Washington est fermé pour cause de désaccords chroniques. Depuis le 1er octobre, les États-Unis battent leur propre record de paralysie budgétaire : 36 jours sans budget, 36 jours de chaos administratif. Des centaines de milliers de fonctionnaires au chômage technique, des contrôleurs aériens épuisés, et des Américains qui découvrent qu’un superpouvoir peut tourner à vide. Mike Johnson, patron républicain de la Chambre, avoue sa stupeur. Donald Trump, lui, accuse les démocrates d’avoir orchestré la crise. Pendant ce temps, les programmes sociaux s’assèchent, les aéroports se grippent et l’économie retient son souffle. Ce n’est plus un “shutdown”, c’est un symptôme : celui d’un pays qui ne sait plus se gouverner sans se saboter. Et derrière le rideau politique, c’est tout un pays qui découvre que la première puissance mondiale peut se gripper pour de simples querelles de budget. La démocratie la plus riche du monde coincée… pour 1,5 % de dépenses publiques.

L’Amérique sans pilote automatique

Les marchés, eux, naviguent à vue. La Fed voudrait des chiffres économiques… mais les administrations sont fermées. Le 10 ans US grimpe à 4,15 %, signal de stress discret mais réel. Les investisseurs se rassurent comme ils peuvent : une séance de baisse devient “une opportunité de rachat”. La Bourse, c’est un peu comme Hollywood : on panique le matin, on tourne la suite l’après-midi. Mais dans les coulisses, la nervosité monte. Si le blocage dure, la machine à dettes américaine pourrait bien se gripper pour de bon.

Trump contre la Cour suprême : saison judiciaire

Le président américain affronte sa propre institution fétiche : la Cour suprême. En cause, la légalité des droits de douane imposés sous la loi d’urgence économique de 1977. Certains juges conservateurs doutent que Donald Trump ait respecté les limites fixées par le Congrès. D’autres, plus pragmatiques, rappellent que la présidence a toujours eu les mains libres en matière commerciale. Verdict attendu pour décembre. Si la Cour désavoue Donald Trump, les États-Unis pourraient devoir restituer des milliards. Et le “Make America Great Again” risquerait de rimer avec “Made in Recul”. On aime se faire peur outre-atlantique !

L’Europe bat des records… d’impôts

Pendant que Washington ferme boutique, Bruxelles encaisse. En 2024, l’Union européenne a collecté 7 281 milliards d’euros d’impôts et cotisations, soit 40,4 % du PIB. Le podium ? Danemark, France, Belgique. Les champions du prélèvement, médaille fiscale autour du cou. Mais derrière les chiffres, un paradoxe : ces recettes record cohabitent avec une croissance molle. L’Europe finance son modèle social à crédit moral, pendant que les États-Unis préfèrent le chaos temporaire au compromis durable.

Les zombies de la Bourse européenne

Pierre-Yves Gauthier, patron d’AlphaValue, tire la sonnette d’alarme dans Les Echos : près de 3 000 entreprises “zombies” végètent sur les places financières européennes. Des titres minuscules, quasi invisibles, laissés à l’abandon des algorithmes et de l’ennui des analystes. Sous le milliard d’euros de capitalisation, la cotation devient un luxe bureaucratique. Le marché adore les géants, méprise les artisans. Et les régulateurs ? Ils pondent des rapports de 200 pages pour expliquer pourquoi personne ne lit les rapports.

Le capitalisme local en voie d’extinction

La Bourse n’a plus de terroir. Les grandes valeurs mondiales dictent la tendance, pendant que les PME locales meurent d’indifférence. Pierre-Yves Gauthier, toujours lui, rêve d’un “service public de la cotation”, d’un soutien institutionnel aux petites capitalisations. En France, les assureurs pourraient jouer ce rôle. Mais entre contraintes prudentielles et frilosité culturelle, ils préfèrent acheter de la dette plutôt que du risque. Résultat : le capitalisme français ressemble à un potager abandonné. Les racines existent, mais personne n’arrose.

IA : la panique était prématurée

On l’annonçait crevée, la bulle IA respire encore. Après deux jours de baisse, Nvidia et Palantir reprennent leur souffle. La prétendue “déroute” n’était qu’un rhume passager. La vérité, c’est que les investisseurs sont schizophrènes : ils veulent de la tech sans risque, du rendement sans vertige. Et quand le Nasdaq tousse, les prophètes de l’apocalypse financière sortent leurs violons. L’intelligence artificielle n’est pas en crise, elle digère simplement son excès de caféine boursière.

Immobilier : un bol d’air familial

Enfin une bonne nouvelle dans le béton : l’Assemblée a validé la donation défiscalisée jusqu’à 100 000 € pour l’achat ou la construction d’un logement, neuf ou ancien. De quoi relancer les jeunes ménages, étranglés par les taux. Charles Marinakis (Century 21) salue une mesure “qui redonne de l’oxygène au marché”. Mais le même Marinakis s’interroge : “Et cette future taxe sur la fortune improductive, c’est quoi exactement ?” Bonne question. En France, chaque souffle fiscal est vite suivi d’un soupir administratif.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce que ce qui se joue n’est pas anecdotique : le shutdown américain révèle une fragilité structurelle dans la gouvernance des États-Unis, ce qui influence directement les taux, le dollar et la confiance mondiale. L’Europe, elle, démontre qu’elle sait lever des impôts, mais pas forcément de la croissance — ce qui pèse sur ses actions et sur son immobilier. Et la Bourse, avec ses entreprises “zombies”, montre le fossé grandissant entre capital et réel. Pour vos placements, la leçon est simple : dans un monde où tout bloque — budgets, crédits, régulations — la liquidité reste reine… jusqu’à la panne suivante.

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