Les marchés ont retrouvé le sourire. Il faut dire qu’ils n’attendaient qu’une bonne excuse. Cette fois, elle est venue de Micron, dont les résultats spectaculaires rappellent une évidence : l’intelligence artificielle ne ralentit pas, elle continue d’engloutir toujours plus de puissance de calcul… et donc toujours plus de puces mémoire.

Comme si cela ne suffisait pas, le pétrole poursuit sa décrue et efface désormais toute la prime de risque liée au conflit iranien. Le décor redevient presque idéal. Presque seulement, car cet après-midi, l’inflation américaine pourrait rappeler aux investisseurs qu’en économie, la réalité aime parfois interrompre les plus belles histoires. Les marchés espèrent un nouveau chapitre euphorique. La Fed, elle, n’a toujours pas promis une fin heureuse.

Micron rallume l’étincelle

L’intelligence artificielle vient de recevoir une nouvelle démonstration de force. Les résultats publiés par Micron dépassent largement les attentes et confirment que la demande en mémoire explose. Hier encore considérées comme un simple composant parmi d’autres, ces puces sont devenues le passage obligé de toute l’industrie de l’IA.

En Bourse, la réaction ne s’est pas fait attendre. Les valeurs technologiques repartent de l’avant, les fabricants asiatiques s’envolent et Wall Street prépare déjà un rebond. Dans cette course mondiale à la puissance de calcul, celui qui vend les pelles gagne parfois davantage que ceux qui cherchent l’or. Les ruées vers l’or changent, mais les bons commerçants restent les mêmes.

Le pétrole redescend sur Terre

Il y a quelques jours, certains imaginaient déjà un baril à trois chiffres. Aujourd’hui, le Brent est revenu sous son niveau d’avant le conflit entre Israël et l’Iran. Comme souvent, les marchés sont passés du scénario catastrophe au scénario optimiste avec une vitesse qui ferait presque rougir les prévisions météo.

Cette baisse soulage plusieurs fronts à la fois. Les entreprises voient leurs coûts énergétiques diminuer, les consommateurs respirent un peu mieux et surtout les banques centrales récupèrent une marge de manœuvre précieuse. L’énergie reste le carburant de l’économie… mais aussi celui de l’inflation.

Le vrai rendez-vous arrive

Si les marchés respirent ce matin, ils retiendront probablement leur souffle à 14h30. Les chiffres de l’inflation PCE américaine seront publiés et ils comptent parmi les indicateurs préférés de la Réserve fédérale.

Pourquoi autant d’attention ? Parce que toute la mécanique des taux d’intérêt en dépend. Une inflation qui ralentit offrirait davantage de liberté à la Fed. Une inflation qui surprendrait à la hausse repousserait les espoirs d’un assouplissement monétaire. Les investisseurs adorent les bonnes nouvelles… mais ils détestent les mauvaises surprises encore davantage.

Les taux restent le juge de paix

Depuis plusieurs mois, la Bourse avance sur une ligne de crête. D’un côté, une économie américaine qui résiste remarquablement. De l’autre, des taux d’intérêt qui restent élevés pour éviter une nouvelle flambée des prix.

Les investisseurs rêvent toujours d’un argent moins cher. C’est un peu comme attendre les soldes avant d’acheter : tout le monde sait que ce sera plus intéressant… mais personne ne connaît la date exacte. Tant que les taux restent élevés, les marchés devront continuer à composer avec cette réalité.

L’IA ne connaît toujours pas la crise

Chaque publication de résultats confirme la même tendance : les investissements dans l’intelligence artificielle continuent d’accélérer. Les géants de la technologie dépensent des dizaines de milliards pour construire des centres de données toujours plus puissants.

Cette dynamique dépasse désormais largement les seuls fabricants de logiciels. Les producteurs de puces, de mémoire, d’électricité, de réseaux et même certains acteurs des infrastructures profitent de cette vague. Une révolution industrielle finit toujours par créer ses gagnants. La difficulté consiste simplement à distinguer ceux qui bâtissent réellement l’avenir de ceux qui vendent surtout du rêve.

Les marchés aiment les scénarios simples

Le scénario préféré des investisseurs tient aujourd’hui en trois lignes : une IA qui continue de croître, un pétrole qui baisse et une inflation qui ralentit. Si ces trois ingrédients restent réunis, la hausse pourrait encore trouver du carburant.

Le problème, c’est que les marchés adorent simplifier un monde qui ne l’est jamais vraiment. Géopolitique, dette publique, croissance mondiale ou élections peuvent rapidement remettre un peu de désordre dans cette équation presque parfaite. En finance comme dans la vie, les scénarios trop parfaits méritent toujours une petite dose de méfiance.

Le vrai débat sur l’IA

Le Wall Street Journal a demandé à seize économistes de renom si l’IA allait enrichir les travailleurs ou les remplacer.

Sur un point, tout le monde est d’accord : la productivité va exploser.

Sur l’emploi, le consensus disparaît immédiatement.

Certains pensent que de nouveaux métiers émergeront comme lors des précédentes révolutions industrielles. D’autres considèrent que cette fois-ci la machine concurrence directement certaines capacités humaines.

La réalité est probablement entre les deux.

Nous sommes dans une période de transition où l’impact complet n’est pas encore visible. Comme Internet au début des années 2000, tout le monde comprend que quelque chose change profondément, mais personne ne sait exactement à quelle vitesse.

Une certitude demeure : le monde de demain ressemblera beaucoup moins à celui d’hier qu’on ne l’imagine aujourd’hui.

L’Europe en ordre dispersé

Les Bourses européennes ont encore montré qu’il ne fallait jamais parler de « marché européen » au singulier. Hier, le CAC 40 a progressé grâce aux valeurs cycliques. Avec un pétrole qui recule, les investisseurs se sont remis à réserver des billets d’avion, des nuits d’hôtel et, tant qu’à faire, quelques sacs de luxe. Air France, Safran, Accor, L’Oréal, Hermès ou encore Pernod Ricard ont profité de ce retour d’optimisme.

Pendant ce temps, le DAX allemand est resté à quai. La faute à Rheinmetall, qui a chuté lourdement après l’abandon d’un programme de frégates par la marine allemande. Comme quoi, même en Bourse, un seul passager peut parfois faire dérailler tout le train.

La Corée rêve de Wall Street

Les résultats de Micron n’ont pas seulement rassuré les investisseurs américains. En Asie, Samsung Electronics et surtout SK Hynix se sont envolés, preuve que la course mondiale aux puces mémoire est loin d’être terminée.

SK Hynix entend d’ailleurs profiter de cette euphorie jusqu’au bout. Le groupe envisage une cotation aux États-Unis dès cet été afin de séduire directement les investisseurs américains, toujours prêts à payer une prime pour tout ce qui touche à l’intelligence artificielle. Quand la fête bat son plein, certains cherchent une place à table… d’autres achètent carrément le restaurant.

Jeanbrun assouplit les règles (Déjà !)

Le gouvernement veut redonner un peu d’oxygène à l’investissement locatif dans l’ancien. Le projet de loi Relance Logement, porté par le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, prévoit d’assouplir le dispositif fiscal qui porte son nom. L’objectif est simple : attirer davantage d’investisseurs sur un marché qui peine à retrouver des couleurs.

Concrètement, le seuil minimal de travaux passerait de 30 % à 20 % de la valeur du bien, un logement rénové classé D au diagnostic énergétique deviendrait éligible – contre A ou B auparavant – et les maisons individuelles entreraient enfin dans le dispositif. Les avantages fiscaux, eux, resteraient inchangés. L’idée est de rendre le mécanisme plus accessible sans en augmenter le coût budgétaire.

Pour les investisseurs, le signal est intéressant. Après plusieurs années de contraintes réglementaires et de durcissement fiscal, l’État reconnaît implicitement qu’il faut remettre des propriétaires privés sur le terrain. La crise du logement ne se résoudra sans doute pas uniquement avec des aides publiques. Encore faut-il que l’investissement locatif redevienne… un investissement.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce que cette journée illustre parfaitement ce qui fait avancer les marchés depuis plusieurs mois. Les bénéfices des entreprises restent le moteur de long terme, mais les taux d’intérêt déterminent toujours la vitesse du véhicule. Une entreprise exceptionnelle peut voir son cours grimper très vite. À l’inverse, une inflation persistante peut ralentir l’ensemble de la Bourse, même lorsque les résultats sont excellents.

L’autre enseignement est plus profond. L’intelligence artificielle continue de transformer l’économie réelle bien au-delà des seuls géants américains. Les infrastructures numériques, les semi-conducteurs, l’énergie ou encore les réseaux deviennent progressivement les nouvelles autoroutes de la croissance mondiale. Derrière le bruit quotidien des marchés, ces tendances de fond restent souvent les plus importantes.

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