LA GRANDE ÉROSION L’édito de Christopher DEMBIK

Mon ami Wilfried Galant, stratégiste chez Montpensier Finance, a été le premier à évoquer « La Grande Érosion » pour qualifier la période dans laquelle nous entrons. Beaucoup d’économistes parlent de stagflation en référence à la faible croissance accompagnée d’une forte hausse généralisée des prix dans les années 1970.

C’est erroné. Il y a au moins deux différences majeures par rapport à cette période :

1) la hausse actuelle du prix des matières premières est sans commune mesure avec l’impact du choc pétrolier de 1973. Le choc d’inflation était d’un peu plus de 5 points en 1974. Il sera inférieur dans le cas présent, probablement compris entre 1 et 2 points ;

2) il n’y a pas de nos jours de boucle prix-salaires dans la plupart des pays de la zone euro, à part dans quelques secteurs en tension (comme l’informatique ou les métiers manuels, par exemple).

C’est le principal point de divergence. Dans les années 1970, les salaires étaient indexés à l’inflation. Ce n’est plus le cas, sauf à Chypre, Malte, au Luxembourg et en Belgique où l’indexation porte sur l’inflation hors prix de l’énergie et du tabac. Jusqu’à présent, les hausses de salaires qui ont été négociées collectivement dans les pays de la zone euro sont nettement inférieures à l’inflation. Le pouvoir n’a pas basculé du côté des travailleurs.

 

Faites une pause, c’est l’édito de Christopher Dembik !

L'édito de Christopher DEMBIK

 

Inflation durable en France

L’édito de Christopher DEMBIK

Le choc inflationniste lié à l’explosion des coûts (produits agricoles, énergie, transport maritime etc.) risque d’entraîner une grande érosion du pouvoir d’achat, des marges des entreprises et de la croissance. Dans son scénario pessimiste publié le 14 mars dernier, la Banque de France table sur une croissance de seulement 2,8 % cette année contre 3,4 % précédemment.

Il n’y aura pas d’embellie en 2024 : la croissance devrait osciller entre 1,3 % et 2,0 % en fonction de l’impact de la guerre en Ukraine. Dans le même temps, l’inflation va continuer d’accélérer. Elle a atteint 3,6 % sur un an en février – un point haut depuis 2008.

Ce n’est que le début. L’INSEE prévoit qu’elle va grimper à 4,3 % sur un an en mars. Jusqu’à présent, l’inflation était cantonnée à l’énergie (hausse de 47 % sur un an des prix du gaz, par exemple). Mais elle se diffuse aux autres pans de l’économie : progression de +6 % sur un an des prix des légumes frais, +10 % pour les poissons frais et +10 % pour le transport ferroviaire.

Nous allons devoir nous habituer à vivre dans un monde d’inflation plus élevée que lors de la dernière décennie. Il faut modifier la manière de gérer son épargne.

 

Adieu les livrets réglementés

L’édito de Christopher DEMBIK

L’écrasante majorité des ménages français possède un livret d’épargne réglementé – 55,7 millions sont titulaires d’un Livret A. L’encours net sur le Livret A est à un niveau record de 349,6 milliards d’euros. Même chose pour le Livret de développement durable et solidaire (476,5 milliards d’euros).

Pourtant, leur rémunération est dramatiquement basse, à 1 %. Si on considère les livrets réglementés comme un compte courant bis, pourquoi pas. En revanche, si on espère faire fructifier son épargne, c’est raté.  Avec le niveau d’inflation actuel, on perd de l’argent !

Le livret d’épargne populaire (LEP) fait figure d’exception, toutefois. Pour en souscrire un, il faut répondre à plusieurs critères :

1) être domicilié en France ;

2) le revenu fiscal de référence de 2021 ne doit pas dépasser 20 296 € pour un célibataire et 31 135 € pour un couple marié ou pacsé ;

3) un dépôt minimum de 30 € est nécessaire à l’ouverture. Le taux de rémunération du LEP est en principe égal à celui du Livret A majoré d’un demi-point.

Mais un mécanisme de garantie du pouvoir d’achat peut être actionné en cas de forte inflation. Il prévoit un complément d’intérêt. Ainsi, le taux du LEP est actuellement à 2,2 % au-lieu d’être fixé à 1,5 %. Si l’inflation reste durablement au-dessus de 3 %, on peut espérer qu’un nouvel ajustement à la hausse du taux de rémunération ait lieu dans l’année à venir.

Le LEP comporte deux autres avantages : les fonds sont immédiatement disponibles et les intérêts sont non-imposables. De mon point de vue, le LEP est un levier utile pour les ménages les moins aisés qui ne peuvent pas recourir à d’autres véhicules d’épargne pour contrer les pressions inflationnistes.

 

Les remparts contre l’inflation

L’édito de Christopher DEMBIK

L’histoire économique nous enseigne qu’il n’existe pas de solution miracle pour préserver son épargne voire, mieux, la faire fructifier lorsque les prix augmentent. Il y a toutefois quelques règles de bonne conduite financière à rappeler :

 

Les actions sont incontournables.

 

Le rendement moyen sur longue période des marchés actions est d’environ 5 % par an. En phase d’inflation, les valeurs du secteur des biens de consommation se comportent bien (Coca Cola, Colgate, Unilever, Beiersdorf dans la cosmétique, par exemple). Elles sont en mesure d’afficher une croissance organique régulière.

Ajoutons à cela les valeurs du luxe et aussi, étant donné le contexte de perturbation des chaînes d’approvisionnement, celles du transport et de la logistique (Getlink, ex-Eurotunnel, l’armateur danois Maersk ou encore l’armateur israélien Zim). Il existe plusieurs supports financiers pour investir sur les actions : les fonds actions et les fonds flexibles dans l’assurance-vie (large choix d’univers d’investissement, gestion active dans le cas des fonds flexibles qui permet de s’adapter rapidement aux conditions du marché, par exemple), certains produits d’épargne retraite comme le PER, le contrat de capitalisation (qui permet d’optimiser sa succession avec les donations, entre autres) et également le PEA assurance (qui a pour spécificité d’offrir une disponibilité partielle de son épargne en cours de contrat sans provoquer la clôture du plan).

Evidemment, la contrepartie d’un rendement moyen élevé à long terme est une prise de risque à court terme. Le capital investi n’est pas garanti. Le premier conseil lorsqu’on choisit un fonds exposé aux actions est certainement de regarder le comportement du fonds à long terme, notamment lors des périodes de crise (2008, 2011, 2020-21). C’est un bon indicateur de résilience.

 

Les actifs réels sont intéressants également.

 

Cela fait référence à l’immobilier, particulièrement l’immobilier résidentiel. Les loyers sont ajustés en fonction de l’inflation. Dans certaines zones, les prix ont fortement augmenté. Mais il y a encore des opportunités. Il faut aussi mentionner les infrastructures (routes, centrales électriques, résidences étudiantes, par exemple). Plusieurs fonds spécialisés existent dans ces domaines et peuvent faire partie intégrante de l’assurance-vie.

 

Et les cryptomonnaies dans tout cela ?

 

Les cryptomonnaies sont fortement corrélées à l’indice des valeurs technologiques américain, le Nasdaq. Elles affichent une mauvaise performance en période d’incertitude économique, comme ce fut le cas ces dernières semaines. Elles n’ont pas encore fait leur preuve comme rempart contre l’inflation. A éviter, selon moi.

L’édito de Christopher DEMBIK

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présentation Christopher Dembik

 

Communication non contractuelle

L’édito de Christopher DEMBIK

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps. En conséquence, l’objectif de performance n’est pas garanti. L’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte et non sur leur valeur qu’il ne garantit pas. Elles s’entendent hors fiscalité et frais de gestion annuels des contrats de capitalisation concernés. En investissant sur des supports en unités de compte vous profitez du potentiel de performances des marchés financiers, mais vous prenez un risque de perte en capital. En effet, l’assureur s’engage sur le nombre d’unités de compte, mais ne garantit pas leur valeur. Celle-ci est soumise à des fluctuations, à la hausse comme à la baisse, en fonction de l’évolution des marchés financiers.

Notez qu’un entretien auprès d’un conseiller est indispensable afin de vérifier que les solutions présentées sont en cohérence avec votre situation. Sachez que la souscription à cette solution prendra en compte les objectifs et le profil d’investisseur de l’épargnant. L’investissement portant sur des supports en unités de compte présente un risque de perte en capital.

Investissements immobiliers

L’édito de Christopher DEMBIK

Les investissements immobiliers sont des supports de placement à long terme et doivent s’envisager dans une optique de diversification de votre trésorerie. Ils investissent principalement dans des actifs liés à l’immobilier et par conséquent exposés aux risques liés au marché immobilier. La valeur de ces investissements peut varier à la hausse comme à la baisse selon l’évolution des marchés immobiliers, tout comme les revenus qui y sont associés.

Risques :

  • Immobiliers : évolution des prix du marché immobilier, contrat de promotion immobilière, pénurie de biens correspondants aux critères de sélection.
  • Financiers : taux (inflation, taux d’intérêt), liquidité, perte en capital, risque lié à l’endettement et à l’effet de levier, risque lié à la forme sociale de la Société
  • Opérationnels : défaillance d’un locataire, vacance locative, absence d’historique opérationnel, sur-longévité du locataire dans le cadre du viager, risques spécifiques liés à la location et à la concentration de locataires, risques inhérents à l’absence de comptes historiques de la société, risque lié au contrat de promotion immobilière

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