en sort bien (le Nikkei prend 0,7 %), Hong Kong boit la tasse (–1 %), Taiwan et la Corée du Sud avancent timidement, et l’Australie stagne sous ses plus hauts historiques.

Et au même moment… chez nous, en France 🇫🇷

La fable de la réindustrialisation continue. Un conte pour enfants sages, sauf que les enfants ont grandi, et les usines ont fermé. Depuis des années, chaque gouvernement y va de son plan Marshall : relocalisation, patriotisme économique, made in France. Et pourtant… la part de l’industrie dans le PIB français n’en finit plus de reculer. Dernier chiffre de Rexecode : 9,4 %. Moins de 10 %. Une chute libre masquée par des discours lyriques.

Mais pourquoi ce déclin ?

Parce qu’on a tout ouvert à la Chine en 2001, sans plan B. Parce qu’on a oublié qu’un consommateur est aussi un salarié. Parce qu’on a empilé normes sur normes, découragé l’investissement productif, abandonné toute stratégie industrielle cohérente.

Et maintenant, on voudrait rapatrier la production de Doliprane. Pourquoi pas des slips pendant qu’on y est ? (Ah, pardon, c’est déjà en cours.)

Est-ce que c’est une mauvaise nouvelle ?

Oui. Parce qu’on saborde nos industries à valeur ajoutée.

Mais aussi non. Car il est peut-être temps de tourner la page. Plutôt que courir après des usines fantômes, pourquoi ne pas investir sérieusement dans la tech, l’IA, la cybersécurité, les services à forte valeur ajoutée ? Bref, dans le monde réel de demain. Parce qu’on est déjà en retard, et que chaque trimestre compte.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce qu’un portefeuille bien construit doit regarder au-delà du bruit. Et aujourd’hui, entre tensions géopolitiques, posture monétaire floue et mythe industriel français, il faut savoir distinguer l’essentiel de l’anecdotique.

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