Baisse des marchés et Covid-19

L’actualité de la semaine fut pour le moins anxiogène, avec une brusque aggravation de la propagation du coronavirus dans le monde entier. Des foyers d’infection sont désormais identifiés sur tous les continents.

En Europe, le gouvernement italien a pris des mesures radicales : des dizaines de villes du nord du pays sont confinées et de nombreux lieux publics fermés.

La perspective de voir de telles mesures s’étendre dans le monde et notamment en Europe pourrait avoir des impacts macro et micro économiques plus forts que prévus.

 

 

 

Détérioration des marchés

 

Les marchés se sont brutalement détériorés cette semaine, effaçant en quelques jours une partie de la performance enregistrée depuis fin 2019. La chute a été particulièrement prononcée sur les actions, mais s’est également étendue à certains segments du crédit.

L’extension du coronavirus hors de Chine, notamment en Europe, a servi de catalyste alors même que la situation semble se stabiliser en Chine et que les marchés avaient rapidement effacé les premières inquiétudes fin janvier.

 

Il y a des bonnes nouvelles

 

 » La bonne nouvelle est que le coronavirus est bénin dans 80% des cas. Le NY Times consacrait jeudi 27 février un article à la plus grande étude sur les cas d’infection. Publiée par le Chinese Center for Disease Control and Prevention, voilà ce qu’elle conclut : sur les 44 672 cas de coronavirus confirmés en Chine (à la date du 11/02) : 81% étaient bénins, 14% étaient graves (pneumonie, insuffisance respiratoire,) et 5% critiques (arrêt respiratoire, défaillance de plusieurs organes, choc septique). Le taux de mortalité s’établissant à 2,3% (grippe saisonnière = 0,1%).

En clair même en cas d’infection, vous avez plus de 80% de chances ne pas souffrir plus du coronavirus que d’un rhume. C’est la bonne nouvelle … et c’est aussi la mauvaise.

Car, comme le pointe le New England Journal of Medecine, les malades atteints de la forme bénigne n’identifient pas leur infection et ne modifient pas leur comportement. La très grande majorité des porteurs du virus deviennent ainsi des contaminateurs en puissance rendant le contrôle de l’épidémie bien plus difficile que dans le cas de virus plus dangereux.

En résumé : ça a toute les chances de ne pas être grave… mais il n’est pas évident qu’on passe au travers. »

 

 

 

Cette forte baisse est probablement une correction et non le début d’une tendance baissière.

 

Si l’impact définitif du virus est encore incertain, son extension et sa gravité restent limitées semble-t’il. Jusqu’ici, les données économiques pointaient vers une amélioration des perspectives de croissance et la réaction de politique économique est forte, notamment en Chine.

Les banques centrales et les gouvernements en Europe et aux Etats-Unis restent alertes et prêts à soutenir leur économie par la politique monétaire et budgétaire.

Il est à noter que les marchés étaient mûrs pour une correction après une progression très rapide depuis octobre 2019.

La correction intervient cette semaine sur des segments de marché où les valorisations étaient devenues élevées et le positionnement spéculatif très fort.

Par ailleurs, les investisseurs systématiques et contraints en risque ont amplifié le mouvement après une séquence marquée par une certaine complaisance. Ces ventes forcées se reflètent dans une corrélation entre actifs très forte ces derniers jours. Il est aussi notable que les actifs très exposés à la croissance mais délaissés par les investisseurs ces derniers mois, comme les actions émergentes ou le cuivre, ont peu souffert en relatif cette semaine.

 

Des opportunités d’acheter bas

 

Ainsi, on note que le « grand nettoyage de printemps » se fait dans les fonds, et que la baisse n’est pas liée en totalité au Covid-19. Il a été un déclencheur. Les gérants profitent de cette baisse pour sortir certains titres des portefeuilles et commencer à réaliser des achats sur les valeurs dégradées. D’autre part, il n’existe quasiment pas d’alternatives aux obligation et actions, tant l’or est haut et les fonds en euros refusés par les acteurs en raison des taux négatifs.

En conséquence, on rentre dans des zones d’exagération sur les marchés. Néanmoins, le manque de lisibilité fait que la baisse peut encore s’amplifier.
Toutefois, on imagine un rebond puissant à la moindre bonne nouvelle sur l’épidémie. On devine que le marché rebondira certainement grâce à des leviers importants liés aux achats de titres sous-évalués.

 

 

 

Le positionnement des principaux gérants par Laurent Denize, Global co-CIO ODDO BHF Asset Management

 

 « – Disons tout d’abord que nous avions accueilli avec prudence la bienveillance des marchés devant les probables impacts économiques de l’épidémie, sous deux axes : 

– La demande : la Chine est le premier marché mondial des semi-conducteurs ; elle représente 30% du marché du luxe … 

– L’offre : pour beaucoup d’industriels européens ou américains, les usines de fabrication sont en Chine… 

Depuis plusieurs semaines nous avions adopté un positionnement défensif dans nos portefeuilles de gestion diversifiée et de crédit. Ainsi l’exposition actions sur les fonds équilibrés avait baissé de 5% environ et les betas des portefeuilles obligataires ont été réduits. Nous maintenons cette vue défensive sans pour autant la renforcer. 

Le repli d’hier (24/02) permet, selon nous, au marché de retrouver un peu d’air après la période récente. Nous pensons qu’il ne faut pas céder pour le moment à la panique. 

1. Premièrement, hors coronavirus, l’affermissement de l’économie mondiale se met en place avec des PMI qui reprennent le chemin de la hausse. 

2. Deuxièmement, les sociétés se disaient en majorité en capacité d’absorber ce choc temporaire et laissaient espérer un rebond au deuxième trimestre effaçant quasiment les premiers mois de 2020. 

3. Troisièmement, les banques centrales ont continué de porter un message accommodant et laissé entrevoir de nouvelles mesures de soutien, sans parler de la banque centrale de la Chine, la PBOC, déjà à la manoeuvre. 

4. Quatrièmement, les marchés avaient déjà pris en compte en partie les impacts sectoriels en sanctionnant les secteurs des voyages, des ressources de base ou de l’automobile et en favorisant les secteurs défensifs tels que l’immobilier, les telecoms ou les services publics avec des disparités de performances importantes (Services publics en hausse de 17.6% au 24 février depuis le début de l’année, secteur automobile en baisse de 7.6%). 

 

Les actions gardent tous leurs attraits

 

Bref, les primes de risque atteignent aujourd’hui de nouveaux plus hauts. Certes les résultats vont certainement être revus à la baisse mais en termes relatifs les actions gardent tous leurs attraits. 

En un mot, même si nous avons du mal à voir un retournement positif sur le très court terme, il nous semble encore trop tôt pour vendre des actifs qui recèlent, selon nous, encore de la valeur.

Attention cependant aux marchés de crédit et notamment les obligations spéculatives à haut rendement. Il faudra surveiller les flux qui seront l’indicateur central de risque. La hausse de la volatilité et de la corrélation nous incitent également à la prudence. Un tel choc a souvent des réminiscences. Bien évidemment des mesures de confinement élargies et durables remettraient en cause ce scenario. En attendant gardons la tête froide. »

 

En conclusion

 

En conclusion, nous assistons à une correction et non à un krach. Et cette situation présentera comme à chaque évènement de ce type, de belles opportunités sur les marchés. Mais il est important de ne pas céder à un effet de panique ou à un effet moutonnier.

 

Sources : 

TTSO - Silex Flash - Oddo BHF

 

Pour en savoir plus

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