Dette : 3 345 milliards, 114% du PIB, mais tout va bien…

La dette bondit de 40 milliards

L’Insee a sorti les calculettes : au 31 mars 2025, la dette publique française grimpe à 3 345,8 milliards d’euros, contre 3 305,3 milliards trois mois plus tôt. Une envolée de plus de 40 milliards en un trimestre, portée principalement par l’État (+36,7 Md€) mais aussi par les administrations de sécurité sociale (+3,3 Md€) et, dans une moindre mesure, les collectivités locales. Ce niveau représente désormais 114 % du PIB. Et on n’a même pas encore les chiffres d’avril à juin… À ce rythme, les 116 % fin 2025 paraissent inévitables.

Des causes connues, des efforts absents

On connaît le refrain, et il ne date pas d’hier. Depuis la fin de la crise sanitaire, la dépense publique a continué à filer sans vrai coup de frein. Maintien de dispositifs de soutien, réarmement budgétaire annoncé sans économies en face, et surtout absence criante de réformes structurelles. Le gouvernement multiplie les promesses – relance, planification, réindustralisation – mais reste timide sur les arbitrages. Résultat : le déficit reste massif, et la dette continue de s’accumuler.

Et ailleurs, comment ça se passe ?

La comparaison pique. L’Allemagne a absorbé la crise Covid sans augmenter durablement sa dette. Les pays du Sud – Espagne, Portugal, même la Grèce – ont commencé à redresser la barre. Seule la France poursuit son envolée, avec l’Italie. Mais à la différence de Rome, Paris n’a pas encore enclenché le reflux. Et dans un environnement de taux plus contraints, chaque milliard en plus coûte de plus en plus cher à financer.

La Présidence Macron, 1 000 milliards de plus au compteur

Depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée, la dette publique a bondi de plus de 1 000 milliards d’euros. Certes, il y a eu le Covid, la guerre en Ukraine, l’inflation. Mais la gestion française se distingue par son absence de cap budgétaire clair. Les gouvernements successifs ont préféré contourner les arbitrages, en jouant la montre et la bienveillance des marchés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : +15 points de dette en moins de 10 ans.

Le silence des politiques et des agences

Le plus étonnant, c’est le calme plat côté politique. Pas de plan d’urgence, pas de discours de vérité, pas de frisson au sommet de l’État. Côté agences de notation, la dernière alerte est venue de S&P, qui a abaissé la note de la France en mai, mais sans véritable impact sur les taux. Les marchés, eux, restent imperturbables. Pas de panique, pas de sanctions. Pourquoi ? Parce que derrière la France, il y a l’euro. Et surtout… l’Allemagne.

Le parapluie allemand et l’épargne des Français

Sans la crédibilité monétaire de Berlin, la France paierait ses emprunts bien plus cher. Certains estiment que nos taux d’intérêt dépasseraient les 10 % s’ils reflétaient vraiment notre situation budgétaire. Mais l’euro sert de bouclier. Et puis, il y a la formidable épargne des Français : près de deux fois la dette publique. De quoi rassurer les créanciers : la France ne fera pas défaut, les ménages paieront. En somme, les fourmis garantissent la cigale.

Pourquoi les marchés adorent les mauvaises nouvelles

Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est un feu d’artifice sur les marchés. Le Nasdaq flambe, le S&P 500 tutoie ses records, dopés par une série de nouvelles qui poussent à la prise de risque : cessez-le-feu au Moyen-Orient, trêve commerciale Chine-USA, inflation US plus douce que prévu… Cerise sur le gâteau, la Maison Blanche envisage d’adoucir sa fiscalité sur les investisseurs étrangers. Et Trump cherche un nouveau président de la Fed sur mesure – version Mamie Lucette, pour les amateurs de taux bas.

Pourquoi c’est important pour vos placements ? ()

Parce qu’avec une dette publique qui gonfle comme un soufflé au fromage, il ne faut pas s’étonner si les taux d’emprunt risquent eux aussi de monter au plafond. Les agences de notation, qui nous regardent encore avec un petit sourire en coin, pourraient bien finir par tirer la sonnette d’alarme, et ce ne serait pas qu’une formalité.

Dans un scénario de tensions souveraines, les obligations d’État pourraient perdre de leur superbe, les spreads* s’écarter comme jamais, et la volatilité jouer aux montagnes russes. Bref, pas l’idéal pour dormir tranquille.

Heureusement, l’épargne française reste solide comme un roc. Et c’est peut-être le moment de chérir les bons vieux contrats d’assurance-vie de droit luxembourgeois. Juste au cas où la réalité rattraperait les marchés.

*Spreads : c’est l’écart entre le taux d’intérêt que paie un pays « solide » (comme l’Allemagne) et celui que paie un pays jugé plus risqué (comme la France). Plus cet écart grandit, plus les marchés considèrent que le pays est risqué.

QuickFi, c’

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