Les marchés aiment les bonnes histoires. Et en ce début d’été, ils ont retrouvé leur roman préféré : un pétrole qui recule, des taux qui pourraient enfin baisser et une intelligence artificielle qui continue de faire tourner les têtes.

Résultat, le CAC 40 repasse au-dessus des 8.500 points pendant que l’Europe enchaîne les records. Même Wall Street semble avoir retrouvé son calme, malgré une petite pause bien méritée pour la fête nationale américaine.

Bref, les investisseurs préparent les valises avec le sourire. Mais avant de partir bronzer, il reste un examen de passage : les résultats des entreprises. Car entre les promesses et les bénéfices, il y a parfois autant de distance qu’entre le programme électoral et le budget de l’État.

Le CAC retrouve son souffle

Le CAC 40 a enfin retrouvé les 8.500 points, terminant la semaine à 8.508 points après un gain hebdomadaire de près de 1,5 %.

Ce retour s’est fait dans une ambiance estivale, avec des volumes d’échanges particulièrement faibles en raison de la fermeture de Wall Street. Mais les investisseurs ont préféré retenir le message plutôt que le manque de participants. Les statistiques américaines sur l’emploi ont conforté l’idée que la Réserve fédérale n’a plus beaucoup de raisons de durcir sa politique monétaire.

En Bourse, il suffit parfois d’un peu moins de mauvaises nouvelles pour fabriquer beaucoup d’optimisme. Les vacances commencent décidément plus tôt pour certains.

Le pétrole change de visage

Il y a encore quelques semaines, certains annonçaient un baril à des sommets à cause des tensions au Moyen-Orient.

Aujourd’hui, le discours a complètement changé. Les articles se multiplient désormais sur un possible excès d’offre mondiale, renforcé par la décision de l’OPEP d’augmenter sa production.

Le pétrole est ainsi revenu à ses niveaux d’avant les tensions géopolitiques. Comme souvent, les marchés regardent déjà le prochain chapitre alors que beaucoup commentent encore le précédent. En Bourse, le rétroviseur sert rarement à accélérer.

Les banques centrales respirent

La baisse des tensions sur l’énergie et des statistiques économiques plus équilibrées alimentent une conviction qui prend de l’ampleur : les banques centrales arrivent au bout de leur cycle de resserrement monétaire.

Des deux côtés de l’Atlantique, les arguments en faveur de nouvelles hausses de taux s’amenuisent.

Les investisseurs commencent même à regarder les prochaines baisses avec davantage d’intérêt. Après deux ans de médecine plutôt amère, le patient espère enfin voir arriver le dessert.

L’IA doit maintenant convaincre

Jusqu’ici, l’intelligence artificielle a porté les marchés presque à elle seule. Les investissements ont été gigantesques, les valorisations aussi. Désormais, les investisseurs veulent des preuves.

La prochaine saison des résultats sera déterminante pour les grandes valeurs technologiques. La question n’est plus de savoir si l’IA transformera l’économie. Elle est de savoir à quelle vitesse ces milliards investis se transformeront en bénéfices.

En finance, les promesses font monter les cours… mais seuls les résultats les maintiennent en altitude.

Des marchés en mode attente

La semaine s’annonce relativement calme. Quelques publications d’entreprises comme Pepsi, Costco ou Delta Air Lines serviront d’échauffement avant les grandes banques américaines la semaine suivante.

Les investisseurs attendent également le compte rendu de la dernière réunion de la Fed, sans forcément espérer de révélation majeure. Après des mois de montagnes russes, les marchés semblent apprécier une chose devenue presque rare : le calme.

Même les traders ont parfois droit à une semaine sans café supplémentaire.

L’Europe en pleine forme

Les indices européens continuent d’impressionner. Le Stoxx 600 vient d’inscrire un nouveau record historique.

L’Allemagne, la Suisse, la Belgique ou encore l’Espagne évoluent elles aussi sur leurs plus hauts. La France reste légèrement en retrait, mais le CAC 40 n’est plus très loin de ses sommets historiques.

L’Europe, souvent considérée comme le mauvais élève des marchés mondiaux, montre qu’elle sait parfois surprendre. Comme quoi, il ne faut jamais enterrer un vieux continent avant la clôture.

Wall Street change de moteur

Aux États-Unis, le paysage évolue légèrement. Après un deuxième trimestre exceptionnel pour les valeurs technologiques et les semi-conducteurs, les investisseurs commencent à diversifier leurs paris.

Le Nasdaq et le S&P 500 marquent une pause tandis que le Dow Jones poursuit discrètement son ascension vers de nouveaux records. C’est un changement intéressant : la hausse devient moins concentrée et davantage répartie entre différents secteurs.

Une équipe gagne souvent mieux quand elle ne dépend plus d’un seul attaquant.

Le déficit revient au centre du jeu

Pendant que les marchés regardent les bénéfices des entreprises, le gouvernement regarde surtout les déficits publics.

Le Medef a proposé un plan visant à économiser 100 milliards d’euros d’ici 2030 : report de l’âge de la retraite à 65 ans, maîtrise des dépenses sociales, réduction des coûts administratifs et réforme du financement de la protection sociale. Des mesures politiquement explosives, mais accueillies avec une bienveillance inhabituelle par Bercy.

Entre les bonnes intentions et leur adoption, il reste toutefois un obstacle de taille : la réalité politique. Et elle, contrairement aux marchés, ne monte pas tous les jours.

Pourquoi c’est important pour vos placements ?

Parce que les marchés commencent à aligner plusieurs bonnes nouvelles en même temps : un pétrole qui recule, des banques centrales moins agressives, une croissance des bénéfices toujours solide et une géopolitique qui inquiète moins qu’il y a quelques semaines. Ce cocktail explique largement les records observés sur de nombreux indices.

Mais l’euphorie devra rapidement passer l’épreuve des faits. Les prochaines publications trimestrielles diront si les entreprises gagnent réellement autant d’argent que les marchés l’espèrent. Lorsque les attentes deviennent très élevées, il ne suffit plus d’être bon : il faut être excellent. En Bourse comme au baccalauréat, tout le monde révise mieux quand les résultats approchent.

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