Si l’on devait boire un shot à chaque record du S&P 500, la plupart des investisseurs seraient déjà en position latérale de sécurité. Les indices américains empilent les sommets comme s’ils visaient un Guinness Book, dopés par l’intelligence artificielle, la liquidité facile et une euphorie collective qu’on n’avait plus vue depuis la bulle Internet. Pendant ce temps, Washington bloque, Trump menace, et l’Europe tente de recoller au peloton. Une semaine où la réalité semble avoir pris un congé sabbatique.
Wall Street tape encore plus fort
Encore une séance, encore un record. Les indices américains empilent les sommets comme des pancakes chez IHOP. Le S&P 500 vient d’accrocher son 30ᵉ plus haut de l’année. Et encore, on a arrêté de compter à un moment. Une telle régularité dans la performance, c’est presque lassant. Le marché agit comme un joggeur survolté qui franchit un record personnel à chaque footing du matin. Les investisseurs, eux, ne cherchent même plus à comprendre, ils suivent le mouvement comme des fans de Taylor Swift en tournée mondiale.
Euphorie des marchés, raison absente
Tous les actifs grimpent comme s’il n’y avait pas de gravité. Actions, or, métaux, bitcoin : tout monte en cadence, sans justification rationnelle apparente. On pourrait presque croire que les investisseurs ont tous reçu une injection de confiance à haute dose. Les résultats des entreprises ? Bof. La croissance ? Maigre. La géopolitique ? Instable. Mais la Fed a baissé les taux de 0,25 %, et hop, tout le monde allume l’interrupteur « risk on ». Une vraie danse de la pluie financière.
Shutdown américain, Wall Street s’en fiche
Pendant que Washington se débat dans un psychodrame budgétaire, Wall Street continue sa course haussière, imperturbable. Le gouvernement est techniquement à l’arrêt, des agences ferment, des rapports économiques ne paraissent pas, et pourtant, les marchés font comme si de rien n’était. Faut dire que ce n’est pas leur premier shutdown : ils en ont vu d’autres. Et puis, tant que Trump souffle sur les braises en promettant des licenciements massifs, les traders savourent le spectacle avec popcorn et options.
L’Europe s’offre aussi son moment
L’Euro Stoxx 50 a décidé de suivre le mouvement et vient de franchir un record vieux de plusieurs mois. Sans l’aide des banques, en plus. Ce sont la pharma, le luxe et l’auto qui font le boulot. Oui, même l’automobile, ce secteur qu’on pensait en sommeil prolongé. Comme quoi, parfois, les valeurs en retard finissent par faire un sprint. Les Bourses européennes retrouvent un peu de leur superbe, sans tambour ni trompette, mais avec de vraies jambes. À défaut d’avoir une vision, elles ont un rebond.
L’IA, ce nouveau totem boursier
Le moindre communiqué contenant les mots “IA”, “GPU” ou “partenariat stratégique” propulse les cours plus haut qu’un SpaceX. L’intelligence artificielle est devenue la nouvelle religion des marchés. Et comme toutes les religions, elle a ses dogmes : “plus de puissance, plus de promesses, plus de capitalisation”. OpenAI flirte avec les 500 milliards, et même mamie pourrait lever des fonds si elle brandit une carte graphique devant la caméra. On est clairement dans l’ère du miracle technologique permanent.
Donald Trump menace, les marchés applaudissent
Donald Trump veut virer des fonctionnaires ? Pas grave. Il bloque le budget ? Pas grave non plus. En fait, tout ce qui pourrait choquer dans une démocratie semble désormais perçu comme un bonus spéculatif. La logique est simple : plus c’est chaotique, plus la Fed devra intervenir. Et plus la Fed injecte, plus ça monte. Donc Trump est devenu, malgré lui, le meilleur ami des investisseurs. À ce rythme, il pourrait déclarer la guerre au Canada que le Nasdaq prendrait encore 2 %.
Stellantis sort du coma américain
La surprise du jour vient d’un vieux moteur : Stellantis. Le groupe bondit en Bourse, profitant d’un regain de ventes aux États-Unis. C’est dire si le marché aime les histoires de rédemption. Après des mois de sous-performances, l’entreprise redonne enfin un peu de couple à ses actionnaires. Son patron, Antonio Filosa, joue le VRP du renouveau. Reste à voir si ça tient plus longtemps qu’un feu de paille, mais pour l’instant, les marchés disent : “Banco !”
Une bulle qui assume sa forme
On le sent bien, cette euphorie n’a rien de rationnel. Mais les bulles, comme les meilleures soirées, ne préviennent pas quand elles vont déraper. On vit une époque où la logique est suspendue, tant que les banques centrales restent généreuses. On sait que ça ne peut pas durer. Mais en attendant, les indices montent, l’argent afflue, et les cassandres se font gentiment snober. Rappelons simplement qu’en 1996, Greenspan parlait déjà “d’exubérance irrationnelle”. La bulle, elle, a mis quatre ans à péter.
Pourquoi c’est important pour vos placements ?
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