Lundi 28 septembre 2026

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Un « non » à 107 dollars

Samedi, Donald Trump a rejeté le plan iranien en sept jours pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Ce lundi matin, le baril de Brent reprend près de 3 %, autour de 107 dollars. Un seul mot a suffi à effacer la détente de vendredi.

Vendredi, la Bourse de Paris a fini presque à l’équilibre (–0,04 %, à 8 077,80 points) mais signe sa première semaine de hausse depuis début août. Wall Street, elle, a terminé dans le vert malgré un taux américain à dix ans au plus haut depuis 2007.

Au menu d’une semaine chargée : l’inflation française mercredi, celle de la zone euro vendredi, le budget 2027 en Conseil des ministres, un Sénat renouvelé depuis dimanche — et, au 1er octobre, un plafond de franchises médicales qui grimpe de 40 %. Le baril n’est pas le seul prix à surveiller.


Un « non » à 107 dollars — QuickFi du 28 septembre 2026

Sept jours proposés, un mot de réponse

Vendredi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a présenté un plan « concret » en sept jours, transmis aux Américains par l’intermédiaire du Qatar : réouverture du détroit d’Ormuz — par où transite en temps normal environ un cinquième du pétrole mondial — et reprise des négociations, contre la levée du blocus naval américain, un allègement des sanctions sur le pétrole iranien et le déblocage d’une partie de ses avoirs gelés.

Samedi, Donald Trump a jugé l’accord « pas acceptable ». Selon le Wall Street Journal, il aurait même confié à son entourage s’attendre à une reprise des frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat, début novembre. Téhéran répond qu’aucun refus officiel ne lui est parvenu et qu’il ne cédera pas sur ses conditions. Vendredi, le baril reculait de plus de 2 % sur l’espoir d’un accord ; lundi, il reprend près de 3 % sur son refus. Le prix du pétrole tourne comme un compteur de taxi : à chaque déclaration.

Pour vous, la traduction est simple : tant que le détroit reste fermé, le baril a peu de raisons de redescendre durablement sous 100 dollars, et la pompe française non plus. Ormuz ne se négocie pas en sept jours. Il se paie à chaque plein.


Paris arrête de glisser, sans remonter la pente

La Bourse de Paris a terminé vendredi à 8 077,80 points (–0,04 %). Rien de spectaculaire, sauf le bilan de la semaine : +0,16 %, la première hausse hebdomadaire depuis début août, après six semaines de baisse d’affilée qui avaient coûté au CAC 40 près de 7,5 %.

Dans le détail, TotalEnergies a reculé de 1,3 % avec le reflux du pétrole, et Airbus de 1 % après la découverte d’un défaut de qualité sur plusieurs centaines d’A321neo, sans incidence sur la sécurité des vols selon l’avionneur. Côté bonnes nouvelles, Alten, spécialiste de l’ingénierie, a bondi de 7,7 % après avoir relevé certains de ses objectifs annuels.

Six semaines de baisse. Une semaine de hausse. Pas de quoi crier victoire. Pour l’épargnant investi en actions, la leçon est ailleurs : les semaines de baisse font du bruit, les semaines de répit passent inaperçues, et les deux comptent autant sur la durée.


Wall Street s’offre un agent

À New York, vendredi, le Dow Jones a gagné 0,93 %, le S&P 500 0,51 % et le Nasdaq 0,5 % : les trois grands indices bouclent la semaine en hausse, le Dow Jones mettant fin à trois semaines de repli. Le tout avec un taux américain à dix ans autour de 5,2 %, au plus haut depuis 2007.

La vedette du mois s’appelle Meta. Son agent d’intelligence artificielle Muse — un assistant qui exécute des tâches à votre place, pas seulement un robot qui répond à vos questions — a fait bondir l’action de 11 % en une seule séance le 21 septembre, sa plus forte hausse quotidienne depuis avril 2025, et de plus d’un quart depuis le début du mois.

Leçon d’épargnant : en Bourse, on ne paie pas ce qu’une entreprise gagne, on paie ce qu’on croit qu’elle gagnera. Il y a peu, Meta passait pour un retardataire de l’IA ; trois semaines ont suffi pour inverser le récit. Ce qui monte sur une promesse peut redescendre sur une déception : l’agent doit maintenant transformer ses téléchargements en revenus.


L’inflation passe trois oraux cette semaine

Mercredi, l’Insee publie l’inflation française de septembre, et Washington l’indice PCE d’août — la mesure des prix que suit de près la Réserve fédérale (Fed), la banque centrale américaine. Vendredi, Eurostat donne sa première estimation pour la zone euro, quelques heures avant le rapport mensuel sur l’emploi américain. Christine Lagarde, présidente de la BCE, s’exprime dès ce lundi devant le Parlement européen.

Le point de départ n’a rien de rassurant : 3,2 % d’inflation en août dans la zone euro selon Eurostat, avec une énergie en hausse de 14,3 % sur un an. La BCE elle-même prévoit un pic à 3,6 % au quatrième trimestre, et elle a déjà relevé ses taux ce mois-ci.

Pourquoi c’est votre affaire : ces chiffres décident si les taux continuent de monter. Un taux qui monte, c’est un crédit immobilier plus cher, mais aussi, avec retard, des fonds en euros mieux rémunérés. Cette semaine, trois chiffres d’inflation pèseront sur le prix de votre prochain crédit. Aucun ne se négocie.


Le plafond monte, le remboursement descend

Chaque fois que vous vous soignez, l’Assurance maladie garde une petite somme, déduite de vos remboursements. C’est la franchise médicale : 1 euro par boîte de médicaments ou par acte d’infirmier ou de kiné, 4 euros par trajet en transport sanitaire. Et c’est la participation forfaitaire : 2 euros par consultation chez le médecin, par radio ou par analyse de laboratoire. Votre mutuelle, dans la quasi-totalité des cas, ne les rembourse pas. Ces sommes sont plafonnées chaque année, et au 1er octobre, ce plafond passe de 100 à 140 euros par personne : 70 euros pour chacune des deux familles, contre 50 jusqu’ici.

Le mot mérite qu’on s’y arrête. Un « plafond », c’est ce qui vous protège : au-delà, on ne vous prend plus rien. Le relever de 40 %, c’est donc réduire la protection de ceux qui se soignent le plus, sans toucher au taux de remboursement affiché. Personne n’annonce une baisse des remboursements. Elle passe par le plafond.

Êtes-vous concerné ? Oui si vous êtes majeur et consultez ou achetez des médicaments régulièrement : le surcoût atteint au maximum 40 euros par an. Près de 18 millions de Français restent exonérés (mineurs, femmes enceintes, bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire). Pour un ménage, c’est peu. Pour l’Assurance maladie, c’est une économie qui ne dit pas son nom.


Le Sénat bouge peu, le budget arrive

Dimanche, la moitié du Sénat a été renouvelée : 178 sièges sur 348. Bilan : la droite et les centristes conservent la majorité qu’ils détiennent depuis 2014, le Rassemblement national obtient pour la première fois un groupe (il faut au moins dix élus), et La France insoumise fait son entrée au palais du Luxembourg avec un premier sénateur. C’était le dernier scrutin avant la présidentielle du printemps 2027.

Le calendrier, lui, n’attend pas : le projet de budget 2027 et son effort annoncé de 54 milliards d’euros passe en Conseil des ministres cette semaine, avant l’Assemblée nationale puis ce Sénat tout juste recomposé. La haute assemblée ne renverse pas de gouvernement, mais elle réécrit volontiers les textes budgétaires.

Le vrai test ne sera pas l’étiquette des nouveaux élus, mais la cohérence de leurs amendements : réclamer des baisses d’impôts oblige à désigner les économies ; réclamer de nouvelles dépenses, à en trouver le financement. Avec une OAT à dix ans autour de 4,7 %, chaque amendement a un prix, et il se lit dans le taux de votre prochain crédit. Les sièges changent, l’addition reste.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce qu’un seul mot prononcé à Washington peut faire varier le baril de 3 % en une matinée, et que ce baril finit toujours dans votre plein et vos factures.

Parce que les chiffres d’inflation de cette semaine pèseront plus que n’importe quel discours sur la trajectoire des taux, donc sur votre crédit comme sur le rendement de votre épargne.

Parce qu’un plafond qui monte ou un budget qui se discute sont aussi des décisions sur votre pouvoir d’achat, même quand elles portent un nom rassurant.

Et parce qu’un patrimoine solide n’a pas besoin de deviner la prochaine déclaration : il doit simplement pouvoir encaisser l’une comme l’autre.


QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… et bonne semaine : un « non » se prononce vite, il se paie plus longtemps.

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