Diversifier son épargne … dans l’espace ?

 

C’est (bientôt) la rentrée ! C’est le bon moment pour diversifier son épargne. On va placer un peu d’argent sur son plan épargne retraite (défiscalisation) et chercher les bonnes opportunités boursières après un début d’année compliqué. Pourquoi ne pas s’intéresser à l’espace ? Jusqu’à il y a encore quelques années de cela, la révolution de l’espace était uniquement portée par des acteurs publics (Nasa, agence spatiale européenne et son équivalent chinois etc.).

Ce n’est plus le cas. Des entrepreneurs et des entités privées ont pris le relais (SpaceX du milliardaire Elon Musk et Blue Origin de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, par exemple). C’est l’ultime frontière de l’investissement. Peu de gérants s’y aventurent. En France, seules quelques maisons ont un fonds dédié uniquement à l’espace (la Financière de l’Echiquier, en particulier).

Nous sommes dans une phrase de transition. Nous passons de l’espace 1.0 (pour faire simple, les fusées et les satellites), à l’espace 2.0 (qui correspond à la création de tout un écosystème permettant de développer cette nouvelle économie). Cela conduit à développer des technologies depuis l’espace ayant des applications concrètes sur Terre. C’est un changement de paradigme majeur par rapport à ce qui prévalait depuis 1957 (envoi du premier animal, la chienne Laïka, dans l’espace).

 

Faites une pause, c’est l’édito de Christopher Dembik !

L'édito de Christopher DEMBIK

Diversifier son épargne … dans l’espace ?

 

Les exemples d’applications concrètes sont nombreux. La sécurisation des communications est l’un des pans de développement les plus prometteurs à court terme, selon nous. Les ordinateurs quantiques arrivent. C’est en soi une bonne nouvelle (traitement beaucoup plus rapide de l’information, résolution de problèmes complexes dans un laps de temps réduit etc.).

Mais les canaux de communication traditionnels vont désormais pouvoir être décryptés par les ordinateurs quantiques. C’est l’inconvénient. Plusieurs sociétés cherchent donc à pallier cette faille en développant de la communication sécurisée par de la physique quantique. Le seul moyen de le faire, c’est en lançant des satellites dans l’espace !

 

Stocker les données dans l’espace

 

Ce n’est pas tout. Les acteurs du cloud réfléchissent à stocker les données directement dans l’espace afin de réduire le temps de transfert de l’information. Tous les satellites et les actifs spatiaux (véhicules, technologies etc.) qu’on envoie dans l’espace aujourd’hui n’ont pas assez de puissance de calcul pour traiter les données directement dans l’espace. Il faut donc les renvoyer sur Terre. Cela prend du temps, évidemment. D’où l’objectif d’exporter le cloud dans l’espace en installant des data center en orbite. Amazon et Microsoft s’y intéressent déjà. Mais des plus petits acteurs aussi. A ce stade, il s’agit de projets. D’ici cinq à dix ans, ce sera certainement une nouvelle réalité.

Les lasers dans l’espace sont un troisième spectre d’investissement possible. Vous vous imaginez certainement tout de suite une scène de Star Wars (le combat inoubliable entre Dark Vador et Obi Wan au sabre laser !). Ce n’est pas le cas. Là encore, il s’agit d’optimiser les activités en orbite, particulièrement dans le domaine de la communication.

 

Radiofréquence et lumière

 

Les actifs spatiaux communiquent entre eux de deux façons principales : la radiofréquence (qui comporte énormément de défauts notamment en termes de sécurité) et la lumière (dit autrement, les lasers). Nous sommes progressivement en train de migrer vers un standard basé sur les lasers. Cela va permettre aux satellites de communiquer entre eux dans l’espace mais aussi d’optimiser la communication entre les satellites et la Terre.

Une poignée d’entreprises cotées travaillent sur ce sujet, notamment l’entreprise allemande Mynaric. C’est une small-cap (170 millions d’euros de valorisation) qui est cotée sur la plateforme d’échange Xetra à Francfort. Mynaric est donc éligible au PEA, par exemple. Comme beaucoup de petites valorisations, le titre a été chahuté en bourse ces derniers mois (baisse de 29 % depuis le début de l’année). Mais le potentiel de rebond est énorme étant donné la trajectoire de croissance très forte du segment sur lequel l’entreprise est leader.

 

L’impression 3D

 

L’impression 3D est notre dernière suggestion d’investissement dans le cadre de la révolution de l’espace. C’est un sujet qui est déjà maîtrisé par beaucoup d’épargnants français. L’impression 3D offre de nombreux avantages : liberté de design, réactivité et rapidité de production, optimisation des structures etc. Mais on peut faire encore mieux depuis l’espace, ou plus exactement en microgravité (environ 400 à 500 kilomètres au-dessus de la Terre). Cela permet de créer des produits uniques, parfaits. A cause de la gravité sur Terre, on ne peut pas faire des sphères parfaites (comme des organes artificiels) en impression 3D.

Ce problème n’en est plus un si on produit depuis la microgravité ! Le champ des possibles dans le domaine médical est immense. On peut même imaginer fabriquer des thérapies biologiques dans l’espace afin qu’elles soient plus pures et plus puissantes. Ces traitements sont à base de substances naturelles ou synthétiques qui changent la manière dont les cellules se comportent et visent par exemple à combattre le cancer.

 

La thérapie biologique produite depuis l’espace

 

On estime, en moyenne, qu’une thérapie biologique produite depuis l’espace est deux à trois fois plus performantes que son équivalent développé sur Terre. C’est énorme. Enfin, qui dit impression et production dans l’espace dit assemblage d’éléments dans l’espace. La robotique joue un rôle prépondérant à ce niveau. Beaucoup d’entreprises cotées sont susceptibles de se développer sur ce marché prometteur.

L’entreprise canadienne MDA, fondée en 1969, est l’une d’elles. Cotée à la bourse de Toronto, NDA développe essentiellement des robots pour des assemblages en orbite. C’est un des leaders sur ce segment. A l’inverse de Mynaric, il s’agit d’une plus grosse valeur (environ 760 millions d’euros de valorisation – conversion du dollar canadien à l’euro au taux de change actuel). Le parcours boursier depuis le début de l’année n’est pas trop chaotique. Le titre est proche de son niveau de janvier, autour des 9 CAD (soit environ 6,8 euros).

Nous pensons que le titre a un fort potentiel de hausse à moyen terme (+70 % ce qui permettrait de renouer avec sa zone de croisière autour des 16 CAD ou 12,1 euros qui prévalait avant le choc de la guerre en Ukraine et les craintes de stagflation).

 

Un champ d’investissement illimité

 

A ce jour, aucune donnée scientifique ne permet de dire si l’Univers (l’espace) est infini ou pas. En revanche, le champ d’investissement est certainement illimité. La révolution technologique qu’implique la conquête spatiale (au sens large) est énorme. Cela va entraîner des conséquences positives sur notre quotidien.

On peut faire le choix d’investir dans des entreprises qui vont permettre à quelques privilégiés de faire du tourisme spatial. C’est une piste. Mais elle est certainement peu prometteuse (le marché est limité et soulève des interrogations au niveau de l’impact environnemental). La bonne idée, c’est plutôt de s’intéresser aux entreprises qui développent des produits dans l’espace afin de proposer des applications concrètes pour améliorer la vie sur Terre.

 

Des fusions-acquisitions à venir dans ce secteur

 

C’est ce que nous avons fait avec ces quelques exemples. C’est loin d’être exhaustif, toutefois. La révolution de l’espace suppose d’importants besoins capitalistiques. Avec la raréfaction de la liquidité et la hausse des taux, il faut s’attendre également à une vague de fusions-acquisitions dans ce secteur dans les mois à venir (parmi les prises possibles : l’entreprise Momentus, cotée sur le Nasdaq, qui possède une belle technologie de remorqueur spatial mais qui peine à exécuter son business plan, ou encore la start-up Astra Space dont le titre boursier s’est effondré de 80 % depuis le 1er janvier à cause d’un énième échec de son lanceur).

J’espère que cette parenthèse technologique vous a fait voyager et vous a donné des pistes de diversification de votre portefeuille ! Rendez-vous dans un mois pour un autre échange !

 

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