Wall Street, c’est un peu comme une série Netflix dont le héros s’appelle Donald Trump : imprévisible, bruyant, et toujours renouvelé. Vendredi, le marché s’effondre de 2.000 milliards de dollars après ses menaces contre la Chine. Lundi, il rebondit, soulagé par un soudain « je veux aider Pékin ». Le président américain reste fidèle à sa doctrine du coup de poing suivi d’une caresse. Entre deux tweets contradictoires, les investisseurs dansent sur un volcan, les yeux rivés sur l’or, l’argent et… les puces Nvidia. Pendant que l’intelligence artificielle propulse les indices, les métaux précieux flambent. Le monde ne sait plus s’il doit rêver de croissance ou se réfugier dans sa cave avec des lingots. Et au milieu de tout ça, la Chine fait peur, le Nobel récompense l’innovation, et les épargnants cherchent encore où ranger leur confiance.
Donald Trump, maestro du chaos
Vendredi, Donald Trump menace Pékin de représailles “bibliques” — et Wall Street dévisse de 3,5 %. Dimanche, il promet d’aider la Chine — et le Nasdaq s’envole de 2,2 %. Deux jours, deux mondes. La stratégie Trump reste inchangée : hurler fort, négocier ensuite. Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, tente de recoller les morceaux et parle toujours d’une rencontre Trump-Xi d’ici la fin du mois. Les marchés, eux, ont appris à jouer ce ping-pong diplomatique. Mais à force d’alternances brutales, la confiance s’use plus vite qu’un tweet présidentiel.
Les marchés en apnée
Le shutdown prive Washington de ses statistiques officielles. Résultat : les investisseurs avancent dans le brouillard. Pourtant, la Bourse rebondit, encouragée par la perspective de résultats d’entreprises solides. L’Europe s’accroche : le Stoxx 600 reste proche de ses records, le CAC 40 s’offre un +7,5 % depuis janvier — presque héroïque vu le climat politique. Mais derrière les chiffres, la volatilité reste reine. Sans boussole macroéconomique, le marché scrute les moindres mots de Jerome Powell comme on scrute un oracle muet.
L’or fait sa diva
4 148 dollars l’once : l’or brille, mais sans l’arrogance de son cousin argenté. Car la vraie star du moment, c’est l’argent, qui a pulvérisé son record de 1980 à plus de 53 dollars l’once. Les métaux précieux profitent d’une même peur : celle de la dévalorisation monétaire. Le “debasement trade” est devenu chic. Ce qui était jadis la lubie des survivalistes en treillis est désormais discuté dans les comités d’allocation d’actifs. Quand la monnaie vacille, les lingots sourient.
L’argent, nouvelle rockstar
Au 13 octobre, +84 % depuis janvier : l’argent se paie le luxe d’humilier l’or (+59 %). Pourquoi ? Parce qu’il coche toutes les cases de l’époque : rare, industriel, utile aux batteries, symbole de refuge… et désormais spéculatif. Le marché des métaux précieux s’enflamme, porté par la conviction que les États impriment plus vite qu’ils ne réforment. Même le platine et le palladium se sont invités à la fête. Derrière les éclats métalliques, une même angoisse : celle d’un monde qui perd confiance dans ses devises.
IA et or : le couple moderne
Pendant que les uns empilent les lingots, les autres empilent les GPUs. L’intelligence artificielle reste le second moteur de 2025. Les investisseurs cherchent le juste équilibre : être “offensif et défensif” à la fois. Acheter Broadcom et de l’or, voilà le grand écart parfait du moment. L’IA pour l’avenir, les métaux pour dormir tranquille. En 2025, la sagesse consiste peut-être à investir à la fois dans la promesse et dans la peur.
Chine : l’éternelle énigme
Investir en Chine ? Pas pour tout le monde. Certains gérants ont banni les actions chinoises de leurs portefeuilles, non par idéologie, mais par réalisme. Gouvernance bancale, dirigeants “disparus”, sanctions arbitraires : la transparence n’est pas le fort de Pékin. The Economist rappelait récemment qu’un dirigeant coté “disparaît” presque chaque semaine. Quand la gouvernance devient un risque systémique, la décote n’est plus une opportunité, c’est une alerte.
Nobel : l’innovation plutôt que l’impôt
Le Prix Nobel d’économie 2025 salue l’innovation. Philippe Aghion, Joel Mokyr et Peter Howitt sont récompensés pour leurs travaux sur la croissance par la créativité, pas par la fiscalité. Bonne nouvelle pour l’Europe, où l’on débat encore plus souvent des taxes que des idées. Aghion, éternel optimiste, plaide déjà pour une pause sur les réformes sociales. Preuve que même les champions de l’innovation savent quand lever le pied.
Powell, le grand muet
Ce soir, Jerome Powell prendra la parole, sans données économiques à commenter. Mission impossible : parler sans rien dire. La Fed reste coincée entre un marché qui réclame des baisses de taux et une économie qui refuse de ralentir. Sa collègue de Philadelphie, Anna Paulson, propose deux coupes supplémentaires de 0,25 point. Mais à ce stade, le plus gros risque pour la Fed n’est pas l’inflation : c’est Trump, et sa diplomatie au marteau.
Pourquoi c’est important pour vos placements ?
Parce qu’on entre dans une zone de turbulences où les actifs “classiques” perdent leur statut de refuge. Obligations souveraines ? Fragilisées par des déficits hors de contrôle. Devises ? Soumises aux humeurs politiques. Actions ? Portées par l’IA, mais suspendues aux tweets de Donald Trump.
Dans ce monde bousculé, l’or et l’argent ne sont plus de simples reliques du passé : ils deviennent des assurances contre le brouillard monétaire. Et face à un pouvoir politique qui manipule la Fed comme une manette de jeu, les investisseurs redéfinissent la sécurité. 2025, c’est l’année où le mot “refuge” a changé de sens.
QuickFi, c’
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