Vous connaissez certainement ce conte popularisé par les frères Grimm au 18ème siècle. Dans sa version la plus répandue, une jeune fille aux cheveux blonds (« Boucle d’or ») entre dans une maison habitée par une famille de trois ours qui se sont absentés. Elle va alors goûter les trois bols de porridge, préférant celui de l’ourson, ni trop chaud comme celui du père, ni trop froid comme celui de la mère.

En économie, le scénario « boucle d’or » fait référence à une situation optimale où la croissance est modeste, mais bien réelle, et l’inflation modérée. Le tout, sans récession évidemment. C’est désormais ce scénario qui domine sur les marchés financiers après la publication de l’inflation aux États-Unis. En octobre, l’indice des prix à la consommation (la mesure la plus surveillée de l’inflation) a de nouveau reculé à 3,20% contre un pic à 9,1% en juin 2022. En variation mensuelle, la variation des prix est même nulle !

L’économie américaine renoue avec son niveau d’inflation moyen de longue durée qui est à 3,30% sur la période allant de 1914 à 2023. L’énergie, les soins médicaux et les ventes automobiles sont les segments qui affichent le repli le plus important. Seuls les transports et les loyers sont à un niveau supérieur à celui de juin 2022. Le schéma est identique en zone euro où l’inflation reflue aussi, certes moins rapidement. Il y a également des poches de tension qui subsistent, dans l’alimentation en particulier. Mais la désinflation est bien là et rien ne semble en mesure de l’arrêter.

Le pic d’inflation est définitivement derrière nous. C’est une bonne nouvelle.

L'édito Centaure Investissements par Christopher Dembik

Economie scénario boucle d’or​

 

Un scénario boursier idéal

Le scénario « boucle d’or » est idéal pour les marchés financiers. C’est en général propice à une remontée des indices boursiers. Cela tombe bien puisque nous approchons de la fin d’année. Qui dit fin d’année, dit rallye de fin d’année. L’indice boursier parisien CAC 40 en a bien besoin. Même s’il est dans le vert en variation annuelle, il est très nettement en retard par rapport à la bourse américaine qui est portée à la fois par les grandes valeurs technologiques (Amazon, Google, Tesla etc.) et les flux de capitaux entrants qui viennent se recycler des pays émergents vers les États-Unis.

Historiquement, le mois de décembre est propice à un rallye de fin d’année. Toutes les études montrent que c’est le meilleur mois de l’année en bourse. Outre-Atlantique, entre 1990 et 2021, l’indice principal Dow Jones a fini en territoire positif à vingt-cinq reprises en décembre sur trente et un ans. C’est un bel exploit. L’amplitude de la hausse est, en revanche, très fluctuante.

A dix reprises, l’indice boursier a connu une hausse significative comprise entre 2,5% et 10%. On retient également que si le mois de décembre est mauvais, en général, l’année boursière qui va suivre risque d’être morose. Bien sûr, rien ne garantit que cela se produise de nouveau. Il s’agit uniquement de probabilités. En l’état actuel des marchés financiers, personne ne peut savoir avec précision ce qui va arriver en bourse dans les semaines à venir. En revanche, on aurait tort d’être complètement à l’écart des actions. Ceux qui l’ont été en début d’année, et ils ont été nombreux, ont raté le rallye boursier de janvier-février alimenté par la fin de la politique zéro Covid en Chine et les espoirs de relance de la demande que cela avait initié.

Valeurs de croissance vs valeurs de qualité

Mais sur quelles valeurs faut-il se porter ? Un marché boursier en mode « boucle d’or » est traditionnellement propice aux valeurs de croissance – ces entreprises cotées dont le chiffre d’affaires et les bénéfices croissent plus rapidement que la moyenne du marché. Ce type d’actions est souvent caractérisé par un taux de distribution des dividendes faible ou inexistant. C’est vraiment cette notion de rendement qui prime pour détecter les valeurs de croissance.

Parmi les valeurs de croissance, on peut citer Essilor, Carrefour, LVMH, Apple…et à une époque pas si lointaine Orpéa. Mais voilà, on ne peut pas faire complètement abstraction du risque géopolitique qui est toujours en arrière-plan et qui peut entraîner des répercussions importantes sur la conjoncture. Dans ce contexte on aura tendance à plutôt privilégier les valeurs de qualité (qui peuvent, au passage, être des valeurs de croissance également). Il s’agit d’entreprises cotées qui ont un faible endettement, beaucoup de trésorerie et globalement des fondamentaux solides.

Au niveau sectoriel, on en trouve beaucoup dans le luxe, par exemple. LVMH est le parfait exemple d’une société qui est à la fois une valeur de qualité et une valeur de croissance. Le luxe comporte fondamentalement quatre avantages principaux pour un épargnant : de la trésorerie en abondance (1) qui peut être utilisée pour des opérations de fusion-acquisition (2), une agilité à se développer sur de nouveaux supports de vente comme le numérique (3) et une capacité à capter de la croissance dans les zones géographiques où il y en a (4).

 

Investir sur les valeurs de qualité

 

De notre point de vue, investir sur les valeurs de qualité (notamment dans le luxe) est certainement un biais d’investissement plus pertinent à court terme, juste au cas où…l’économie ne serait pas aussi résiliente qu’on le croit ou que les taux longs sur le marché obligataire flambent de nouveau. C’est en quelque sorte une assurance tout risque à avoir dans son portefeuille d’investissement actuellement.

A côté de cela, il convient évidemment d’avoir du monétaire (comptes à terme) et de l’obligataire (plutôt des obligations de bonne qualité – donc investment grade – et de maturité comprise entre 1 et 3 ans, selon nous). On pourra toujours arbitrer par la suite pour savoir s’il est opportun d’intégrer des maturités obligataires plus longues (jusqu’à 10 ans).

A défaut de savoir s’il y aura avec certitude un rallye boursier de fin d’année, ce qui est certain, c’est qu’il faut absolument diversifier ses investissements et ne pas avoir une classe d’actifs dominante (en ce moment, ce sont souvent les obligations qui sont surpondérées dans les portefeuilles). C’est un choix erroné qui conduit généralement à une sous-performance de son investissement total.

On peut également, même si nous ne l’avons pas évoqué en détail ici, s’interroger sur l’opportunité du private equity (avec la baisse importante des valorisations des start-ups et des sociétés innovantes) et sur l’immobilier (qui pourrait redémarrer lentement l’an prochain une fois que les taux d’emprunt se seront stabilisés).

 

Economie scénario boucle d’or

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