C’est (aussi) la rentrée des classes pour les épargnants

 

Le 1er août, le taux du Livret A aurait dû être relevé à 4%. Patatras, le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a préconisé un maintien à 3%. Il faut donc trouver des alternatives pour bénéficier de la hausse des taux. Heureusement, il y en a beaucoup. En revanche, afin d’espérer pouvoir gagner plus de 3% net (le rendement actuel du Livret A), il faut accepter une petite prise de risque et/ou une vision de son investissement sur le long terme.

 

Faites une pause, c’est l’édito de Christopher Dembik !

L'édito de Christopher DEMBIK

 

L’exception du Livret d’Epargne Populaire (LEP)

 

Avant de vous présenter les alternatives possibles, n’oublions pas le LEP. C’est un produit d’épargne réglementé qui a été créé pour encourager l’épargne des personnes à revenus modestes en leur offrant un rendement supérieur aux livrets d’épargne tous publics tel que le Livret A. A l’instar du Livret A, le taux du LEP aurait dû être révisé au 1er août. La règle de calcul indiquait qu’il aurait dû passer de 6% à 5,6%.

Finalement, le taux très attractif de 6% demeure. Mais ce n’est pas tout ! Le plafond a été relevé à 10 000 euros contre 7 700 euros précédemment. L’objectif est clair : aider au maximum les revenus les plus modestes (qui d’ailleurs n’ont pas toujours conscience que ce levier d’épargne existe). En effet, il faut rappeler que le LEP est accessible sous conditions de revenus. Pour une personne seule, le revenu fiscal de référence ne doit pas dépasser 21 393 euros. Le plafond est pour un couple de 32 818 euros. C’est une alternative, mais uniquement pour les plus bas revenus. Pour les autres, il faut envisager d’autres options.

 

Les comptes à terme temporairement attractifs

 

On voit régulièrement de nombreuses publicités proposant des livrets à taux bonifié sur une période restreinte. Chez Fortuneo, le livret propose un taux de 4% sur les quatre premiers mois, chez BForBank, c’est 3,5% pendant trois mois et chez Boursorama c’est 3% mais à condition de bloquer son épargne pendant au moins douze mois.

Par la suite, les banques en ligne révisent drastiquement à la baisse le taux proposé (0,6% chez BForBank une fois la période de trois mois terminée). Disons-le clairement, cela permet d’attirer l’attention du chaland. Mais c’est une très mauvaise stratégie pour faire fructifier son épargne sur la durée. Non seulement le taux réel sur la longue durée est plus bas que l’inflation (nettement plus bas !) mais les gains générés par ces livrets sont fiscalisés (ce qui n’est pas le cas avec les livrets d’épargne réglementée comme le Livret A !). Généralement, c’est le prélèvement forfaitaire qui s’applique (donc 30%). A la fin, il est très rare que l’épargnant s’y retrouve. Mieux vaut passer son chemin…

 

Les solutions pour votre épargne

 

Heureusement, il existe des solutions pour faire fructifier son argent sur le long terme avec un gain net qui peut largement dépasser 3% (notre fameux taux de référence du Livret A) :

 

Les produits structurés.

 

Pour beaucoup d’épargnants, c’est un peu un gros mot. En réalité, ce sont des leviers d’investissement qui peuvent permettre d’avoir un rendement élevé sur la durée. Pour faire simple, un produit structuré est un placement qui permet de viser un potentiel de rendement élevé avec une protection partielle du capital investi. En contrepartie des barrières de protection qui permettent de limiter les pertes, le gain espéré est plafonné et connu à l’avance.

Il existe une myriade de produits disponibles sur le marché : des investissements défensifs avec un taux qui peut atteindre 5% par an, d’autres plus ambitieux mais plus risqué avec parfois jusqu’à 15 % par an. L’évolution du produit structuré dépend de la trajectoire du sous-jacent (en règle générale, un indice comme l’indice parisien CAC 40) mais avec une performance qui est capée (elle ne sera donc par proportionnelle à celle du sous-jacent).

Il limite le potentiel de pertes

L’avantage évident des produits structurés, c’est qu’il limite le potentiel de pertes alors que si on investit directement en bourse, la perte va être équivalente à la baisse du cours de l’action ou de l’indice. C’est donc un outil de diversification de son épargne qui est intéressant. Afin de savoir quel est le produit structuré qui vous convient le mieux, il est préférable de s’adresser à un conseiller en gestion de patrimoine indépendant (indépendant, c’est le point sur lequel on insiste car ainsi il est en mesure de vous proposer l’offre qui est la plus appropriée).

 

Les fonds de type OPCVM

 

Il en existe une myriade là encore entre les fonds actions, les fonds thématiques, les fonds flexibles les fonds immobiliers, les ETF etc. Nous avons une préférence actuellement pour les fonds flexibles qui offrent la possibilité de stratégies d’attente. C’est idéal en période d’incertitude économique, comme c’est le cas en ce moment. Le portefeuille du client n’a pas une composition fixée d’avance, ce qui permet au gérant d’investir au mieux en fonction des conditions de marché. Les fonds flexibles sont généralement très diversifiés. Ils ont une composition qui évolue régulièrement afin de réduire au maximum la prise de risque lorsque les marchés chutent et d’optimiser les chances de gain lorsqu’ils montent. C’est pertinent dans le contexte actuel.

 

Investir dans les small et micro caps (les petites et très petites valeurs en bourse).

 

C’est souvent présenté comme un investissement rentable puisque sur la durée, ce segment de marché surperforme largement l’indice CAC 40 (mais ce n’est plus le cas depuis déjà quelques années). Nous restons convaincus qu’il y a de belles opportunités. Mais il faut être vigilant et scruter de près la communication financière. Faites attention aux sociétés qui vous parlent pendant six pages d’un élément qui est marginal dans ses résultats, par exemple les sociétés d’informatique qui insistent sur une croissance exponentielle dans le SaaS alors que le chiffre d’affaires est constitué à ce stade par 95% de ventes de licences.

Ça peut prêter à sourire. Mais trop souvent la communication financière des petites entreprises laisse à désirer ce qui empêche les investisseurs d’identifier les points clés à prendre en compte. Pour l’instant, même si les niveaux de valorisation sont indéniablement attractifs, c’est un segment de marché sur lequel on reste peu exposé (10% au maximum de son portefeuille).

 

Le private equity (qui consiste à investir dans des sociétés prometteuses mais qui ne sont pas cotées).

 

C’est à la mode. Le private equity s’ouvre aux particuliers (la BPI a d’ailleurs été moteur dans ce développement). Attention toutefois. Le taux de retour moyen dans le private equity est très élevé (14% fin 2022 par exemple). Mais cela ne représente pas le gain net obtenu par l’épargnant. En effet, il faut compter avec les frais des fonds, selon les acteurs (frais de gestion, d’audit etc. qui peuvent représenter jusqu’à 2% par an) et les frais de surperformance (qui limitent aussi le gain net). En réalité, le rendement net est souvent plus proche de 4 à 8 % par an. C’est évidemment mieux que le Livret A. Mais ce n’est pas la solution miracle qu’on présente. C’est seulement un levier intéressant dans une stratégie indispensable de diversification de son épargne.

 

Quid de l’immobilier ?

 

On ne peut pas faire l’impasse sur cela. Les SCPI (qui permettent d’investir dans l’immobilier) ont été présentées ces dernières années comme le meilleur moyen pour épargner. Désormais, elles sont décriées. Comme toujours, il y a un juste milieu. Plusieurs SCPI ont annoncé d’importantes décotes ces dernières semaines (-17% sur une SCPI d’Amundi et une de BNP, par exemple). Les SCPI en question ont une forte exposition à l’immobilier de bureaux qui est lourdement affecté depuis la Covid. Il n’était pas nécessaire d’être voyant pour savoir dès 2020-21 que ces SCPI allaient être malmenées. Les autres secteurs (hôtellerie, commerce, actifs de santé etc.) sont, en revanche, épargnés par l’hécatombe dans l’immobilier de bureaux. L’heure n’est donc pas au catastrophisme (c’est toujours si aisé d’annoncer la fin du monde chaque semaine !) mais plutôt à une meilleure sélection des SCPI.

Il faut compter avec les frais souvent très élevés

Il faut prendre en compte a minima quatre critères : forte diversification, faible endettement, bonne gestion et décote (les SCPI dans l’immobilier de bureaux étaient souvent l’objet d’une surcote connue de tous). Si on s’appuie sur ces critères, cela reste encore intéressant de se porter sur les SCPI. Mais en investissant dans cette thématique, là encore, il faut compter avec les frais souvent très élevés. Vous les retrouverez à l’entrée, à la sortie et eu-égard à la gestion. D’autre part, cet actif n’est pas liquide et il nécessite de trouver un acquéreur pour vendre ses parts et récupérer son épargne. Enfin, pour des SCPI achetées « en direct », les revenus fonciers des SCPI seront fiscalisés. Les gains subiront votre tranche marginale d’imposition à laquelle s’ajoutera les prélèvements sociaux.

 

En conclusion, placer son argent est différent d’épargner

 

Voici quelques pistes (non exhaustives) qui permettent d’espérer un rendement net plus élevé que 3% et qui permettent aussi de mieux préparer l’avenir que le Livret A (qui doit être considéré au mieux comme un compte courant bis rémunéré). Dernier conseil avant que vous ne commenciez à entrer dans le tunnel de la rentrée : optez pour un conseiller de gestion en patrimoine indépendant. Il sera à même de négocier les meilleurs tarifs et de proposer une approche d’investissement qui vous correspond (autrement dit, il ne cherchera pas à tout prix à vendre les produits maison proposés par votre banque). C’est gage de sérieux et de sécurité.

 

Découvrez qui est Christopher DEMBIK en regardant la présentation vidéo ci-dessous.

Christopher DEMBIK

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