
Vendredi 2 octobre 2026
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Le loyer de la dette augmente
Jeudi, l’État français a emprunté jusqu’à 4,96 % sur dix ans, un taux inédit depuis 2002, le jour même où le gouvernement présentait son budget 2027. Les marchés n’ont pas attendu la fin de la lecture : le CAC 40 a perdu 1,62 %, à 7 835 points.
Le budget, lui, confirme 43 milliards d’euros de mesures nouvelles, mais aussi 12 milliards d’intérêts de plus à payer l’an prochain. Les loueurs en meublé y découvrent au passage un plafond à leur principal avantage fiscal.
Ailleurs, le Brent a repassé les 100 dollars, Accenture a rassuré sur l’IA, et l’Amérique publie cet après-midi ses chiffres de l’emploi. Bonne lecture, avant que le prochain taux ne s’affiche.

Un taux millésimé 2002
Jeudi, le taux de l’OAT à dix ans — le prix auquel l’État français emprunte pour dix ans — a touché 4,96 % en séance, du jamais-vu depuis 2002, avant de refluer autour de 4,9 %. L’écart avec l’Allemagne a atteint environ 1,3 point, un record depuis 2012. Le mouvement est mondial, mais la France paie un supplément qui lui est propre.
À la Bourse de Paris, le CAC 40 a cédé 1,62 %, à 7 835 points, après un recul de 0,89 % mercredi. Les banques ont mené la baisse. La raison est simple : elles détiennent beaucoup de dette française, dont la valeur baisse quand les taux montent, et leur propre coût de financement suit celui de l’État.
« La signature de la France est solide », a assuré jeudi le ministre de l’Économie. Elle l’est. Elle coûte simplement un peu plus cher à chaque séance. Pour vous, ce taux finit toujours par se retrouver dans le coût de votre crédit et, plus lentement, dans le rendement des placements à taux fixe.
Douze milliards de loyer en plus
Le projet de budget 2027 présenté jeudi repose sur 43 milliards d’euros de mesures nouvelles pour ramener le déficit public de 5,4 % à 5 % du PIB. Dans le même temps, la charge de la dette — les intérêts que l’État verse à ses prêteurs — doit grimper de 12 milliards, à 91 milliards d’euros. Plus d’un quart de l’effort nouveau sert donc seulement à payer la hausse du loyer. On serre la ceinture pour régler le propriétaire, pas pour rembourser le crédit.
Côté ménages, le budget joue sur deux thermomètres. Le barème de l’impôt sur le revenu suivrait l’inflation prévue, +2,1 % : pas de hausse cachée de ce côté. Les APL, les allocations familiales et la prime d’activité resteraient en revanche au même niveau, comme le point d’indice des fonctionnaires ; le RSA et le minimum vieillesse y échappent.
Les grandes entreprises voient, elles, leur surtaxe exceptionnelle d’impôt sur les sociétés réduite d’environ 30 %. Le texte part maintenant à l’Assemblée, sans majorité absolue. Chaque ligne pourra encore bouger, sauf celle des intérêts : elle ne se vote pas, elle se paie.
Le meublé perd des meubles
C’est l’article 7 du projet de loi de finances, et il concerne 1,37 million de propriétaires. En location meublée non professionnelle (LMNP), l’amortissement — la déduction comptable de l’usure du logement, qui efface souvent l’impôt sur les loyers — serait limité à 2,5 % de la valeur du bien par an, sans dépasser 7 000 euros par foyer fiscal. Pour les meublés de tourisme : 1,5 % et 5 000 euros.
Êtes-vous concerné ? Le plafond de 7 000 euros commence à mordre dès que la valeur amortissable du logement dépasse 280 000 euros ; en dessous, c’est le taux de 2,5 % qui fixe la limite. Autre changement : les amortissements non déduits ne seraient plus reportables sur les années suivantes, avec un régime transitoire pour ceux déjà en stock. Gain attendu pour l’État : environ 200 millions d’euros par an.
L’objectif affiché est de rapprocher la location meublée de la location nue et d’encourager les baux longs. Pour rapprocher deux régimes, on pouvait alléger celui de la location nue ; Bercy a choisi d’alourdir l’autre. En fiscalité, rapprocher se conjugue rarement vers le bas. Rien n’est voté : le texte peut encore évoluer au Parlement.
L’IA recrute des consultants
On les disait condamnés par l’intelligence artificielle. Jeudi, l’américain Accenture, géant du conseil et des services informatiques, a publié un chiffre d’affaires trimestriel de 18,7 milliards de dollars, au-dessus des attentes, et son action a bondi de plus de 15 %.
Le message a traversé l’Atlantique en quelques minutes : Capgemini, son cousin français, a gagné 7,4 %, meilleure performance du CAC 40 d’une séance pourtant rouge. La raison tient en une phrase : pour intégrer, sécuriser et contrôler l’IA, les entreprises ont besoin… de monde. L’outil qui devait remplacer les consultants commence par leur fournir des commandes.
Une séance ne fait pas une tendance, et le titre Capgemini reste en net recul depuis janvier. Mais la leçon vaut pour tout épargnant exposé à la tech : l’IA ne fabrique pas seulement des perdants, elle fabrique aussi des clients. Et pour l’IA côté urnes plutôt que côté Bourse, rendez-vous à l’article LinkedIn présenté en fin d’édition.
Cent dollars, aller-retour
Hier matin, nous donnions le Brent — le pétrole de référence en Europe — autour de 97 dollars. Il a repris plus de 3 % dans la journée pour repasser au-dessus de 100 dollars, vers 101 dollars jeudi soir. Le WTI américain tournait, lui, autour de 92 dollars.
Motif : les négociations entre Washington et Téhéran pour sortir du conflit au Moyen-Orient restent au point mort. Chaque jour sans accord se paie deux fois : à la pompe, et sur les marchés de taux.
Le lien avec votre épargne est direct. Un baril plus cher, c’est une inflation qui résiste, donc des banques centrales qui hésitent, donc des taux longs qui montent. Premier test ce vendredi à 11 heures, avec l’estimation de l’inflation de septembre en zone euro.
Rendez-vous à 14 h 30
C’est le chiffre de la semaine. Ce vendredi à 14 h 30 (heure de Paris), Washington publie le rapport sur l’emploi de septembre. Les économistes attendent environ 90 000 créations de postes et un taux de chômage stable à 4,1 %.
Jeudi, le taux américain à dix ans a touché 5,34 %, un sommet depuis 2002, avant de se détendre. Wall Street a fini quasiment à l’équilibre, et l’euro est retombé autour de 1,12 dollar. Un emploi trop vigoureux relancerait l’idée d’une nouvelle hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) le 28 octobre ; un net ralentissement l’éloignerait.
Pour l’épargnant français, l’enjeu dépasse l’Amérique : quand le taux américain monte, il entraîne les taux du monde entier, y compris ceux de votre crédit. Un euro plus faible gonfle en revanche la valeur en euros des placements libellés en dollars. Le marché du travail américain se lit jusque dans votre relevé.
Parce qu’un taux d’État au plus haut depuis 2002 ne reste jamais longtemps sur les écrans des salles de marché : il finit toujours par descendre jusqu’au guichet de votre banque.
Parce que 12 milliards d’intérêts en plus, ce sont 12 milliards qui ne financent ni une baisse d’impôt, ni un service public de plus.
Parce qu’un investissement locatif en meublé se recalcule avec le budget de l’année, pas avec les arguments d’hier.
Et parce que, quand pétrole, taux et emploi américain se tiennent par la main, une épargne qui ne dépend pas d’un seul chiffre reste la meilleure protection.
QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… l’État paie son loyer au tarif de 2002, la vôtre mérite un bail mieux négocié.
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