Hier, les marchés européens ont dansé au son des valeurs cycliques, pendant que les technos américaines ont chuté sous un vent de scepticisme. Les acteurs de la défense ont été sévèrement sanctionnés (ce qui est de bon augure pour notre fonds “Opportunité défense” en cours de commercialisation jusqu’au 12 septembre) — un retour de bâton spectaculaire après une illusion de paix en Ukraine — et tout le monde retient son souffle en attendant le grand oral de Powell vendredi. C’est la rentrée, et elle promet.

Défense… et chute libre

Les valeurs de la défense ont connu un joli plongeon hier. Non, ce n’était pas une simulation de tir mais bien une véritable bérézina boursière : -10 % pour Leonardo, -4 % pour Thales, et un bon -2,1 % collectif sur le secteur. Tout cela parce qu’un brin d’optimisme a circulé autour d’une hypothétique sortie de crise en Ukraine. Apparemment, les marchands d’armes ne sont pas très férus de diplomatie. Moralité : quand la paix se profile, la bourse dégaine les ventes. Et votre serviteur, qui croyait que l’effet Trump sur les négociations était du vent, a pris une leçon de réactivité.

Cycle en feu, tech qui brûle

Pendant que les canons se taisaient, les cycliques européennes faisaient la fiesta. Renault, LVMH, Bayer, Puma… tout ce petit monde s’est offert un second souffle, comme si l’été indien était arrivé en avance. Paris, Zurich, Stockholm et Varsovie ont sauté de plus de 1 %. Mais pendant que l’Europe sortait de sa sieste, Wall Street avait l’air de vouloir se recoucher. Le Nasdaq 100 s’est effondré de 1,4 %, plombé par ses stars tech : Nvidia -3,5 %, Palantir -9,4 %. L’IA, qui devait tout régler, ne résout visiblement pas le vertige des hauteurs.

L’IA a le blues

L’IA devait tout changer, transformer la productivité, l’économie, la façon même dont on respire. Hier, elle a surtout transformé les portefeuilles en passoires. La bulle de l’IA montre ses premières fuites : Nvidia, Palantir et compagnie se prennent les pieds dans le tapis d’attentes surdimensionnées. Les investisseurs, grésillant de FOMO, comprenez « Fear of missing out » (la peur de rater quelque chose ou de ne pas être dans le train) depuis janvier, découvrent que même les robots ont besoin de pauses. Quant à Sam Altman, il paraîtrait qu’il commence à se demander s’il n’a pas crié « Révolution » un peu vite.

Europe réveil difficile

Côté vieux continent, on a mis le turbo : les cycliques remontent, les indices grimpent, et tout le monde s’offre une journée de rêve. Mais le timing est douteux… L’Europe se réveille pile au moment où Wall Street commence à trembler. Encore une fois, on arrive à contretemps. Comme ce pote qui commence le dry January le 2 février.

Valorisation à gogo

Avec un S&P 500 qui s’échange à plus de 22 fois les bénéfices attendus, Wall Street flirte de nouveau avec les sommets de l’euphorie pré-crise. Pour mémoire, la moyenne des vingt dernières années est autour de 15,9. Autrement dit, on est plus proche d’une bulle de savon que d’un plancher en béton armé. Et comme si ce n’était pas assez, voilà septembre qui arrive : le mois où les marchés américains ont statistiquement la grâce d’un éléphant sur un trampoline. Sur près d’un siècle de données (depuis 1928), septembre est le plus mauvais mois de l’année, un festival de baisses récurrentes. Bref, difficile de dormir sur ses deux oreilles.

Mais tout n’est pas si sombre. L’histoire montre aussi que la fin d’année a souvent un goût sucré. Ce fameux “Santa Claus Rally” : les sept derniers jours de décembre plus les deux premiers de janvier. Sur environ 96 saisons de bourse, le marché a été positif dans 77 % des cas, avec une performance moyenne de +1,3 % à +1,5 % en seulement neuf séances. En chiffres : 74 années haussières, 22 baissières. Pourquoi ce miracle récurrent ? Les gérants font du “window dressing” (un petit maquillage de portefeuilles pour embellir les performances annuelles), les volumes s’allègent pendant les vacances, et l’optimisme du Nouvel An arrose les marchés de liquidités et de bonus.

Résultat : trois quarts du temps, le Père Noël n’apporte pas seulement des cadeaux sous le sapin, mais aussi quelques points de performance dans les portefeuilles.

Les pros s’équipent en parachute

Les traders d’options, ces créatures étranges qui vivent entre les courbes de volatilité, renforcent leurs protections. L’indicateur de couverture contre les grosses claques atteint un pic de trois ans. L’ambiance vire au prudente-mais-prêt-à-dégainer. Les plus pessimistes parlent d’une correction de 7 à 15 % d’ici mi-octobre. On les traiterait bien de cassandres, s’ils n’avaient pas souvent raison.

Powell, le messie ou le bourreau ?

Tout le monde attend Powell vendredi, comme on attend la météo avant un mariage en plein air. Va-t-il confirmer une baisse de taux, rassurer les marchés, ou au contraire balancer un discours de faucon grippé ? Les parieurs donnent 85 % de chances à une baisse de 0,25 point en septembre, mais après… mystère et boule de stress. Et pendant ce temps, Trump continue de souffler sur les braises, assurant qu’il n’y a pas d’inflation, juste une conspiration des taux.

Twist final

Mélangez une tech en chute, des valeurs de la défense en ruine, des cycliques en sursaut et un Powell attendu comme le messie, et vous obtenez un cocktail explosif. Septembre s’annonce sportif, surtout si la paix mondiale se mêle de bourse. À ce rythme, même les algos vont commencer à prier.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Petit rappel salutaire : les marchés n’aiment ni l’incertitude, ni les valorisations stratosphériques, ni les virages de narratif pris à 200 km/h. Si votre portefeuille est bien garni en tech ou en défense, mieux vaut garder un œil sur l’horizon… et peut-être une carte du ciel sous la main. Les cycliques européennes montrent quelques étincelles, mais la tendance reste fragile. Quant à septembre, il est plus souvent synonyme de gueule de bois que de feu d’artifice.

Bref, il vaut mieux rester agile que rigide, sans tout balancer à la moindre secousse, mais en gardant quand même un peu de poudre sèche. Car si Powell décide de jouer au faucon au lieu de la colombe, il faudra savoir tenir la position si les fondamentaux de votre portefeuille sont bas. En clair, savoir accepter les baisses pour mieux rebondir !

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