Hier, Wall Street s’est offert sa soirĂ©e d’Halloween avant l’heure : des hurlements sur les technos, des sueurs froides sur l’IA, et une BCE dĂ©guisĂ©e en statue grecque. Entre Apple qui tousse, Amazon qui exulte, et une France qui fait mieux que prĂ©vu sans vraiment savoir comment, les investisseurs ont jonglĂ© entre rationalitĂ© et panique — un peu comme un trader qui aurait regardĂ© Shining juste avant la clĂŽture. Pendant ce temps, l’AssemblĂ©e française a dĂ©cidĂ© de dĂ©battre encore et encore pour taxer les “superdividendes” avec l’enthousiasme d’un croque-mort devant un bilan trimestriel. Et un dĂ©putĂ© a voulu crĂ©er une rĂ©serve nationale de bitcoins — pour “prĂ©parer l’avenir monĂ©taire”. Il fallait oser. Les marchĂ©s, eux, n’ont plus besoin de citrouilles pour frissonner : la volatilitĂ© post-rĂ©sultats fait trĂšs bien le travail.

La tech en crise existentielle

Le Nasdaq a vacillĂ© comme un smartphone sans batterie. Meta a perdu 11 %, Microsoft 3 %, et plusieurs mastodontes du S&P 500 ont chutĂ© de 10 % ou plus. Motif : les dĂ©penses IA qui explosent sans garantie de retour sur investissement. AprĂšs des mois d’euphorie numĂ©rique, les investisseurs redĂ©couvrent que l’intelligence artificielle n’imprime pas encore de profits. Mais Amazon et Apple ont sauvĂ© les meubles : l’un grĂące Ă  AWS, l’autre avec une promesse d’hiver radieux. Amazon bondit de 13 % hors sĂ©ance, Apple reprend 2,5 %. MoralitĂ© : dans la tech, la frontiĂšre entre gĂ©nie et panique se joue en une ligne de guidance.

Volatilité, quand tu nous tiens

Les publications de rĂ©sultats sont devenues des montagnes russes. Les variations Ă  deux chiffres s’enchaĂźnent, mĂȘme sur des valeurs jadis aussi paisibles qu’un livret A. -40 % pour Fiserv en deux jours, c’est presque un record. Le marchĂ© ne valorise plus, il s’amuse. Entre la transparence totale, le storytelling permanent et la rĂ©action en direct des foules connectĂ©es, chaque communiquĂ© devient une sĂ©ance de psychanalyse collective. Une gĂ©nĂ©ration d’investisseurs qui rafraĂźchit son appli toutes les 10 secondes finit forcĂ©ment par crier au loup.

La BCE fige le décor

Christine Lagarde a encore appuyĂ© sur “pause”. TroisiĂšme rĂ©union consĂ©cutive sans bouger les taux : 2 % pour la rĂ©munĂ©ration des dĂ©pĂŽts, 2,15 % pour le refinancement. Francfort estime que l’inflation est “proche de la cible”. Traduction : on ne sait pas si c’est vraiment fini, mais on prĂ©fĂšre ne rien casser. La prudence est devenue doctrine. Mark Wall (Deutsche Bank) rĂ©sume : “La rĂ©silience de la zone euro empĂȘche tout assouplissement rapide.” Autrement dit, pas de cadeau de NoĂ«l monĂ©taire cette annĂ©e.

Assemblée en mode Robin des Bois

Le budget 2026 a virĂ© au rĂšglement de comptes. La France insoumise et le Rassemblement national ont rĂ©ussi un exploit : faire adopter deux amendements contre l’avis du gouvernement. Le premier taxe les superdividendes, le second triple la taxe sur les rachats d’actions. AmĂ©lie de Montchalin a dĂ©noncĂ© “une sanction de la rĂ©ussite”. Les marchĂ©s, eux, ont compris le message : dans un pays sans majoritĂ©, la fiscalitĂ© devient une variable politique. Les grandes entreprises peuvent ressortir les calculettes et les calmants.

Croissance française : miracle ou mirage ?

L’Insee a sorti un 0,5 % de croissance au troisiĂšme trimestre. “Une performance remarquable”, selon Roland Lescure, qui y voit la preuve de la rĂ©silience française. Les exportations, surtout aĂ©ronautiques, ont portĂ© le PIB, pendant que la consommation stagne et les investissements des mĂ©nages reculent. Bref, l’économie avance, mais Ă  cloche-pied. L’humour, c’est que ce sursaut arrive juste avant le dĂ©bat budgĂ©taire le plus explosif depuis 2017. La France grandit malgrĂ© elle, comme un ado qui refuse de ranger sa chambre.

Eric Ciotti sort la planche Ă  bitcoins

Éric Ciotti veut une “rĂ©serve nationale de bitcoins”. 420 000 BTC d’ici 2033, soit 40 milliards d’euros. Minage d’État, paiements d’impĂŽts en cryptos, stockage stratĂ©gique
 Le dĂ©putĂ© UDR rĂȘve d’un TrĂ©sor Public 3.0, Ă  la sauce Trump. L’AMF, elle, blĂȘmit dĂ©jĂ  Ă  l’idĂ©e d’un coffre-fort numĂ©rique gĂ©rĂ© par l’administration. Le texte n’a aucune chance d’ĂȘtre adoptĂ©, mais il marque un tournant symbolique : les cryptos sortent des garages et entrent au Parlement. Prochaine Ă©tape : la Banque de France en sweat Ă  capuche ?

Chine vs États-Unis : match nul

Depuis six ans, les commentateurs cherchent le “gagnant” du bras de fer sino-amĂ©ricain. Et devinez quoi ? Il n’y en a pas. Les deux sortent avec un Ɠil au beurre noir. La Chine se bat contre une dĂ©flation Ă  la japonaise, les États-Unis subissent les secousses de leur propre stratĂ©gie industrielle. Le fameux “dĂ©couplage” ressemble surtout Ă  une sĂ©paration houleuse : douloureuse, coĂ»teuse, mais inĂ©vitable. Les EuropĂ©ens, fascinĂ©s par Xi et allergiques Ă  Donald Trump, se trompent souvent de camp par rĂ©flexe plus que par analyse. RĂ©sultat : tout le monde perd du PIB, personne ne gagne en indĂ©pendance.

Boohoo et la citrouille

Pour fĂȘter Halloween, certains ont cherchĂ© des entreprises “effrayantes” Ă  la Bourse. Le meilleur candidat ? Boohoo, un site de mode britannique dont le nom sonne comme un cri de film d’horreur. À part ça, le marchĂ© n’a plus besoin de monstres imaginaires : la volatilitĂ©, la politique et l’IA suffisent largement Ă  donner la chair de poule.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Les marchĂ©s sont redevenus Ă©motifs — voire hystĂ©riques. Chaque publication devient un test de foi : croyez-vous encore Ă  l’IA, Ă  la croissance, Ă  la BCE ? Pour l’épargnant, cela signifie deux choses : – d’abord, que les cycles de peur et d’euphorie s’accĂ©lĂšrent (donc les occasions aussi) ;

– ensuite, que les fondamentaux reprennent de la valeur quand tout le monde panique.

La France, malgrĂ© son chaos politique, montre que la stabilitĂ© Ă©conomique existe parfois lĂ  oĂč on ne l’attend plus. La BCE qui temporise, les États-Unis qui vacillent, la Chine qui s’essouffle : le monde entre dans une Ăšre de “ralentissement organisĂ©â€. L’important n’est plus de courir plus vite, mais de tomber plus lentement. Et dans ce marathon, l’épargne disciplinĂ©e garde un avantage dĂ©cisif — mĂȘme quand les marchĂ©s se dĂ©guisent en maison hantĂ©e.

Mais, hormis le fait qu’Halloween soit Ă  la mode, n’oublions pas qu’aujourd’hui est avant tout le jour de la Toussaint. Alors bonne fĂȘte de Toussaint Ă  toutes et Ă  tous, et belles pensĂ©es Ă  nos chers disparus — parce qu’il y a des choses plus stables que les marchĂ©s : la mĂ©moire, la tendresse, la transmission, la famille et la gratitude.

QuickFi, c’

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