La saison des résultats a démarré en fanfare avec les financières américaines, mais soyons honnêtes : tout le monde a les yeux rivés sur la Tech. Pendant que la vieille économie tousse, NVIDIA et ses copains de la Silicon Valley avancent comme des rouleaux compresseurs. Et pendant que la Réserve fédérale joue la montre face à une inflation qui ne veut pas se calmer, la France, elle, s’inquiète d’un gouffre budgétaire et cherche désespérément un plan de sauvetage.

Quand la Tech écrase tout

Hier, c’était la fête chez les géants technologiques. Le Nasdaq 100 a grappillé +0,13% et continue son ascension vers les étoiles (+8,91% depuis janvier), alors que le Dow Jones, ce bon vieux dinosaure, reculait de 0,98%. NVIDIA, telle une locomotive de l’IA, a encore boosté les semi-conducteurs en annonçant le retour de ses puces en Chine. Résultat : le Nasdaq franchit allègrement la barre symbolique des 23 000 points. Pendant ce temps, le reste de la cote se débat avec les incertitudes sur l’inflation et la politique monétaire.

Le marché fait ses calculs

Les chiffres de l’inflation US publiés hier ont refroidi les espoirs de baisse rapide des taux. Avec une hausse des prix de 0,3% sur un mois et un core CPI à +0,2%, la Fed n’a pas de quoi changer de cap. Les marchés réduisent leurs paris sur une détente monétaire en septembre : la probabilité d’un coup de pouce est passée de 59% à 52%. Autant dire que Powell ne lâchera pas le steak tant qu’il n’aura pas des preuves béton d’un ralentissement.

Vue du globe : la Chine surveille l’IA

L’Asie, elle, continue d’observer d’un œil méfiant les percées américaines en intelligence artificielle. Pékin accélère ses propres investissements pour éviter d’être reléguée. Côté énergie, l’initiative Trump d’hier – mêlant IA et indépendance énergétique – n’a pas échappé aux analystes européens qui y voient une tentative d’hégémonie industrielle.

L’Europe en mode montagne russe

En Europe, les indices ont tangué toute la journée avant de finir dans le rouge : Paris (-0,54%), Francfort (-0,32%) et Londres (-0,64%). Un seul ilot de résistance : Amsterdam. L’AEX néerlandais a pris +0,3% grâce au dynamisme d’ASML et consorts. Preuve que l’Europe ne brille que quand la Tech la porte.

Les semi-conducteurs en vedettes

Le secteur des puces électroniques joue les sauveurs des indices. Entre NVIDIA aux USA et ASML, ASM International, et BE Semiconductor aux Pays-Bas, les investisseurs ont trouvé leur refuge. C’est simple : si ça ne fait pas « IA » ou « semi », ça n’intéresse plus personne.

France : Bayrou et la falaise budgétaire

Pendant que la Tech s’envole, la France regarde son budget avec des sueurs froides. François Bayrou a dévoilé un plan de 43,8 milliards d’euros d’économies pour 2026. Au programme : suppression de jours fériés, gel des prestations sociales et une « contribution de solidarité » sur les hauts revenus. Mais derrière les chiffres, ce plan sonne comme un signal d’urgence : le Premier ministre parle de « dernière station avant la falaise », comparant la situation française à celle de la Grèce en 2008. Les oppositions, elles, crient déjà à la trahison sociale.

Entre bricolage et colère sociale

Le problème ? Le plan Bayrou ressemble plus à un bricolage qu’à une vraie réforme. Aucune simplification du millefeuille administratif, pas de remise en question du périmètre de l’État, et encore moins de courage politique pour toucher aux retraites ou à la dépense publique. Le gel des prestations et la suppression de jours fériés risquent d’alimenter une colère sociale latente, tandis que la nouvelle taxe sur les hauts revenus pourrait accentuer l’exode des talents et des capitaux. L’automne s’annonce explosif à l’Assemblée.

Londres passe les 9 000 points

Pendant que tout le monde regarde Wall Street, le FTSE 100 britannique vient de franchir les 9 000 points. Une première historique, portée par les minières (le cuivre surtout) et un accord commercial post-Brexit avec Washington. Comme quoi, il reste un peu de jus dans la vieille économie.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Si vous êtes encore à hésiter entre la Tech et le reste du marché, sachez que les investisseurs n’hésitent plus : ils fuient les secteurs cycliques pour se réfugier dans l’IA, les semi-conducteurs et tout ce qui ressemble à de la croissance exponentielle. Cet engouement massif crée une dynamique puissante… mais aussi dangereuse : quand tout le monde monte dans le même train, la moindre secousse peut faire des dégâts disproportionnés. Les valorisations actuelles de la Tech ressemblent à des gratte-ciel : impressionnantes, mais vertigineuses.

Côté France, la fragilité budgétaire et le risque d’un climat social tendu pourraient peser lourd sur la confiance des marchés et l’attractivité fiscale. Entre des plans d’économies mal accueillis et une possible montée des tensions sociales à l’automne, le pays envoie des signaux contradictoires aux investisseurs. En clair, vigilance renforcée pour ceux qui s’intéressent aux actifs français.

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