Mercredi 7 octobre 2026

Vidéo du mois — Dette française : votre épargne est-elle vraiment en danger ?

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Le record cache la forêt

Mardi, Wall Street a encore battu ses records : le S&P 500 a terminé à 7 818 points, en hausse de 0,58 %, porté une fois de plus par les géants de l’intelligence artificielle. Paris a repris 0,40 %, à 7 865 points, aidée par un pétrole et des taux en recul.

Mais un record d’indice ne dit pas que tout monte. En septembre, l’indice américain a à peine bougé alors que la grande majorité de ses actions reculaient. En Allemagne, la production industrielle rebondit pendant que les commandes plongent. Les moyennes rassurent ; le détail, beaucoup moins.

Ce mercredi, les députés ouvrent en commission l’examen des recettes du budget 2027, avec l’abattement des retraités dans le premier lot. Et la Fed publie ce soir le compte rendu de sa dernière réunion.


Le record cache la forêt : l’édition QuickFi du 7 octobre 2026

Un indice, cinq cents histoires

Le S&P 500 — l’indice des 500 plus grandes entreprises américaines, où chacune pèse selon sa valeur en Bourse — a signé mardi un nouveau record, à 7 818,93 points. Le Nasdaq aussi. Nvidia s’approche des 6 000 milliards de dollars de valeur boursière.

Sous la vitrine, l’inventaire est moins flatteur. En septembre, l’indice n’a cédé qu’environ 0,5 %, mais 78 % de ses actions ont fini le mois dans le rouge. Sa version équipondérée, où chaque entreprise compte pour la même part, a perdu près de 5 % et s’acheminait fin septembre vers une septième semaine de baisse d’affilée, une série vue seulement en 2002 et en 2022.

Pour l’épargnant, la leçon est concrète : un fonds indiciel américain, c’est aujourd’hui surtout une exposition à une poignée de géants de l’IA. Le record est réel. La diversification qu’on croit acheter avec, beaucoup moins.


Paris respire, Schneider retient son souffle

Le CAC 40 a repris 0,40 % mardi, à 7 865 points, après avoir perdu 0,80 % la veille. Le coup de pouce est venu du pétrole, en net recul, et des taux : l’OAT à dix ans est revenue autour de 4,75 %, après avoir frôlé les 5 % le 1er octobre.

Schneider Electric, lui, n’a pas profité de l’éclaircie : – 4,5 % de plus, après une chute de près de 10 % lundi. Le marché digère toujours le rachat de l’américain PTC pour 22,6 milliards de dollars, le plus gros de l’histoire du groupe.

Un jour de répit ne fait pas une tendance : le CAC reste suspendu au baril et au budget, deux sujets qui ne se règlent pas en une séance.


L’usine allemande tourne, le carnet se vide

Bonne surprise ce matin outre-Rhin : la production industrielle allemande a bondi de 2,0 % en août, quand les économistes attendaient 0,5 %. Après un recul de 1,1 % en juillet, la première économie de la zone euro remet les machines en route.

Le carnet de commandes raconte une autre histoire. Publiées la veille par le même office statistique, les commandes à l’industrie ont chuté de 10,6 % en août, contrecoup de grosses commandes de navires, de trains et d’avions enregistrées en juillet. Hors grands contrats, elles reculent de 0,1 %. On produit ce qu’on a vendu hier ; la question est ce qu’on vendra demain.

En France, l’Insee a publié mardi une production industrielle en baisse de 0,3 % en août, contre une hausse attendue, surtout à cause d’un repli de la production d’électricité. Dans les usines proprement dites, la production remonte de 0,3 %. Le moteur européen ne cale pas. Il tousse.


La Fed relit ses notes

Ce soir à 20 heures, heure de Paris, la Réserve fédérale publie les « minutes » de sa réunion de septembre, c’est-à-dire le procès-verbal de ses débats. Ce jour-là, elle avait relevé ses taux de 0,25 point, à 3,75 %-4 %, à l’unanimité, et laissé entendre une hausse de plus d’ici à la fin de l’année.

Depuis, l’emploi a parlé : 29 000 créations de postes seulement en septembre et un chômage à 4,2 %. Les marchés à terme ne donnent plus qu’environ une chance sur cinq à une nouvelle hausse fin octobre, contre près de deux sur trois une semaine plus tôt.

Pour l’épargnant européen, l’enjeu dépasse Washington : le taux à dix ans américain, au-dessus de 5 %, sert de plancher à tous les autres, OAT comprise. Ce qui se dit ce soir à la Fed se lira demain dans les taux français.


Le rabot passe par la case retraite

Premier article sur la table des députés ce matin : l’abattement de 10 % dont bénéficient les pensions de retraite à l’impôt sur le revenu. Il est aujourd’hui plafonné à 4 439 euros par foyer ; le projet de budget le ramène à 3 000 euros. Rendement attendu : environ 1,4 milliard d’euros.

Êtes-vous concerné ? Le calcul tient en une ligne : 10 % de 30 000 euros font 3 000 euros. Un foyer dont les pensions dépassent 30 000 euros par an, soit 2 500 euros par mois pour l’ensemble du foyer, commence à perdre. Au-delà de 44 390 euros, il perd le maximum : 1 439 euros de revenu imposable en plus, soit environ 430 euros d’impôt dans la tranche à 30 %. Selon le gouvernement, un foyer comptant un retraité sur trois verrait son avantage réduit.

Des députés de bords opposés, y compris du camp gouvernemental, veulent déjà y revenir. Reste une évidence de gestionnaire : raboter l’abattement des retraités, c’est le chemin le plus court entre un problème de dépense et une solution de recette.


Le crédit suit l’État à la trace

Les banques avaient tenu en septembre ; elles lâchent en octobre. Le taux moyen d’un crédit immobilier sur 20 ans se situe entre 3,5 % et 3,7 % selon les courtiers, contre 3,26 % en moyenne au troisième trimestre.

La mécanique est connue : quand l’État paie plus cher pour emprunter sur dix ans, les banques finissent par facturer la différence. Sur 250 000 euros empruntés sur 20 ans, passer de 3,26 % à 3,66 % alourdit la mensualité d’environ 51 euros et le coût total du crédit d’environ 12 300 euros, hors assurance.

Le prix d’un appartement se négocie avec le vendeur. Celui de l’argent se négocie désormais aussi à l’Assemblée : chaque semaine de débat budgétaire finit par se lire dans une offre de prêt.


Répétition générale, salle comble

Depuis 9 heures, la commission des Finances de l’Assemblée examine la partie « recettes » du budget 2027 : environ 1 700 amendements et au moins trois jours de débats. Une répétition générale, puisque l’hémicycle repartira quoi qu’il arrive du texte du gouvernement le 13 octobre. Cap affiché : un déficit ramené à 5 % du PIB, avec quelque 45 milliards d’euros d’« efforts nouveaux ».

La surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, créée comme « exceptionnelle » en 2025, entame sa troisième année, allégée à 5 milliards d’euros contre 7,3 : l’exception a désormais de l’ancienneté. Charles de Courson, député Liot, chiffre les impôts nouveaux du texte à 17 à 18 milliards d’euros.

Ceux qui réclament une taxe numérique portée à 15 % ou un impôt plancher sur les patrimoines devront dire ce que deviennent ces assiettes une fois taxées ; ceux qui dénoncent la hausse des prélèvements, quelles dépenses ils coupent. La courbe de Laffer le rappelle pourtant : passé un certain seuil, trop d’impôt tue l’impôt (Revoir ce sujet sur BFM Business en cliquant ICI). Rien n’y fera : le grand vainqueur de la séquence s’annonce déjà, et c’est l’impôt, par la suppression d’avantages et de niches fiscales ou par l’apparition de taxes nouvelles. Ce que personne ne remet en question, en revanche, c’est la gabegie d’un État obèse mais diabétique, qui avale toujours plus de recettes sans jamais en tirer l’énergie d’une réforme. Les amendements se votent ; les taux, eux, s’encaissent.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce qu’un indice au sommet peut cacher une majorité d’actions en repli, et qu’un fonds indiciel n’est vraiment diversifié que si une poignée de valeurs ne le porte pas à elle seule.

Parce que les taux du crédit immobilier suivent l’OAT, avec retard, mais sans oubli.

Parce qu’un plafond d’abattement qui baisse, c’est un impôt qui monte, même quand aucun taux ne bouge.

Et parce qu’un budget qui parle d’« efforts » sans dire qui les fait se lit, de toute façon, dans le prix de l’argent.


QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… un record, c’est une moyenne qui a bonne mine.

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