Ce soir, la Fed joue son va-tout. Baisse ou pas baisse, la planète finance retient son souffle, et Jerome Powell serre les dents. Pendant ce temps-là, en France, l’ambiance est plus bruyante que jamais : grèves en vue, négos politiques en mode acrobatique, et un milliardaire américain qui trouve qu’on s’en sort pas si mal. C’est presque attendrissant.

Powell, roi du grand flou

C’est le jour J pour Jerome Powell. Ce soir à 20h00, l’homme à la voix monocorde pourrait appuyer (enfin) sur le bouton « baisse des taux ». Une décision qui s’est transformée en feuilleton anxiogène, où les marchés jouent aux devins et où chaque hausse de sourcil du président de la Fed déclenche des tempêtes boursières. L’ironie ? Il s’apprête à desserrer la vis alors même que les prix n’ont pas vraiment calmé leurs ardeurs. L’Amérique est-elle prête pour un Powell plus souple ? Pas sûr que Powell lui-même le sache.

Les marchés jouent à se faire peur

Hier, Wall Street a fait du surplace, comme un ado en pleine crise existentielle. Le Nasdaq a failli battre un record de hausses consécutives, avant de se rétracter à la dernière minute. En Europe, c’était un peu moins subtil : les indices ont pris une volée, surtout le DAX allemand, qui s’est ramassé de près de 2 %. Merci l’industrie, merci les banques. Tout ça pour un petit quart de point hypothétique, qui ne résoudra rien, mais qu’on attend comme le messie.

Le dollar ? Un problème pour vous

La devise américaine est en chute libre. L’euro flirte avec les 1,20 $, et pendant que le dollar fond, les investisseurs étrangers font les comptes. Ils aiment toujours l’Amérique, mais ils aiment un peu moins se faire diluer leur perf’ par un FX facétieux. L’ETF S&P 500 (comprenez “à cause d’un taux de change capricieux, qui joue des tours”) qui brille en dollars devient morose en euros. Un grand classique : « c’est votre problème », comme disait John Connally. On aurait dû le graver sur les billets verts.

France, douce France, vu d’ailleurs

Pendant que les syndicats affûtent leurs banderoles et que le gouvernement bricole une majorité, Henry Kravis, cofondateur de KKR, débarque avec un grand sourire pour dire que la France, c’est pas si mal. Étonnamment optimiste, il vante nos infrastructures, notre talent… et probablement notre goût du chaos organisé. Vingt ans que KKR est chez nous, et visiblement, il en redemande. Il faut croire que même les géants du private equity aiment le fromage et les crises.

Tech US : perf en trompe-l’œil

Le Nasdaq cartonne ? Oui, mais attention à la loupe. Depuis janvier, il affiche +15 % en dollars, mais seulement +2 % en euros. Moralité : la tech US, c’est génial, sauf quand le change vous ruine la fête. Les ETF « hedgés » ont fait un carton en 2025, preuve que les investisseurs ont enfin compris que l’assurance contre la glissade du dollar, c’était pas une coquetterie. C’est juste le prix pour dormir tranquille.

Donald Trump veut tout baisser… mais pas s’abaisser !

Donald Trump n’a pas changé de disque : un dollar faible, des taux au plancher, et un Fed Chairman qui dit « oui chef ». Powell partira en mai 2026, remplacé par un fidèle trumpiste. Les marchés ont déjà commencé à intégrer ce virage, et les prévisions tablent sur des taux à 2 % d’ici 2026. Jumbo cuts en vue. On espère juste que l’inflation n’aura pas la mauvaise idée d’en profiter pour revenir jouer les troubles-fêtes.

Investir, oui, mais avec GPS

Les flux vers les ETF US se sont adaptés : plus de 80 % sont désormais couverts contre le risque de change. Ce n’est pas de la parano, c’est du pragmatisme. Investir en 2025, c’est comme conduire en pleine brume : mieux vaut un GPS (monétaire) qu’un trèfle à quatre feuilles. Ceux qui se disent que le dollar va forcément remonter feraient bien de se rappeler que les cycles de taux ne remontent pas aussi vite qu’ils descendent.

Chute douce ou dérapage contrôlé ?

Alors que Powell s’apprête à couper, le monde retient son souffle. Le dollar glisse, les investisseurs s’adaptent, et les marchés jouent à se faire peur. Ce qui est sûr, c’est que l’Amérique reste le centre du monde, même quand elle tangue. Et si la Fed entame son cycle de baisses, il va falloir s’habituer à un nouveau tempo. Plus lent, plus flou… mais toujours aussi spectaculaire.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

La baisse du dollar et les mouvements de taux changent la donne pour vos portefeuilles. Si vous êtes exposé aux actions US sans couverture de change, vous avez peut-être eu la désagréable surprise de voir vos gains fondre. Et ce n’est pas fini. En 2025, couvrir sa devise n’est plus un luxe, c’est une nécessité. Attention aussi aux obligations : leur valeur grimpe quand les taux baissent, mais toutes ne se valent pas. Bref, surveillez la Fed comme le lait sur le feu … nous ne sommes pas à l’abris de bonnes surprises !

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