Retour de week-end aux États-Unis, et Wall Street s’apprête à rouvrir ses rideaux dans un décor tendu. L’Europe, laissée seule sur scène hier, a livré une performance molle, empêtrée dans un spleen post-estival et des volumes rachitiques. Pendant ce temps, l’or s’offre un solo spectaculaire : 3 508 dollars l’once. Rien que ça. Il faut croire que les investisseurs préfèrent les lingots aux promesses de banquiers centraux sous pression.
L’or, nouvelle diva des marchés
L’once d’or, ce bon vieux baromètre de la panique mondiale, vient de pulvériser un nouveau record à plus de 3 500 dollars. Un exploit pour ce métal qui, rappelons-le, ne verse aucun dividende, ne crée pas d’emploi, et ne produit rien, si ce n’est de l’angoisse bien emballée. Mais il faut croire qu’en 2025, ce qui brille rassure plus qu’un banquier central en costard mal taillé. Quand l’économie tangue, les investisseurs courent s’accrocher à ce qui ne bouge pas. Et quoi de plus inerte qu’un lingot ?
La Fed sous stéroïdes (ou somnifères ?)
Les marchés, dans leur grande sagesse (ou leur impatience chronique), anticipent désormais une baisse des taux de la Fed le 17 septembre. Comme si l’économie américaine n’avait besoin que d’un petit sirop pour enfants pour calmer ses maux de ventre. Le problème ? L’inflation ne s’est pas exactement volatilisée, et le job market reste plutôt vaillant. Mais qu’importe. Le marché veut sa piqûre de morphine, et Powell est prié de faire l’infirmier.
Le monde selon Xi et Vlad
En Chine, c’est la rentrée diplomatique avec effets spéciaux : accolades, défilés militaires, et grands discours anti-Occident. Xi Jinping et Vladimir Poutine, en maîtres de cérémonie, rejouent une guerre froide sauce 2.0. L’Organisation de Coopération de Shanghai, cette sorte d’OTAN de l’Est sous stéroïdes asiatiques, rassemble la moitié de la population mondiale pour répéter en chœur que l’Occident est fini. Et au cas où le message ne passerait pas, Kim Jong-un s’est invité au goûter. Rien de tel qu’un dictateur en jogging militaire pour faire monter le cours de l’or.
L’Europe sans filet (ni Wall Street)
Lundi sans Américains, c’est un peu comme un apéro sans olives : ça manque de sel. Les places européennes ont végété, faute de contrepartie en face. Paris a fait du surplace, Londres a regardé sa montre, et Zurich a somnolé. L’Allemagne a sauvé l’honneur grâce à ses champions de la défense. Rheinmetall et Airbus ont grimpé, dopés par les promesses d’un bras armé européen en Ukraine et une sombre histoire de brouillage GPS russe visant l’avion d’Ursula von der Leyen. Le thriller géopolitique, saison 12, épisode 43.
Les secteurs ? Défense et… l’or
À part les vendeurs de canons et les collectionneurs de lingots, c’est le désert. La tech patine, les énergies renouvelables roupillent, et même les cryptos font grise mine. Pendant ce temps, l’or grimpe comme un chat sur un rideau. Plus de 30 % de hausse cette année, après un +27 % en 2024. Pas mal pour un actif qui ne sert qu’à dormir dans des coffres. Mais quand les spreads de dette s’écartent, que la Fed fait du breakdance monétaire, et que Trump revient jouer les sorciers à la Maison Blanche… tout le monde veut son doudou doré.
Bessent, la voix de son maître
Scott Bessent, le Secrétaire au Trésor, a profité du Labor Day pour… ne pas faire de pause. Il a enchaîné les interviews comme d’autres les barbecues. Au menu : défense de l’indépendance de la Fed (en mode “promis juré, on ne touchera pas Powell… tout de suite”) et critique douce-amère des choix passés. Une manière élégante de rappeler que si ça part en vrille, ce n’est pas (que) la faute de Trump. En Europe, Christine Lagarde fait les gros yeux et agite le spectre d’une Banque centrale manipulée. Ambiance.
Fuite vers l’or… ou vers l’oubli ?
Pendant que tout le monde s’agite, les Français, eux, restent fidèles à leur Livret A. Sécurité d’abord, rendement ensuite (ou jamais). Les derniers sondages montrent une préférence marquée pour les placements tranquilles, même si l’or commence à séduire les plus inquiets… ou les plus âgés. La Bourse ? Trop risquée. Les cryptos ? De la science-fiction. L’immobilier ? Trop compliqué, trop fiscalisé, trop dévalorisé … Finalement, un peu d’or sous le matelas, ça rassure. Surtout si le matelas est en béton armé.
Le métal contre les mots
À chaque discours de banquier central, à chaque accolade entre tyrans en treillis, l’or gagne quelques dollars. Ce n’est plus un actif, c’est un bulletin météo de la géopolitique mondiale. Orageux avec risques de tempêtes. Le monde se recompose, les marchés frémissent, et l’or… trace sa route. Est-ce que ça durera ? Probablement pas. Mais tant que les mots font peur, le métal rassure. Et ça, c’est presque poétique.
Pourquoi c’est important pour vos placements ?
Ce qu’on voit en ce moment, c’est une crise de confiance camouflée en vol vers la sécurité. L’or n’est pas devenu plus utile en soi. Mais il cristallise les peurs, comme un vieux réflexe pavlovien. Si vous avez l’impression que le monde devient illisible, que la Fed hésite entre bras de fer et marche arrière, et que Trump souffle sur les braises, vous n’êtes pas seul. Diversifier, arbitrer, réévaluer, c’est le vrai job. Et ce n’est pas une once de peur qui doit dicter tout un portefeuille. Mais ça ne coûte rien de l’écouter. Vous souhaitez intégrer de l’or à l’allocation de votre assurance-vie ? Contactez nos conseillers sur www.centaure-investissements.com
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