Géopolitique et bourse : beaucoup de bruit pour pas grand-chose

 

Marquée par le risque géopolitique, la séance boursière d’hier s’est déroulée presque comme prévu. Les traders et les fonds spéculatifs ont acheté des calls sur le VIX et se sont repliés sur les valeurs refuge (or, dollar et franc suisse) afin de se protéger. Le pétrole et le gaz ont flambé. Seule exception, le yen japonais, qui bénéficie habituellement pleinement de ces épisodes de hausse du risque géopolitique était en baisse de 0,02% face à l’euro et de 0,75% face au dollar*. La devise nippone était pénalisée par le report de la hausse des taux par la Banque du Japon, un temps espéré en mars ou avril.

 

Détroit d’Ormuz, pétrole, VIX : pourquoi la bourse ne panique pas

 

 

Est-ce que les tensions boursières vont perdurer ?

 

Point positif, elles sont contenues. Les bourses européennes ont clôturé en baisse. Mais les indices américains ont résisté et l’indice principal de la bourse de Tel Aviv, le TA-35, a bondi de 4,6% lundi. Cela permet de relativiser la panique. Les investisseurs semblent croire que nous sommes face à une répétition de la guerre des 12 jours de juin 2025 : beaucoup de tension militaire mais un effet économique marginal. Nous sommes aussi de cet avis. Le serpent de mer du blocus du détroit d’Ormuz, qui agite les esprits à chaque fois que les tensions au Moyen-Orient ressurgissent, est un faux problème. La probabilité que cela arrive est nulle. C’est techniquement compliqué – distance de 31 km. Par ailleurs, ce n’est pas dans l’intérêt de l’Iran car cela va surtout agacer la Chine, son principal client, qui est dépendante de cette voie de passage pour les hydrocarbures. Tout au plus, les gardiens de la révolution peuvent tenter de brouiller les signaux GPS et GNSS (navigation par satellite) dans la zone, avec un succès limité.

Supposons – on ne sait pas par quel moyen – que l’Iran parvienne toutefois à bloquer cette voie de passage maritime. Faut-il craindre que 20% du pétrole mondial soit coupé du marché ? Pas du tout. Des alternatives existent pour acheminer le pétrole, notamment l’oléoduc Est-Ouest de l’Arabie Saoudite, long de 1200 km, qui relie les champs pétroliers de la province orientale au port de Yanbu sur la mer Rouge. Environ 500,000 barils par jour y transitent actuellement – soit dix fois moins que sa capacité totale. Par conséquent, nul besoin de passer par le détroit en cas de blocage.

Le vrai problème, ce n’est pas le transport des hydrocarbures mais celui de l’urée, un engrais azoté essentiel pour l’agriculture qui est, en revanche, très dépendant de cette voie de passage. Un blocus serait une épine dans le pied des pays agricoles de la région, en particulier l’Egypte. Pas suffisant, toutefois, pour susciter une crise économique mondiale.

 

 

Plus de peur que de mal

 

Lorsque la géopolitique revient sur le devant de la scène, faire le dos rond est certainement la stratégie la plus sage en bourse.

L’étude de référence de Guidolin et La Ferrara, publiée en 2010, analyse 28 conflits internationaux et leur impact sur l’indice boursier MSCI World. C’est sans appel. Deux ont provoqué une réaction négative importante des actions tandis que trois, dont la guerre en Irak en 2003, ont entraîné une hausse des actions. Dans une large majorité des cas, les conflits militaires ont eu un effet proche de zéro sur les actions. Cela vaut aussi pour les matières premières et les devises. Après une phase de forte volatilité, les prix ont tendance à revenir rapidement à la moyenne. C’est ce qu’on a par exemple constaté avec le pétrole lors de la guerre des 12 jours. Les prix avaient bondi de 15%, avant de retomber rapidement à leurs niveaux d’avant-conflit une fois les hostilités terminées. Ce sera certainement pareil cette fois. Nous pouvons tous pousser un grand ouf de soulagement.

*Source : Boursorama, 02 mars 2026

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