Où se cacher ?

 

La conjoncture économique est déprimante. Dans la grande majorité des pays développés, les indicateurs sont mauvais. Mais ce qui est certainement le plus frappant, c’est le changement de discours de la part des entreprises. Au début de l’été, elles étaient prudemment optimistes pour l’avenir. Ce n’est désormais plus le cas. Elles nous préparent à un monde de croissance faible, marqué par une inflation certainement plus élevée qu’avant la période Covid. C’est le scénario de la stagflation qui se précise. Il y a encore peu de temps, les États-Unis faisaient office d’îlot de prospérité. C’est un peu moins vrai dorénavant. Les enquêtes sectorielles, qui permettent d’avoir un instantané de l’économie, pointent vers une baisse de la consommation de services. C’est un problème quand on sait que cela représente environ 70% de l’activité économique du pays. En cause : une détérioration naissante du marché du travail et surtout des taux d’intérêt qui sont anormalement élevés.

 

L'édito Centaure Investissements par Christopher Dembik

Vers un monde de croissance faible

 

 

Pendant longtemps, beaucoup d’économistes ont espéré que la Chine pourrait redonner du souffle à l’économie mondiale. Ce n’est pas ce qui se produit. La situation sur place est vraisemblablement moins mauvaise qu’on ne l’entend dans les médias. Il faut savoir faire preuve de nuance. Le marché immobilier est toujours en berne, sans surprise. Toutefois, il y a quelques signaux faibles positifs.

Afin de compenser en partie les difficultés du secteur de l’immobilier, le gouvernement chinois a réussi à canaliser au cours des derniers mois le crédit vers le secteur manufacturier. Cela permet de soutenir un peu la croissance. Ce n’est néanmoins pas suffisant. Tant que la confiance des ménages ne sera pas restaurée, il n’y aura pas de croissance plus forte en Chine. Vous l’avez compris, contrairement aux précédentes périodes de crise, il n’y a pas de relais de croissance évident.

Les banques centrales ne jouent plus ce rôle. La Chine non plus. On pourrait donc être tenté de rester à l’écart du marché actions dans ces circonstances économiques défavorables. Ce serait une erreur.

 

Des poches de résilience

 

Il y a des poches de résilience (c’est le mot de ce mois d’octobre au regard des derniers évènements géopolitiques). Deux segments de marché tirent leur épingle du jeu : les actions « value » et les actions liées au secteur de l’énergie.

Les actions « value »sont des actions qui sont sous-valorisées par le marché mais qui peuvent offrir un potentiel de revalorisation significatif. En règle générale, on retrouve les valeurs « value » dans certains secteurs économiques spécifiques, comme l’énergie, le gaz, les télécoms et les services aux collectivités locales. Elles ont pour spécificité d’afficher un rendement en général intéressant en période de forte inflation et de hausse du loyer de l’argent.

Parmi les secteurs évoqués, c’est l’énergie qui, pour l’instant, suscite l’intérêt des épargnants. Ce secteur connaît une belle remontée depuis plusieurs mois en raison de la flambée des cours du baril de pétrole. Le niveau de valorisation est attrayant puisque le ratio cours/bénéfice est de seulement 10x. Seul le secteur financier et bancaire affiche un ratio plus faible. Mais nous restons à l’écart, principalement en raison des contraintes réglementaires qui pèsent sur la vitalité des banques. Si on considère qu’à court terme le baril de pétrole devrait encore rester élevé, on peut parier que le secteur énergétique va encore continuer de bien performer.

 

Le pays du Soleil-Levant

 

Le Japon constitue également une autre poche de résilience en bourse, bien que ce soit méconnu (Cf le fonds Oddo BHF Actions Japon GC-EUR – FR0011603844). Pour beaucoup d’épargnants, la distance géographique, la barrière de la langue (il est souvent difficile d’avoir des informations en anglais sur les entreprises japonaises) et les différences culturelles font que l’intérêt est généralement faible. Ce n’était pas un problème jusqu’à récemment puisque le marché boursier japonais n’était pas particulièrement attrayant. Depuis le début d’année, les choses changent.

Le Japon est la zone géographique qui affiche l’une des meilleures performances boursières. La bonne nouvelle, c’est que cela devrait continuer. Les analystes prévoient en moyenne une progression de 10% par an au cours des cinq prochaines années des actions japonaises – ce qui est nettement plus que les anticipations pour les actions américaines et, cela va sans dire, les actions européennes.

Cela s’explique par trois facteurs principaux : (1) des perspectives de croissance économiques solides avec une hausse du PIB de 1,5% prévue l’an prochain, (2) la bonne santé des entreprises de l’archipel qui bénéficient d’une trésorerie importante avec un ratio trésorerie/chiffre d’affaires qui est à son plus haut niveau depuis un demi-siècle et (3) le bond attendu de la consommation des ménages japonais qui est soutenue par l’augmentation des salaires et un niveau d’épargne à un point haut de 22 ans. C’est un cocktail idéal pour favoriser une bonne performance du marché actions japonais sur la durée.

 

Le Japon constitue une pépite boursière

 

Beaucoup d’analystes considèrent que le Japon constitue la pépite boursière du moment en offrant une performance proche des actions émergentes en dollars sans la volatilité et le risque élevé qui y sont généralement associés.

C’est désormais incontournable dans un portefeuille actions. Détenir des actions japonaises (soit en direct soit via un fond) permet de diversifier intelligemment son portefeuille en s’exposant à une zone géographique qui a l’avantage d’être peu soumise au risque géopolitique. Quelle est l’exposition idéale ? Cela dépend toujours du profil de l’épargnant mais la règle est que cela ne doit pas dépasser 10-15% de l’exposition totale. Qu’en est-il du risque de taux de change ?

Après une longue période de faiblesse, le yen japonais devrait se raffermir à partir de la fin d’année. Ce n’est pas nécessairement négatif pour les actions japonaises. En effet, la contribution des exportations au PIB ne représente que 20% – c’est beaucoup moins que ce qu’on croit couramment pour le Japon. Le taux de change, qu’il évolue à la hausse ou à la baisse d’ailleurs, ne devrait donc pas fondamentalement impacter la trajectoire haussière des actions.

Comme vous le voyez, même en période de morosité économique et d’incertitude élevée, il y a toujours des endroits où se cacher en bourse. Le plus important, c’est d’être sélectif et de se tourner vers des experts. Il est certainement plus avisé de se positionner sur les marchés actions japonais via des fonds plutôt que via des actions en direct, par exemple.

 

 

Vers un monde de croissance faible

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