
Lundi 10 août 2026
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L’emploi cale, la Bourse cavale
Les États-Unis ont détruit 23 000 emplois en juillet, là où les économistes en attendaient 83 000 de plus. Et pourtant, Wall Street a terminé la semaine sur des records : le S&P 500 a clôturé vendredi à 7 757,64 points, en hausse de 3,6 % sur cinq séances — sa meilleure semaine depuis avril.
La logique est connue : un marché du travail qui refroidit, c’est une Fed qui n’a plus de raison de durcir le ton. Le rendement américain à 10 ans est retombé à 4,64 % et les marchés parient désormais majoritairement sur un statu quo en septembre.
Cette semaine, changement de juge : l’inflation reprend le micro, avec les prix à la consommation mercredi et les prix à la production jeudi. La Bourse célèbre les mauvaises nouvelles — en espérant qu’elles restent modérément mauvaises.

Wall Street finit la semaine en fanfare
Vendredi, le S&P 500 a gagné 0,6 % à 7 757,64 points, un nouveau record en clôture, au-dessus du sommet établi mardi. Le Dow Jones a pris 0,3 % à 54 036,93 points et le Nasdaq 1,3 % à 26 690,62 points.
Sur la semaine, le bilan est spectaculaire : +3,6 % pour le S&P 500 — sa meilleure semaine depuis avril —, +5,2 % pour le Nasdaq et +3 % pour le Dow. Les petites valeurs ne sont pas en reste : le Russell 2000 affiche +22,3 % depuis le 1er janvier, mieux que les trois grands indices. Quand même les seconds rôles décrochent des Oscars, c’est que le film plaît beaucoup.
Emploi américain : le moteur cale
L’économie américaine a perdu 23 000 emplois en juillet, alors que le consensus attendait 83 000 créations. Les écoles publiques locales ont supprimé 50 000 postes, les restaurants 26 000, les commerces 19 000 — et les chiffres de mai et juin ont été révisés en baisse de 103 000 emplois au total.
Paradoxe : le taux de chômage a malgré tout reculé à 4,1 %. L’explication tient dans le taux de participation, tombé à 61,4 %, son plus bas niveau depuis plus de cinq ans. Quand le chômage baisse parce que les gens renoncent à chercher un emploi, c’est une victoire dont personne ne réclame la médaille.
La Fed remercie le messager
Autre enseignement du rapport : les salaires n’ont progressé que de 3,2 % sur un an, leur rythme le plus faible depuis mai 2021. Moins de pression salariale, c’est moins de pression sur les prix — précieux quand le pétrole d’Ormuz nourrit l’inflation.
Résultat : le rendement américain à 10 ans est retombé à 4,64 %, contre 4,74 % au plus haut une semaine plus tôt, et les marchés donnent environ 56 % de probabilité à un statu quo de la Fed le 16 septembre. Un emploi qui tousse et une banque centrale dispensée de monter les taux : à Wall Street, on appelle ça une bonne mauvaise nouvelle.
L’inflation reprend le micro
Le scénario rose ne tient que si les prix coopèrent. Verdict en trois actes : l’inflation américaine (CPI) mercredi, attendue à +0,2 % sur le mois (+0,3 % hors énergie et alimentation), les prix à la production jeudi et les ventes au détail vendredi.
Un chiffre conforme validerait la détente des taux. Un chiffre plus chaud, et le débat sur un tour de vis repartirait aussitôt — records en première ligne. Trois données en trois jours : les marchés ont eu la bonne idée de libérer leur agenda.
Le CAC 40 aligne les records
La Bourse de Paris a signé vendredi un nouveau record en clôture au-dessus des 8 700 points : +0,2 % à 8 715 points selon la dépêche de Trading Economics, +0,33 % à 8 728 points selon le relevé de clôture du même fournisseur. Les compteurs se disputent le sommet exact, pas la direction : c’est la troisième semaine consécutive de hausse.
Dans le sillage de Wall Street, STMicroelectronics a bondi d’environ 3 %, accompagné de Dassault Systèmes et de l’aéronautique. Autre bonne nouvelle : le déficit commercial français s’est réduit à 5,8 milliards d’euros en juin, contre 7,9 milliards en mai, grâce à des exportations en hausse de 2,6 %.
La France à contre-courant de son indice
Pendant que le CAC 40 bat des records, le taux de chômage français est remonté à 8,3 % au deuxième trimestre, contre 8,1 % au premier — son plus haut niveau depuis fin 2020.
Le contraste n’est qu’apparent : le CAC 40 est rempli d’entreprises mondialisées qui réalisent l’essentiel de leurs ventes hors de France. L’indice mesure la santé du luxe, de l’aéronautique et des semi-conducteurs mondiaux, pas celle du marché du travail hexagonal. Acheter du CAC 40, c’est acheter le monde avec un accent français.
Ormuz : le péage fait toujours débat
Le Brent a repris 1,3 % vendredi, autour de 80 dollars le baril, après une opération navale iranienne rapportée près du détroit d’Ormuz, par lequel transitent environ 20 % du pétrole mondial. Téhéran entend restreindre le passage des navires jugés hostiles.
Les négociations sur la réouverture continuent : l’Iran réclame des frais de passage de 5 à 7 % de la valeur des cargaisons, quand Oman propose 3 % de contribution volontaire. En cas d’accord, certains analystes voient le Brent revenir vers 75, voire 70 dollars. Tout le monde veut rouvrir la route ; reste à s’entendre sur le prix du ticket.
L’IA garde la main
La tech reste le carburant du rallye : Palantir a bondi de plus de 10 % vendredi et le Nasdaq a survolé la semaine avec ses +5,2 %. La thématique de l’intelligence artificielle continue d’aspirer les capitaux.
Prochaines étapes dès cette semaine : les résultats de Cisco mercredi soir et d’Applied Materials jeudi, deux baromètres de la demande en infrastructures d’IA. Après les records, les investisseurs voudront des preuves — les promesses, elles, sont déjà dans les cours.
Parce que quand la Bourse monte sur de mauvaises nouvelles, c’est qu’elle regarde les taux plutôt que l’économie — un équilibre qui fonctionne, mais qui se surveille.
Parce qu’entre l’inflation mercredi, les prix à la production jeudi et la consommation vendredi, le scénario « la Fed ne bouge plus » va être testé trois fois en trois jours.
Parce que des indices au sommet d’un côté et un détroit d’Ormuz toujours fermé de l’autre, c’est le meilleur rappel qu’on puisse offrir à votre épargne : la diversification n’est pas une option, c’est votre amortisseur.
QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… une Bourse qui monte quand l’emploi baisse, ça se surveille comme le lait sur le feu.
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