L’annonce a fait l’effet d’un petit séisme : la Banque nationale suisse (BNS) a abaissé ses taux directeurs à 0 %. Une première depuis la pandémie. Et une décision qui pourrait bien faire école en Europe.

Depuis mars 2022, la planète finance vit au rythme des hausses de taux. Objectif : calmer une inflation galopante. Mais en Suisse, l’inflation a fondu comme neige au soleil. Résultat : la BNS prend les devants et annonce une baisse de 0,25 %, ramenant les taux à 0 %. Une politique monétaire qui contraste avec l’attentisme de la BCE.

CHAPEAU

La Suisse vient de faire un pas symbolique : taux directeurs à 0 %, inflation négative, franc suisse ultra-fort. Pendant ce temps, les marchés s’interrogent : la BNS va-t-elle replonger sous zéro ? Et surtout, la zone euro est-elle en train de suivre, en douce ? On vous spoile un peu : oui, mais en traînant les pieds.

TAUX SUISSES À ZÉRO : LE GLISSEMENT CONTINUE

La Banque nationale suisse (BNS) a encore coupé son taux directeur de 0,25 %, pour le fixer pile à 0 %. Une décision qui arrive alors que l’inflation est tombée à –0,1 % en mai. Autrement dit : les prix baissent… et la BNS n’a même pas eu besoin d’attendre. Le franc suisse, lui, grimpe (plus de 10 % contre le dollar cette année), ce qui renforce la baisse des prix importés.

Mais ce n’est pas sans rappeler quelques souvenirs : entre 2015 et 2022, les taux étaient restés négatifs pendant 7 ans. La BNS a promis de ne pas se précipiter… mais les marchés, eux, anticipent déjà le retour du « sous-zéro ». Les taux à 2 ans sont repassés en territoire négatif (–0,10 %) sans attendre.

ET L’EUROPE, DANS TOUT ÇA ?

L’inflation en zone euro suit la même pente : 1,9 % en mai, sous les 2 % visés par la BCE. L’euro, plutôt solide, aide à faire baisser les prix d’importation, comme le franc en Suisse. Alors pourquoi la BCE ne fait-elle pas comme la BNS ? Simple : l’Europe est lestée par sa dette. Baisser trop vite les taux risquerait d’envoyer des signaux contradictoires aux créanciers.

La BCE temporise donc. Mais ne vous y trompez pas : le mouvement est enclenché. Il sera juste plus lent, plus prudent, et sans grande annonce fracassante. Un peu comme ces SUV allemands qui mettent 8 secondes à atteindre 100 km/h… mais finissent toujours par y arriver.

PENDANT CE TEMPS-LÀ, AUX ÉTATS-UNIS…

Le conflit Israël–Iran ajoute un nuage dans le ciel monétaire. Donald Trump, ou “TACO” (« Trump Always Chickens Out »), pour ses opposants, joue la montre : deux semaines de réflexion pour trancher sur une éventuelle intervention américaine. Une incertitude qui maintient la pression sur l’or, le pétrole, et fait hésiter les marchés.

MARCHÉS EUROPÉENS : REBOND OU DÉTOUR ?

Le CAC 40 a reculé cette semaine mais tente un rebond technique ce matin. Même chose pour le SMI suisse et le Bel20. Le secteur du luxe, très exposé à la Chine et aux tensions géopolitiques, souffre. Quant aux investisseurs, ils ont désormais une nouvelle grille de lecture : les taux très bas ne sont plus une relique du passé… mais une option à nouveau crédible.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

1. Obligations : les taux suisses déjà négatifs à court terme montrent que l’environnement de rendements faibles revient. En Europe, ça suit… lentement.

2. Devise : un franc (et un euro) fort limitent l’inflation importée. Bonne nouvelle pour la stabilité des portefeuilles internationaux.

3. Actions : les entreprises orientées export pourraient souffrir d’une devise trop forte. Préférer celles qui achètent à l’étranger ou dont les coûts sont en devises faibles.

4. Immobilier et crédit : en Suisse, les taux zéro devraient maintenir des conditions favorables à l’emprunt. En France, le mouvement est plus lent, mais à surveiller.

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