Mardi 13 octobre 2026

Vidéo Centaure Investissements : Retraite : qui va payer ?

QuickFi — Ce que vous devez savoir aujourd’hui
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La puce perd la mémoire

Ce mardi, l’intelligence artificielle passe un mauvais quart d’heure en Bourse. Le chinois CXMT a présenté une puce mémoire plus dense, et les géants du secteur ont décroché : Micron a perdu près de 4 % lundi à Wall Street, et l’Asie a touché ce matin son plus bas depuis plus de deux mois.

Paris a mieux résisté : le CAC 40 a gagné 0,38 %, à 7 832,88 points, porté par le luxe et les banques. Le pétrole, lui, a repris sa marche, autour de 106 dollars pour le Brent, après de nouvelles attaques dans le Golfe.

Au programme du jour : les grandes banques américaines ouvrent la saison des résultats et l’Assemblée attaque en séance la partie recettes du budget 2027. Demain, l’inflation américaine. La semaine démarre fort.


Puce mémoire : QuickFi du 13 octobre 2026, pétrole et budget 2027

Bourse : Paris tient, le Nasdaq tousse

Lundi, le CAC 40 a gagné 0,38 %, à 7 832,88 points, dans le prolongement de son rebond de vendredi. Le luxe et les valeurs financières ont mené la hausse, dans une séance d’attente : les investisseurs restent dans les starting-blocks avant les publications d’entreprises.

À New York, le tableau est plus contrasté. Le Dow Jones, l’indice des 30 grandes valeurs historiques, a gagné 0,38 %, à 51 850,55 points, quand le S&P 500 a cédé 0,06 % et le Nasdaq, la cote des valeurs technologiques, 0,44 %. L’énergie a mené la danse, la technologie a fermé la marche.

Ce mardi, JPMorgan, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo publient leurs comptes du troisième trimestre, et les analystes attendent une nette progression des bénéfices. Pour l’épargnant, c’est un thermomètre : quand une grande banque parle de ses clients, elle parle de l’économie réelle — crédits, dépôts, impayés.


Puces mémoire : la Chine pousse la porte

Le déclencheur est venu de Shanghai. Le fabricant chinois CXMT a présenté une nouvelle architecture de mémoire DRAM — la mémoire vive des serveurs, celle qui garde les données à portée de main pendant les calculs — environ un tiers plus compacte, et promet des produits pour serveurs avant la fin de l’année.

La sanction a été immédiate : Micron a reculé de près de 4 % lundi à Wall Street, et ce mardi matin Séoul a plongé de plus de 6 % en séance, emporté par Samsung et SK Hynix, quand Tokyo cédait près de 2 %. L’indice MSCI de l’Asie-Pacifique hors Japon est tombé à son plus bas depuis fin juillet.

Rien ne garantit que CXMT livrera dans les volumes annoncés : rendements de production et quantités restent à prouver. Mais depuis deux ans, les fabricants de mémoire vendent au prix fort une ressource rare, et une valorisation bâtie sur un prix élevé supporte mal la simple hypothèse d’un concurrent. Une rareté qui ne tient qu’à l’absence de rivaux ressemble beaucoup à un délai. Et l’IA ne consomme pas que des puces : la carte LinkedIn, en fin d’édition, parle de cuivre.


Golfe : le baril remet les gaz

Le Brent, la référence du pétrole de la mer du Nord, a grimpé lundi jusqu’à environ 106 dollars, au plus haut depuis près de deux semaines. En cause : de nouvelles frappes des rebelles houthistes du Yémen sur l’aéroport de Riyad, en Arabie saoudite, et des pétroliers touchés, l’un au large d’Oman, l’autre dans le détroit d’Ormuz.

Le détail compte : en septembre, selon les relevés cités par Reuters, les exportations de pétrole du Golfe étaient remontées à 81 % de leur niveau d’avant-guerre. Chaque pétrolier touché ralentit ce retour à la normale. Ce mardi matin, le baril évoluait toujours au-dessus de 105 dollars.

Le cessez-le-feu énergétique annoncé dimanche entre Moscou et Kiev n’y change rien : lundi, le Kremlin a refusé de dire s’il était en vigueur. Le marché réagit à chaque drone comme un sismographe. Le baril écoute le Golfe. Pas les communiqués.


Nobel : la recette anti-crise récompensée, l’inflation pas au courant

Lundi, le prix Nobel d’économie a été attribué aux Américains Robert Hall et Michael Woodford, pour leurs travaux sur les fondements microéconomiques de la stabilisation. Traduction : plutôt que de bâtir les modèles sur de simples corrélations entre inflation, production et consommation, ils les ont construits à partir des décisions des ménages et des entreprises.

Leur héritage est partout : selon le comité Nobel, ces travaux fondent les modèles qu’utilisent aujourd’hui banques centrales et gouvernements. Michael Woodford a aussi inspiré la « forward guidance », cet art d’annoncer la politique monétaire de demain pour peser sur les taux d’aujourd’hui.

Le calendrier a de l’humour : le prix de la stabilisation tombe deux jours avant une inflation américaine que les économistes attendent entre 3,6 et 3,7 %, contre 3,4 % en août. Les modèles disent comment stabiliser ; ils ne disent pas qui ose le faire quand l’essence flambe.


Conjoncture : la France avance au ralenti, l’œil sur la pompe

La Banque de France a confirmé lundi sa prévision : une croissance de 0,1 % seulement au troisième trimestre. Son enquête auprès d’environ 8 500 entreprises montre une industrie qui progresse moins que prévu, des services qui accélèrent et un bâtiment qui fait du surplace.

Le signal le plus parlant est ailleurs. L’incertitude exprimée par les chefs d’entreprise est nettement remontée en septembre, rompant avec la décrue entamée en mars. Et la première inquiétude citée n’est ni le budget ni la politique : c’est le prix des carburants, devant le contexte économique et le pouvoir d’achat.

Pour l’épargnant, la chaîne est simple : un carburant cher pèse sur les marges des transporteurs, puis sur les prix, puis sur l’activité. Et une croissance à 0,1 % fait rentrer moins d’impôts que prévu. Le pétrole ne vide pas seulement le réservoir : il creuse aussi le déficit.


Crédit immobilier : la barre des 4 % se rapproche

Octobre confirme la tendance : les taux du crédit immobilier montent encore. Selon les baromètres publiés ce mois-ci, le taux moyen sur 20 ans tourne désormais entre 3,5 et 3,8 %, et certains courtiers le voient s’orienter vers 4 %. En cause : l’OAT à dix ans, l’emprunt de l’État français, proche de 4,9 %, qui renchérit l’argent que les banques empruntent avant de le prêter. Pour mémoire, on empruntait autour de 6 % en 2000, et le marché avançait quand même : les prix des logements anciens ont doublé entre 2000 et 2007, selon l’Insee.

Vous avez un projet d’achat ? Le calcul tient en deux lignes. Pour 200 000 euros empruntés sur 20 ans, la mensualité passe d’environ 1 150 euros à 3,4 % à près de 1 191 euros à 3,8 %, hors assurance : 41 euros de plus par mois, près de 9 900 euros sur la durée du prêt.

La différence, c’est que les planètes se désalignent. La démographie d’abord : en 2025, la France a compté plus de décès que de naissances, une première depuis la Seconde Guerre mondiale ; les baby-boomers vieillissent dans des logements devenus trop grands, les trentenaires peinent à y entrer. La politique du logement ensuite : depuis 2018, l’IFI fait de la pierre le seul patrimoine encore taxé au titre de la fortune, et le Pinel s’est éteint fin 2024 sans successeur avant le budget 2026 ; les permis de construire restent près de 10 % sous leur moyenne des cinq dernières années. Les banques, enfin, finissent le travail : elles ne ferment pas le guichet, elles trient à l’entrée. À 6 % dans les années 2000, le marché courait ; à 4 %, il hésite. Ce n’est plus le taux qui manque, c’est l’élan.


Budget : des milliards promis, des milliards envolés

Ce mardi, l’Assemblée examine en séance la partie recettes du budget 2027, en repartant du texte du gouvernement ; le vote est prévu le 20 octobre. Dimanche, le ministre des Comptes publics a ouvert le bal en attaquant le contre-budget du Rassemblement national, qui promet 140 milliards d’euros d’économies nettes d’ici 2032 : selon lui, 70 milliards relèvent de mesures anticonstitutionnelles ou imaginaires.

Chacun a sa démonstration à faire. Ceux qui promettent 140 milliards d’économies devront dire lesquelles, ligne par ligne. Ceux qui défendent un déficit ramené à 5 % du PIB en 2027 devront expliquer comment une copie qui a perdu 8 à 10 milliards en une semaine de commission retrouvera son équilibre en séance. Au cœur du bras de fer, les retraites (notre émission « Retraite : qui va payer ? », en haut de cette édition, fait le calcul).

Un chiffre, lui, ne se discute pas : la charge de la dette de l’État, prévue à 72,9 milliards d’euros en 2027, contre 62,6 milliards cette année, pour un programme d’emprunt record d’environ 340 milliards. Il serait temps que le débat raisonne enfin en flux : ce qui entre et ce qui sort des caisses chaque année, plutôt que des totaux cumulés jusqu’en 2032. En matière d’économies, la France a inventé une unité de mesure très souple : le milliard annoncé. Les intérêts, eux, se paient en milliards ordinaires.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce qu’une puce plus dense annoncée à Shanghai suffit à faire trembler les valeurs de l’IA, de Séoul à New York.

Parce que le baril repasse au-dessus de 105 dollars et que les chefs d’entreprise français placent désormais le carburant en tête de leurs inquiétudes.

Parce que le crédit immobilier se rapproche des 4 %, et que chaque dixième de point se paie pendant vingt ans.

Et parce qu’un budget se juge à ses économies réelles, pas à ses économies annoncées, alors que la charge de la dette, elle, n’attend pas le vote.


QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… une puce peut perdre la mémoire, les taux, eux, n’oublient rien.

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