
Mardi 11 août 2026
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Les marchés bronzent, le pétrole s’échauffe
Trêve estivale sur les marchés : le CAC 40 a grappillé lundi 0,13 % à 8 726,03 points, tout près de ses records, pendant que Wall Street terminait quasiment à l’équilibre.
Le vrai mouvement était ailleurs : le pétrole a bondi de 4 %, le Brent remontant vers 84 dollars le baril, car le détroit d’Ormuz reste fermé et Téhéran vient de durcir ses conditions.
Bref, les marchés bronzent — mais ils ont laissé le réveil branché : il sonnera mercredi à 14 h 30, à l’heure de l’inflation américaine.

Marchés : la sieste sous haute surveillance
Le CAC 40 a terminé lundi en très légère hausse de 0,13 % à 8 726,03 points, à un souffle de ses records, dans des volumes d’été faméliques. La semaine passée avait été la meilleure depuis début avril (+2,4 %) : l’indice parisien digère, il ne recule pas.
À Wall Street, même torpeur : le S&P 500 a cédé 0,06 % à 7 753,11 points, le Nasdaq 0,32 % à 26 605,36 points et le Dow Jones 0,11 % à 53 975,98 points. Tout le monde attend le même rendez-vous : l’inflation américaine de mercredi. En août, même les vendeurs sont à la plage.
Pétrole : Ormuz fait grimper le baril
Le Brent a bondi de 4 % lundi, autour de 84 dollars le baril. En cause : le détroit d’Ormuz, toujours verrouillé, et des négociations américano-iraniennes qui patinent.
Téhéran a listé ses conditions : fin des hostilités, levée des sanctions et du blocus des ports, indemnisation des dommages et déblocage sans condition des avoirs gelés. Washington n’entend pas tout accepter. Tant que le passage le plus stratégique du commerce mondial de pétrole reste fermé, chaque déclaration fait tanguer les cours — dans un sens comme dans l’autre.
Inflation américaine : le juge de paix arrive mercredi
Le grand rendez-vous de la semaine, c’est l’inflation américaine de juillet, publiée mercredi à 14 h 30, heure de Paris. Le consensus attend 3,4 % sur un an, après 3,5 % en juin et 4,2 % en mai.
L’enjeu est simple : après la destruction surprise de 23 000 emplois en juillet (les économistes attendaient 80 000 à 85 000 créations), un chiffre d’inflation sage laisserait la Fed souffler. Un chiffre trop chaud raviverait la crainte de taux durablement élevés. Suivront les prix à la production jeudi et les ventes au détail vendredi.
Et dès ce soir, les résultats de CoreWeave et Super Micro Computer donneront un avant-goût de la santé des infrastructures de l’IA, avant Cisco mercredi et Applied Materials jeudi.
LVMH : merci Séoul, merci les puces
Le géant du luxe a pris 0,51 % à 482,45 euros lundi, soutenu par… l’intelligence artificielle. La flambée de la demande de puces a dopé Samsung et SK Hynix, la Bourse de Séoul a bondi de 95 % en un an, et les salariés coréens, généreusement primés, dépensent — notamment en produits de luxe.
La Corée du Sud pèse environ 5 % des ventes de LVMH, et Hermès, Prada ou Moncler en profitent aussi. Mais le vrai moteur reste la Chine et la mode-maroquinerie : le titre perd encore 25 % depuis le début de l’année. Un bonus coréen, ce n’est pas un plan de relance.
Airbus : les analystes regardent déjà 2029
L’avionneur a avancé de 0,49 % à 214,65 euros, dans le sillage d’un secteur aéronautique requinqué par la saison des résultats : Safran, Thales et Dassault Aviation ont tous rassuré.
Airbus vise à l’horizon 2029 un résultat opérationnel de 12 à 13 milliards d’euros et jusqu’à 5 milliards d’euros de rachats d’actions. Barclays a relevé son objectif de cours à 260 euros, soit plus de 20 % au-dessus du cours actuel. Le titre gagne 8 % depuis janvier.
Innate Pharma décolle de 21 %
La biotech marseillaise s’est envolée de 21,49 % lundi à 1,83 euro. Son traitement contre une forme rare de cancer du sang entre en phase 3 — la dernière grande étape avant une éventuelle mise sur le marché — en partenariat avec le laboratoire suédois Sobi.
L’accord prévoit 75 millions de dollars à la finalisation, 40 millions liés aux prochaines étapes et jusqu’à 465 millions supplémentaires selon les autorisations et le succès commercial, plus une part des futures ventes. La société est éligible au PEA-PME. Rappel utile : en biotech, entre la phase 3 et la pharmacie, il y a parfois un océan.
Shein : des soldes jusque sur sa valorisation
Recalé à New York puis à Londres, le géant de la mode à très bas prix prépare son entrée à la Bourse de Hong Kong. Selon Bloomberg, la valorisation viserait 22 à 25 milliards de dollars — loin des 30 à 40 milliards évoqués récemment, et très loin des 100 milliards atteints lors d’une levée de fonds en 2022.
La dynamique s’essouffle : bénéfice en chute de 39 % en 2025, à 2,06 milliards de dollars, et même une perte de 99 millions au premier trimestre 2026. La fin de l’exemption douanière américaine sur les petits colis et la taxe européenne de 3 euros sur les envois de moins de 150 euros pèsent sur le modèle. L’enseigne des prix cassés découvre les rabais sur sa propre étiquette.
Livret A à 1,70 % : mieux, mais pas magique
Depuis le 1er août, le Livret A et le LDDS rapportent 1,70 %, contre 1,50 % auparavant ; le LEP reste à 2,5 %. De quoi redonner un peu d’attrait à l’épargne réglementée, dont la collecte nette est négative depuis le début de l’année.
Côté emprunteurs, la détente attendra : l’OAT 10 ans, qui a touché 4 % le 23 juillet — une première depuis 2009 —, évolue autour de 3,90 %, et les taux moyens des crédits immobiliers remontent, autour de 3,42 % sur 20 ans en août. Quand l’État emprunte plus cher, votre banquier aussi.
Parce qu’un marché calme n’est pas un marché sans enjeu : le chiffre d’inflation de mercredi peut faire bouger d’un coup les taux, le dollar et vos actions.
Parce que le pétrole qui remonte, c’est de l’inflation importée : elle retarde les baisses de taux et pèse autant sur le crédit que sur les obligations.
Parce qu’avec un Livret A à 1,70 %, laisser dormir toute son épargne, c’est accepter de perdre du pouvoir d’achat en silence : la diversification reste votre meilleure alliée.
QuickFi, c’est tout pour aujourd’hui. Prenez soin de votre épargne… les marchés font la sieste, mais l’inflation, elle, ne prend jamais de vacances.
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