Chaque début d’année, c’est pareil. C’est le moment de faire ses choix d’allocation d’épargne pour les mois à venir. La diversification est la clé de la réussite. Mais concrètement, ça veut dire quoi ?
Où placer son argent en 2026 ?
Les actions internationales sont indétrônables
L’histoire ne se répète pas toujours. Mais il est intéressant de l’étudier. Lorsque le Nasdaq Composite progresse pendant trois années consécutives après une perte annuelle comme en 2022, l’historique depuis le début des années 1970 montre que ces gains annuels se sont poursuivis jusqu’à la quatrième année dans les deux tiers des cas. Ces gains sont, en général, amplifiés si cela coïncide avec une période de baisse des taux. Ça tombe bien, ce sera le cas en 2026 ! La Réserve Fédérale américaine devrait baisser ses taux au moins à deux reprises, avec un taux terminal estimé à 3% contre 3,50% actuellement. On murmure même que la Banque Centrale Européenne pourrait opérer une ultime baisse des taux. Dans tous les cas, c’est positif pour les actions, en particulier les actions technologiques américaines qui profitent toujours de l’engouement pour l’intelligence artificielle, la robotique et les biotechnologies.
Autre facteur à prendre en compte, le calendrier électoral américain. Les midterms vont avoir lieu au quatrième trimestre. En général, c’est favorable pour les actions. Pourquoi ? Les politiques misent sur des mesures de relance et de distribution, ce qui tend à soutenir la croissance économique.
Depuis 1985, l’indice principal américain S&P 500 a augmenté en moyenne de 16,4% l’année suivant les midterms.
En revanche, le contexte de baisse des taux est moins propice pour les fonds monétaires puisque leur rendement va automatiquement diminuer. Les milliards de dollars qui sont actuellement investis sur ce support vont progressivement venir irriguer les actions et soutenir la tendance structurellement haussière des indices.
Bien évidemment, il y aura des phases de respiration du marché (des corrections). C’est sain. Il faut passer par là pour que les actions continuent de monter. Difficile de savoir ce qui en sera à l’origine. Peut-être des choix d’allocation de la part des fonds spéculatifs. On sait qu’ils exercent un rôle déterminant sur l’évolution de la tendance. Peut-être la géopolitique qui fait des siennes dès les premiers jours de 2026 avec l’opération militaire au Venezuela ou la politique monétaire. Ce qu’il faut retenir, c’est que les périodes de respiration du marché constituent de bonnes opportunités pour acheter à la décote des actions. Ce fut le cas au premier trimestre 2025 avec les actions technologiques américaines qui avaient beaucoup souffert et finalement fortement rebondi par la suite.
Sélectivité pour les actions européennes
Les actions européennes ont évidemment toute leur place, même s’il faut être prudent. Les excès qu’on a pu observer au profit de certains secteurs, comme la défense, pourraient retomber tel un soufflé. D’où l’importance d’être sélectif. Prenons le luxe, qui est en pleine métamorphose. Il y a eu des bonnes et des mauvaises surprises en 2025. LVMH fait partie des géants du secteur qui s’en sortent bien. Comment l’expliquer ? Le groupe, qui est surtout connu pour le luxe transactionnel (achat d’un sac Louis Vuitton par exemple), intègre progressivement l’hospitalité dans sa chaîne de valeur avec les hôtels de luxe Cheval Blanc et Belmond. LVMH a bien compris que l’avenir du luxe n’est plus dans le produit, mais dans l’expérience vécue. Il faut vendre un souvenir, un repas, une nuit. C’est une stratégie de rétention émotionnelle. Et ça marche. Son cours de bourse a augmenté de 40% sur les six derniers mois. En revanche, c’est plus compliqué pour son concurrent Hermès qui peine à réduire sa dépendance au luxe transactionnel, pour le moment. L’échec en bourse est palpable : son action est en chute de 9% sur un an.
Il devrait aussi y avoir des perdants et des gagnants au niveau du secteur bancaire. Nous avons tendance à privilégier les banques du Sud de l’Europe qui s’imposent comme les nouveaux poids lourds du continent. Santander (EUR125 milliards de capitalisation) et Unicredit (EUR103 milliards) dépassent désormais leurs homologues françaises, avec des performances supérieures : coefficients d’exploitation autour de 40% contre 60 % en France, et des ROE dépassant 20%. De quoi accentuer la recomposition d’un paysage bancaire européen de plus en plus concurrentiel !
Les métaux pour diversifier
Les métaux occupent également une place de plus en plus importante dans l’allocation d’actifs, soit via des ETFs, soit via des fonds métaux. L’or est en pole position, évidemment. Son prix a augmenté de 70% depuis un an. Et ça risque de continuer ! En revanche, les flux acheteurs devraient davantage être liés à des institutionnels et des fonds spéculatifs plutôt qu’à des banques centrales. Tout l’inverse de 2025.
L’argent a aussi le vent en poupe. Pour preuve, les recherches Google pour le métal précieux sont à un point haut historique. Pourquoi ? Son prix en dollar a augmenté de 150% en moins d’un an – soit une performance deux fois supérieure à celle de l’or. Cela éveille évidemment l’intérêt du grand public.
Comment expliquer une telle hausse ?
Quatre facteurs explicatifs sont à prendre en compte :
· une demande en forte progression de l’industrie qui fait face à une offre en baisse;
· des achats spéculatifs par les institutionnels au détriment de l’or;
· la corrélation positive entre l’or et l’argent (lorsque l’or monte, l’argent finit toujours par monter également);
· la décision prise par la Chine pendant la trêve de Noël d’imposer à partir du 1er janvier des restrictions aux exportations sur l’argent – comme elle le fait sur d’autres métaux critiques. Dans la foulée, cela a fait flamber l’once au-dessus de 85 dollars à Shanghai le 29 décembre. Du jour au lendemain, c’est 13% de l’offre d’argent au niveau mondial qui est quasiment inaccessible.
Tout cela plaide pour une poursuite de la hausse des prix.
Les données chiffrées sont issues du site Boursorama en date du 05 janvier 2026.
